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Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2407865

mardi 15 avril 2025

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2407865
TypeDécision
Formation6ème Chambre
Avocat requérantHUGON

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Bordeaux a été saisi par M. A, ressortissant sénégalais, pour contester le refus du préfet de la Gironde de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour. En cours d'instance, le préfet a convoqué l'intéressé pour lui remettre le récépissé, rendant sans objet les conclusions en annulation. Le tribunal a donc constaté un non-lieu à statuer sur ces conclusions. Il a en revanche condamné l'État à verser 1 200 euros au conseil de M. A au titre des frais de justice, sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 20 décembre 2024, M. B A, représenté par Me Hugon, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 28 novembre 2024 par laquelle le préfet de la Gironde à refuser de lui délivrer un récépissé en déclarant sa demande irrecevable ;

2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour l'autorisant à travailler, dans le délai de 8 jours, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 813 euros, à verser à son conseil, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- la décision en litige méconnaît les articles R. 431-12 et R. 431-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- sa demande de titre de séjour était bien complète au regard de l'article R. 431-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'annexe 10 du même code ;

- la décision en litige témoigne d'un défaut d'examen particulier de sa situation.

Par un mémoire en défense enregistré le 20 mars 2025, le préfet de la Gironde conclut au non-lieu à statuer.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 4 février 2025.

Vu :

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Brouard-Lucas a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A, de nationalité sénégalaise, est entré en France en 2021 et a été confié aux services de l'aide sociale à l'enfance. Le 28 février 2024, il a sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il demande d'annuler la décision du 28 novembre 2024 par laquelle le préfet de la Gironde a refusé de lui délivrer un récépissé de dépôt de demande de titre de séjour.

2. Il ressort des pièces du dossier que le 20 mars 2025, soit postérieurement à l'enregistrement de la requête, le préfet de la Gironde a convoqué M. A pour la délivrance d'un récépissé à la suite de l'enregistrement de son dossier. Dans ces conditions, les conclusions de la requête à fin d'annulation qui sont visées ci-dessus sont désormais privées d'objet. Il n'y a, dès lors, plus lieu d'y statuer.

3. M. A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 4 février 2025. Son conseil peut donc se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Hugon de la somme de 1 200 euros sous réserve qu'elel renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A.

Article 2 : L'État versera à Me Hugon la somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Hugon renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, au préfet de la Gironde et à Me Hugon.

Délibéré après l'audience du 1er avril 2025, à laquelle siégeaient :

Mme Brouard-Lucas, présidente,

M. Bourdarie, premier conseiller,

Mme Caste, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 avril 2025.

Le premier assesseur,

H. BOURDARIE La présidente rapporteure,

C. BROUARD-LUCAS

Le greffier,

A. PONTACQ

La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

N°2407865