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AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2501509

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2501509

mardi 11 mars 2025

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2501509
TypeOrdonnance
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Bordeaux a rejeté la requête de M. B contestant le refus implicite de titre de séjour né du silence du préfet de la Gironde. Le tribunal a jugé que la demande de titre de séjour était manifestement incomplète, faute de pièces justificatives conformes à l'article R. 431-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En conséquence, le silence de l'administration valait refus implicite d'enregistrement, et non une décision de rejet susceptible de recours. La requête a été déclarée irrecevable sur le fondement de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 6 Mars 2025, M. A B, représenté par Me Baldé, demande au tribunal :

1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :

2°) d'annuler la décision de rejet née du silence gardé par le préfet de la Gironde sur sa demande de titre de séjour réceptionnée le 26 août 2024 ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Gironde de lui délivrer un titre de séjour dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros, à verser à son conseil, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- la décision attaquée n'est pas motivée en méconnaissance des dispositions de l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration ;

- cette décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation d ses conséquence sur sa situation personnelle.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement () peuvent, par ordonnance, () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser () ".

2. D'une part, aux termes de l'article R. 431-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui sollicite la délivrance d'un titre de séjour présente à l'appui de sa demande les pièces justificatives dont la liste est fixée par arrêté annexé au présent code. ". L'annexe 10 à ce code, dans sa version applicable au litige, prévoit que, dans tous les cas, les demandes doivent être assorties, notamment, de " 3 photographies d'identité de face, tête nue, récentes et parfaitement ressemblantes (format 35 mm × 45 mm-norme ISO/ IEC 19794-5 : 2005) ; Enfin, L'article R. 431-12 de ce code dispose que : " L'étranger admis à souscrire une demande de délivrance ou de renouvellement de titre de séjour se voit remettre un récépissé qui autorise sa présence sur le territoire pour la durée qu'il précise. Ce document est revêtu de la signature de l'agent compétent ainsi que du timbre du service chargé, en vertu de l'article R. 431-20, de l'instruction de la demande. () ".

3. D'autre part, aux termes de l'article R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers en France et du droit d'asile : " Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ". Selon l'article R. 432-2 du même code : " La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R. 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois. "

4. Le refus d'enregistrer une demande de titre de séjour motif pris du caractère incomplet du dossier ne constitue pas une décision faisant grief susceptible d'être déférée au juge de l'excès de pouvoir lorsque le dossier est effectivement incomplet, en l'absence de l'un des documents mentionnés à l'article R. 431-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ou lorsque l'absence d'une pièce mentionnée à l'annexe 10 à ce code, auquel renvoie l'article R. 431-11 du même code, rend impossible l'instruction de la demande. Le silence gardé par le préfet sur une demande de titre de séjour fait en principe naître, au terme du délai mentionné au point 3, une décision implicite de rejet de cette demande. Il en va autrement lorsqu'il est établi que le dossier de la demande était incomplet, le silence gardé par l'administration valant alors refus implicite d'enregistrement de la demande, lequel ne constitue pas une décision susceptible de recours.

5. La demande de titre de séjour adressée par le conseil de M. B au préfet de la Gironde, et réceptionnée le 26 août 2024 ne comporte aucun inventaire et ne fait état que de deux pièces jointes : l'arrêté du 1er avril 2021 relatif à la délivrance, sans opposition de la situation de l'emploi, des autorisations de travail aux étrangers non ressortissants d'un Etat membre de l'Union européenne, d'un autre Etat partie à l'Espace économique européen ou de la Confédération suisse et la circulaire du 5 février 2024 " AES métiers en tension ". Dans ces conditions, cette demande était manifestement incomplète au regard des dispositions de l'article R. 431-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En outre, M. B n'établit ni même ne soutient que le préfet lui aurait néanmoins délivré un récépissé autorisant sa présence sur le territoire et attestant qu'il était admis à souscrire une demande de titre de séjour ainsi que le prévoit L'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

6. Dans ces conditions, le silence gardé par le préfet sur la demande de M. B n'a pas eu pour conséquence de faire naitre une décision implicite de rejet mais vaut refus implicite d'enregistrement de cette demande, lequel ne constitue pas une décision susceptible de recours.

7. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B est entachée d'une irrecevabilité manifeste insusceptible d'être couverte en cours d'instance et doit, par suite, être rejetée en application des dispositions précitées du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris ses conclusions tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

O R D O N N E

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au préfet de la Gironde.

Copie en sera adressé à Me Baldé.

Fait à Bordeaux, le 11 mars 2025.

Le président de la 1ère chambre

M. C

La République mande et ordonne au préfet de la Gironde, en ce qui la concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

N°2501509

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