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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2303113

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2303113

jeudi 20 mars 2025

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2303113
TypeDécision
PublicationC
FormationPrésidente QUEMENER

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Montpellier a rejeté la requête de M. A contestant le refus de remise gracieuse d’un indu de revenu de solidarité active (RSA) de 2 505,42 euros. Le juge a estimé que l’indu résultait de l’absence de déclaration de ressources (pension d’invalidité et indemnités journalières) par le requérant, et que ce dernier n’avait pas démontré une situation de précarité suffisante pour justifier une remise totale ou partielle. La décision s’appuie sur l’article L. 262-46 du code de l’action sociale et des familles, qui conditionne la remise à la bonne foi ou à la précarité du débiteur.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés les 25 mai 2023 et 16 juin 2023, M. B A demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 31 mars 2023 par laquelle la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Orientales a refusé de lui accorder la remise gracieuse d'un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 2 505,42 euros.

Il soutient que :

- il se trouve dans une situation financière précaire le mettant dans l'impossibilité de rembourser sa dette.

Par un mémoire enregistré le 6 décembre 2024, la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Orientales conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Choplin, président honoraire inscrit sur la liste prévue à l'article L. 222-2-1 du code de justice administrative, pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Choplin.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. A a bénéficié d'une ouverture de droits au revenu de solidarité active dans le département des Pyrénées-Orientales. Le requérant s'est vu notifier un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 2 505,42 euros pour la période d'avril 2022 à août 2022. Par une décision du 31 mars 2023, la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Orientales a refusé de lui accorder une remise gracieuse de cette dette. Par la présente requête, M. A demande au tribunal l'annulation de cette décision.

2. Aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé du service de celui-ci ainsi que, dans les conditions définies au présent article, par les collectivités débitrices du revenu de solidarité active. / () La créance peut être remise ou réduite par le président du conseil départemental en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration. / () ".

3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu de revenu de solidarité active, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux de l'aide sociale, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise.

4. En l'espèce, il résulte de l'instruction que l'indu mis à la charge de M. A résulte d'une révision de ses droits suite à la réintégration de sa pension d'invalidité et de ses indemnités journalières maladie qu'il n'avait pas déclarées. En outre, les pièces produites par le requérant à l'appui de sa requête ne permettent pas d'établir qu'il se trouverait dans une situation de précarité telle qu'il serait dans l'impossibilité de rembourser le solde de l'indu restant à sa charge, y compris selon un échéancier qu'il lui appartient de solliciter. Il s'ensuit que le requérant n'est pas fondé à demander la remise gracieuse de l'indu en litige, de sorte que ses conclusions en annulation de la décision du 31 mars 2023 doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Orientales.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 mars 2025.

Le magistrat désigné,

D. Choplin

La greffière,

F. Roman

La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Orientales en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 20 mars 2025.

La greffière,

F. Roman

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