vendredi 20 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2405275 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Avocat requérant | ALTHEIS AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 12 septembre 2024, M. B A, représenté par Me Gerenton, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle la commission de recours amiable de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault a rejeté son recours du 3 juin 2024 contre la mise en demeure qui lui a été adressée le 3 avril 2024 de payer la somme de 823,23 euros correspondant à trois indus d'aide exceptionnelle de fin d'année au titre des années 2020, 2021 et 2022.
2°) d'annuler la mise en demeure du 3 avril 2024 ;
3°) de dire qu'il n'est redevable d'aucun indu d'aide exceptionnelle de fin d'année sur la période du 1er décembre 2020 au 31 décembre 2022 ;
4°) de condamner la caisse d'allocations familiales de l'Hérault à lui verser une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi qu'aux entiers dépens.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le décret n° 2020-1746 du 29 décembre 2020 ;
- le décret n° 2021-1657 du 15 décembre 2021 ;
- le décret n° 2022-1568 du 14 décembre 2022 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () peuvent, par ordonnance : / () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser () ".
2. D'une part, aux termes de l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative au revenu de solidarité active fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours administratif auprès du président du conseil départemental. () ". Cette obligation s'applique aux décisions prises par le président du conseil départemental, ou par délégation de celui-ci, en matière de revenu de solidarité active. Les décrets des 29 décembre 2020, 15 décembre 2021 et 14 décembre 2022 relatifs aux aides exceptionnelles de fin d'année attribuées aux bénéficiaires du revenu de solidarité active et aux bénéficiaires de l'allocation de solidarité spécifique, de la prime forfaitaire pour reprise d'activité et de l'allocation équivalent retraite prévoient qu'une aide exceptionnelle est attribuée aux allocataires du revenu de solidarité active qui ont droit à cette allocation au titre du mois de novembre ou, à défaut, du mois de décembre de l'année considérée, sous réserve que le montant dû au titre de ces périodes ne soit pas nul. Ils précisent que cette aide est à la charge de l'Etat, versée par l'organisme débiteur du revenu de solidarité active et que tout paiement indu d'une aide exceptionnelle est récupéré pour le compte de l'Etat par ce même organisme. Cette aide exceptionnelle est ainsi attribuée au nom de l'Etat et, par suite, les litiges relatifs à son attribution ou à la récupération d'un paiement indu n'entrent pas dans le champ d'application des dispositions de l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles.
3. D'autre part, un versement indu d'une aide exceptionnelle attribuée à un allocataire du revenu de solidarité active au titre de cette allocation doit être regardé comme relevant des " sommes indûment versées au titre du revenu de solidarité active " au sens des dispositions de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " () L'article L. 161-1-5 du code de la sécurité sociale est applicable pour le recouvrement des sommes indûment versées au titre du revenu de solidarité active. () ".
4. Aux termes de l'article L. 161-1-5 du code de la sécurité sociale : " Pour le recouvrement d'une prestation indûment versée (), le directeur d'un organisme de sécurité sociale peut, dans les délais et selon les conditions fixées par voie réglementaire, délivrer une contrainte qui, à défaut d'opposition du débiteur devant la juridiction compétente, comporte tous les effets d'un jugement et confère notamment le bénéfice de l'hypothèque judiciaire ". Selon l'article R. 133-9-2 du même code : " A défaut de paiement () le directeur de l'organisme créancier compétent adresse au débiteur par tout moyen donnant date certaine à sa réception une mise en demeure de payer dans le délai d'un mois qui comporte le motif, la nature et le montant des sommes demeurant réclamées, la date du ou des versements indus donnant lieu à recouvrement et les voies et délais de recours ". Enfin, aux termes de l'article R. 133-3 du même code : " Si la mise en demeure () reste sans effet au terme du délai d'un mois à compter de sa notification, les directeurs des organismes créanciers peuvent décerner, dans les domaines mentionnés aux articles L. 133-8-7, L. 161-1-5 ou L. 244-9, une contrainte comportant les effets mentionnés à ces articles. () ".
5. Il résulte de ces dispositions que lorsqu'il constate un indu de revenu de solidarité active et d'aide exceptionnelle de fin d'année, l'organisme chargé du service de la prestation ou de l'aide doit prendre une décision de récupération d'indu, motivée et notifiée au bénéficiaire de l'allocation, qui lui réclame le remboursement de la somme due et, le cas échéant, l'informe des modalités selon lesquelles cet indu pourra être récupéré par retenues sur les prestations à venir. Cette décision, qui fait grief, peut être contestée devant le tribunal administratif, après l'exercice d'un recours administratif préalable obligatoire. En l'absence de recours dans un délai de deux mois ou en cas de rejet de celui-ci, et sauf à ce que l'indu ait été remboursé, ait été récupéré par retenues sur les prestations à venir ou ait fait l'objet d'un titre exécutoire émis par l'ordonnateur de la personne publique pour le compte de laquelle la prestation est servie, l'organisme peut mettre l'allocataire en demeure de payer dans le délai d'un mois, puis, si cette mise en demeure reste sans effet dans ce délai, décerner une contrainte, laquelle est susceptible d'opposition devant le tribunal administratif dans le délai de quinze jours. Il suit de là qu'une telle mise en demeure, intervenant après la notification de la décision de récupération de l'indu, constitue un acte préparatoire à la contrainte qui pourra être émise si l'allocataire ne rembourse pas la somme due. Si l'allocataire peut utilement se prévaloir, à l'appui d'une opposition à contrainte, de l'irrégularité de la mise en demeure qui lui a été adressée, celle-ci ne présente pas, en revanche, le caractère d'une décision susceptible de recours.
6. En l'espèce, la mise en demeure de payer la somme de 823,23 euros adressée le 3 avril 2024 par la caisse d'allocations familiales de l'Hérault à M. A a seulement pour objet, après lui avoir demandé de régler les sommes dues, d'informer celui-ci de l'engagement d'une procédure judiciaire pour obtenir le paiement de la totalité de la dette d'aide exceptionnelle de fin d'année, en cas d'inexécution de sa part. Ainsi, une telle mise en demeure, intervenant après la notification des décisions de récupération du 8 novembre 2023 de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault, constitue seulement un acte préparatoire à l'acte de contrainte qui pourra être émis si l'allocataire ne rembourse pas préalablement la somme due. Dès lors, le silence gardé par la commission de recours amiable sur la contestation de cette mise en demeure n'a pas pu faire naître de décision de rejet susceptible de recours.
7. Par suite, les conclusions à fin d'annulation d'une " décision " implicite de rejet du recours de M. A tendant à contester la mise en demeure du 3 avril 2024 ainsi que les conclusions à fin d'annulation de celle-ci sont manifestement irrecevables. Il y a donc lieu de rejeter la requête de M. A en toutes ses conclusions, en application des dispositions du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.
Fait à Montpellier, le 20 septembre 2024.
La présidente du tribunal,
V. Quéméner
La République mande et ordonne au préfet l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier le 20 septembre 2024.
La greffière,
F. Roman
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