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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2406862

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2406862

vendredi 4 avril 2025

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2406862
TypeOrdonnance
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Montpellier a rejeté la requête de Mme A, qui contestait le refus de remise gracieuse d’un indu de prime d’activité de 3 827,07 euros. La requérante invoquait sa bonne foi et sa situation financière difficile, mais le tribunal a estimé qu’elle ne démontrait pas une précarité suffisante pour justifier une remise, malgré des charges d’emprunt immobilier. La décision s’appuie sur l’article L. 845-3 du code de la sécurité sociale, qui subordonne la remise à la réunion cumulative de la bonne foi et de la précarité. En l’absence de précarité établie, les conclusions ont été rejetées comme manifestement infondées en application du 7° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés le 22 novembre 2024 et le 17 décembre 2024, Mme B A demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 26 septembre 2024 par laquelle la commission de recours amiable de la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Orientales a refusé de lui accorder la remise d'une dette de prime d'activité d'un montant de 3 827,07 euros ;

2°) et de lui accorder la remise totale ou partielle de sa dette.

Elle soutient que ;

- elle n'a pas fait de fausses déclarations, elle ignorait devoir déclarer une pension militaire ;

- il lui est impossible de rembourser sa dette.

Par un courrier du 29 novembre 2024, envoyé en lettre simple et en lettre recommandée, auquel était joint le formulaire prévu par l'article R. 772-7 du code de justice administrative, Mme A a été invitée à motiver sa requête, dans un délai de quinze jours, à peine d'irrecevabilité.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () peuvent, par ordonnance : () 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé () ".

2. Pour les contentieux sociaux, l'article R. 772-6 du même code dispose que : " Une requête de première instance ne peut être rejetée pour défaut ou pour insuffisance de motivation, notamment en application du 7° de l'article R. 222-1, qu'après que le requérant a été informé du rôle du juge administratif et de la nécessité de lui soumettre une argumentation propre à établir que la décision attaquée méconnaît ses droits et de lui transmettre, à cet effet, toutes les pièces justificatives utiles. / S'il y a lieu, le requérant est ainsi invité à régulariser sa requête dans le délai qui lui est imparti et dont le terme peut être fixé au-delà de l'expiration du délai de recours. Il est informé qu'à défaut de régularisation les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l'expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l'information prévue à l'article R. 611-7 ".

3. Aux termes de l'article L. 845-3 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de prime d'activité est récupéré par l'organisme chargé de son service. () La créance peut être remise ou réduite par l'organisme mentionné au premier alinéa du présent article, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration. () ".

4. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant une demande de remise gracieuse d'un indu de prime d'activité, il appartient au juge administratif d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise. Les conditions tenant, d'une part, à la bonne foi du demandeur et, d'autre part, à la précarité de sa situation ne peuvent être regardées comme alternatives.

5. Il résulte de l'instruction que l'indu de prime d'activité mis à la charge de Mme A a pour origine un réexamen de ses droits suite à la réintégration d'une pension militaire qu'elle avait omise de déclarer. Si la requérante soutient qu'elle se trouve dans une situation financière difficile, il résulte toutefois de l'instruction que son quotient familial a été évalué par la caisse d'allocations familiales à 827,10 euros. En outre, les pièces produites par Mme A à l'appui de sa requête ne permettent pas d'établir, malgré des échéances mensuelles d'emprunt immobilier d'un montant de 647,08 euros, qu'elle se trouverait dans une situation de précarité telle qu'elle serait dans l'impossibilité de rembourser sa dette, y compris selon un échéancier adapté qu'il lui appartient de solliciter auprès de la caisse d'allocations familiales. Il s'ensuit, à supposer même que la condition tenant à la bonne foi soit remplie en l'espèce, que Mme A n'est pas fondée à demander la remise gracieuse de sa dette de prime d'activité d'un montant de 3 827,07 euros, de sorte que ses conclusions à fin d'annulation de la décision du 26 septembre 2024 doivent être rejetées en application des dispositions du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.

Fait à Montpellier, le 4 avril 2025.

La présidente du tribunal,

V. Quéméner

La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Orientales en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 4 avril 2025.

La greffière,

F. Roman

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