jeudi 13 mars 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2500922 |
| Type | Décision |
| Avocat requérant | MISSLIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 7 février 2025, M. B A, représenté par Me Misslin, demande au juge des référés saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de l'admettre à l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) de suspendre la décision implicite de refus de lui délivrer le titre de séjour sollicité le 3 mai 2024 ;
3°) d'enjoindre au préfet de l'Hérault de réexaminer sa situation dans un délai de 7 jours suivant la notification de l'ordonnance à intervenir sous astreinte de 150 euros par jour de retard et de lui délivrer, dans l'attente, une attestation de prolongation d'instruction ou un récépissé l'autorisant à travailler ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1500 euros à verser à son conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
- la condition de l'urgence est satisfaite dès lors qu'il est en situation irrégulière, sans possibilité de travailler en France, alors qu'il est marié, depuis le 24 février 2024, avec une française, laquelle ne dispose que de faibles revenus ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision dès lors que :
. elle est entachée d'un défaut de motivation et révèle un défaut d'examen de sa situation particulière et porte une atteinte disproportionnée au respect de son droit à la vie privée et familiale,
. elle méconnaît l'article L. 423-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en raison du caractère régulier de son mariage avec une française, avec laquelle la communauté de vie est établie,
. elle viole l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme.
Par un mémoire, enregistré le 11 mars 2025, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que la requête est irrecevable et qu'aucune décision implicite de rejet n'était née à la date du dépôt de la requête, en outre, la condition d'urgence n'est pas établie dès lors que l'intéressé s'est vu délivrer le 25 février 2025 une attestation de prolongation d'instruction de sa demande valable jusqu'au 25 mai 2025.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée par en annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Montpellier a désigné M. Souteyrand, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Souteyrand, vice-président,
- et les observations de Me Misslin pour le requérant.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. L'article L. 521-1 du code de justice administrative dispose : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. / Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ".
2. Il ressort des pièces du dossier qu'à la suite de sa demande, le 3 mai 2024, de titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " en qualité de conjoint de français, le préfet de l'Hérault a délivré le 25 février 2025 à M. A une attestation de prolongation d'instruction de sa demande valable jusqu'au 25 mai 2025. Par suite, en l'état, l'urgence à prononcer la suspension de l'exécution de la décision en litige n'étant pas établie, il y a lieu de rejeter les conclusions correspondantes de la requête de M. A, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée par le préfet de l'Hérault.
3. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'Etat une somme en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au préfet de l'Hérault.
Fait à Montpellier, le 13 mars 2025.
Le juge des référés,
E. Souteyrand
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 13 mars 2025.
Le greffier,
D. Martinier