vendredi 7 mars 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2501033 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Avocat requérant | LAFONT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 12 février 2025, Mme A B, représentée par Me Lafont, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de l'admettre à l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) de suspendre l'exécution de l'arrêté n°2025-340-025 du Préfet de l'Hérault en date du 17 janvier 2025 portant refus de séjour assorti d'une obligation de quitter le territoire dans le délai de 30 jours et interdiction de retour ;
3°) d'enjoindre au préfet, de lui délivrer, une autorisation provisoire de séjour ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à lui verser en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- il y a urgence à prononcer la suspension de l'exécution de l'arrêté en litige dès lors que le refus de renouvellement de titre de séjour et l'obligation de quitter le territoire en litige, font obstacle à ce qu'elle puisse passer ses examens universitaire a compter du 13 mars prochain, alors qu'elle a validé en février dernier son 1er semestre de licence 2 en " Arts plastiques ", notamment du fait qu'elle se trouve, en l'état, bloquée au Maroc ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de cet arrêté :
. la décision de refus de séjour est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation au regard des dispositions de l'article L. 422-1 code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, car elle justifie d'une progression dans ses études, notamment en ayant récemment validé sont premier semestre de licence 2, et du fait que ses échecs en 2023 puis en 2024, avec des notes semestrielles proches de la moyenne, trouvaient alors leur cause dans sa situation personnelle et familiale très difficile,
. l'obligation de quitter le territoire est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de sa situation personnelle, en violation de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire enregistré le 24 février 2025, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Montpellier a désigné M. Souteyrand, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Souteyrand, vice-président ;
- et les observations de Me Lafont pour la requérante.
L'instruction a été close à l'issue de l'audience, à l'exception de la production attendue de la date des examens.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () " ; qu'aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. // Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ".
2. En l'état, aucun des moyens de la requête n'est de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté en litige.
3. Par suite, il y a lieu de rejeter les conclusions de la requête aux fins de suspension, d'injonction et de condamnation de l'Etat en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative et des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991.
ORDONNE :
Article 1er : Mme B est admise à l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme B est rejeté.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B, au préfet de l'Hérault et à Me Lafont.
Fait à Montpellier, le 7 mars 2025.
Le juge des référés,
E. Souteyrand
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 7 mars 2025.
La greffière,
C. Touzet