Le Tribunal Administratif de Montpellier, statuant par ordonnance, a rejeté la requête de Mme B... visant à contester le refus d'attribution de l'allocation d'éducation de l'enfant handicapé (AEEH) et de son complément. Le tribunal a déclaré son incompétence, estimant que ce litige relève manifestement de la juridiction judiciaire (pôle social). Cette solution s'appuie sur les articles L. 241-6 et L. 241-9 du code de l'action sociale et des familles, qui attribuent la compétence contentieuse en cette matière aux tribunaux judiciaires.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 2 mars 2026, Mme A... B... demande au tribunal d’annuler la décision notifiée le 30 octobre 2025 par laquelle la commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées des Pyrénées-Orientales confirme le rejet de sa demande portant sur l’allocation d’éducation de l’enfant handicapé et son complément.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l’action sociale et des familles ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. En vertu de l’article R. 222-1 du code de justice administrative, les présidents de formation de jugement peuvent, par ordonnance rejeter les requêtes ne relevant manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative.
2. Aux termes de l’article L. 241-6 du code de l’action sociale et des familles : « I.- La commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées est compétente pour : (…) 3° Apprécier : a) Si l'état ou le taux d'incapacité de la personne handicapée justifie l'attribution, pour l'enfant ou l'adolescent, de l'allocation et, éventuellement, de son complément mentionnés à l'article L. 541-1 du code de la sécurité sociale (…) ». L’article L. 541-1 du code de la sécurité sociale prévoit que : « Toute personne qui assume la charge d'un enfant handicapé a droit à une allocation d'éducation de l'enfant handicapé, si l'incapacité permanente de l'enfant est au moins égale à un taux déterminé. / Un complément d'allocation est accordé pour l'enfant atteint d'un handicap dont la nature ou la gravité exige des dépenses particulièrement coûteuses ou nécessite le recours fréquent à l'aide d'une tierce personne (…) ». Enfin, aux termes de l’article L. 241-9 du code de l’action sociale et des familles : « Les décisions relevant du 1° du I de l'article L. 241-6 prises à l'égard d'un enfant ou un adolescent handicapé, ainsi que celles relevant des 2°, 3° et 5° du I du même article peuvent faire l'objet de recours devant les tribunaux judiciaires spécialement désignés en application de l'article L. 211-16 du code de l'organisation judiciaire. (…) ».
3. Il résulte de ces dispositions que les contestations relatives à l’allocation d’éducation de l’enfant handicapé et son complément relèvent de la compétence des tribunaux judiciaires. Ainsi, les conclusions de la requête de Mme B... tendant à l’annulation la décision la décision notifiée le 30 octobre 2025 par laquelle la commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées des Pyrénées-Orientales confirme le rejet de sa demande portant sur l’allocation d’éducation de l’enfant handicapé et son complément, ne relèvent manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative mais de celle de la juridiction judiciaire (pôle social). Il y a lieu, dès lors, de les rejeter comme portées devant une juridiction incompétente pour en connaître.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de Mme B... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... B....
Fait à Montpellier, le 2 avril 2026.
La vice-présidente du tribunal,
S. Encontre
La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Orientales en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 2 avril 2026.
La greffière,
F. Roman