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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2600553

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2600553

mercredi 8 avril 2026

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2600553
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Montpellier, statuant en référé, a rejeté la demande de M. A... qui sollicitait une injonction pour empêcher la suspension de son revenu de solidarité active (RSA) par le département de l'Hérault. Le juge a estimé que la mesure demandée ferait obstacle à l'exécution d'une décision administrative et que le requérant n'apportait pas la preuve d'une situation de péril grave justifiant une telle intervention. La décision s'appuie sur les articles L. 521-3 et L. 522-3 du code de justice administrative, relevant que les conditions d'urgence et d'absence de contestation sérieuse n'étaient pas remplies.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 29 janvier 2026, M. B... A... demande au juge des référés d’ordonner, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, d’enjoindre au département de l’Hérault de s’abstenir provisoirement de toute procédure de suspension de son revenu de solidarité active dans l’attente d’une décision du tribunal statuant sur le fond du dossier.

Il soutient que :
- cette suspension le laisse sans aucune ressource financière ;
-son recours amiable a été implicitement rejeté sans que le litige sur le fond n’ait été tranché par une juridiction ;
- il est dans une situation de détresse matérielle immédiate.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l’article L.522-3 du même code : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L.522-1 ».

2. Aux termes de l’article L.521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative ». Saisi sur le fondement de ces dispositions d’une demande qui n’est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d’injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l’article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L 521-2. Si le juge des référés, saisi sur le fondement de l’article L. 521-3, ne saurait faire obstacle à l’exécution d’une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu’il ne s’agisse de prévenir un péril grave, la circonstance qu’une décision administrative refusant la mesure demandée au juge des référés intervienne postérieurement à sa saisine ne saurait faire obstacle à ce qu’il fasse usage des pouvoirs qu’il tient de l’article L. 521-3.

3. Il résulte des termes de la requête, que les mesures sollicitées feraient nécessairement obstacle à l’exécution des décisions prise par le département de l’Hérault. M. A..., en se bornant à produire ses relevés de compte du 15 décembre 2025 au 7 janvier 2026, n’établit pas se trouver, à la date de la présente ordonnance, dans une situation de précarité de nature à caractériser un péril grave justifiant que le juge des référés prescrive des mesures faisant obstacle à une décision administrative. Par suite, sans qu’il soit besoin d’examiner les autres conditions exigées par les dispositions de l’article L.521-3 du code de justice administrative, les conclusions présentées par M. A... sur le fondement de ces dispositions doivent être rejetées par application des dispositions de l’article L.522-3 du code de justice administrative.


O R D O N N E :


Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A....

Fait à Montpellier, le 8 avril 2026.


Le juge des référés,



V. QUEMENER


La République mande et ordonne à la préfète de l’Hérault en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme
Montpellier, le 8 avril 2026.
La greffière,



N. Jernival



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