lundi 23 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2405545 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Interprétation |
| Publication | C |
| Avocat requérant | BEIGELMAN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 18 septembre 2024, Mme A B, représentée par Me Beigelman, demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) de prendre toutes mesures pour qu'il soit mis fin à son affectation en régime différencié dans le quartier E3 et que soit assurée son affectation dans un bâtiment et sous un régime respectueux de sa dignité et la protégeant contre les agressions en lien avec son identité de genre ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 200 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à verser à son avocate contre sa renonciation à percevoir la part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle.
Elle soutient que :
- elle a été affectée en régime différencié, portes fermées, au sein du quartier E1, par décision du 19 juillet 2024, prorogée le 2 août 2024 ; elle a été maintenue en régime différencié mais transférée au sein du bâtiment E3, dans le courant du mois d'août, alors que ce bâtiment n'est pas adapté au régime de détention portes fermées ; elle y est victime d'injures transphobes de la part de codétenues, sans que l'administration pénitentiaire, alertée, ne prenne de mesures ; ces insultes et agressions ont lieu par oral ou par écrit, en cellule, en promenade ou durant le culte ;
- cette situation et la carence de l'administration pénitentiaire à la faire cesser portent une atteinte grave et manifestement illégale à sa dignité, protégée notamment par les dispositions de l'article L. 6 du code pénitentiaire, ainsi qu'à son droit à ne pas être exposée à des traitements inhumains et dégradants, protégé par les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elles portent également atteinte à sa liberté d'aller et venir et au droit au respect de sa vie privée et familiale ;
- la condition tenant à l'urgence est satisfaite, dès lors qu'elle est soumise à un régime de détention très strict, dans un bâtiment dans lequel elle est régulièrement insultée ; cette situation perdure du fait de la carence de l'administration à prendre les mesures qui s'imposent ; sa santé mentale est extrêmement fragile ; l'exposition constante à des injures transphobes est particulièrement attentatoire à la dignité humaine ; ces atteintes ne sont pas inhérentes à la détention et il y a urgence à les faire cesser.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 septembre 2024, le Garde des sceaux, ministre de la justice, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la condition particulière de l'urgence au titre du référé liberté n'est pas satisfaite ; Mme B a été placée en urgence, le 19 juillet 2024, en régime contrôlé de détention, au sein du bâtiment E1 de l'établissement, eu égard à l'ensemble des incidents émaillant son incarcération depuis son placement en régime ordinaire, en mars 2024 ; Mme B a ensuite été placée en régime adapté au sein du bâtiment E3, à compter du 27 août 2024, afin de préserver l'équilibre du quartier E1, qu'elle a troublé à de multiples reprises, tout en permettant une mesure de gestion individualisée de sa détention, visant à ce qu'elle puisse participer aux activités et à la formation à laquelle elle est inscrite, tout en garantissant sa sécurité ;
- les mesures permettant de garantir la sécurité et la dignité de Mme B sont prises ; la mesure de gestion individualisée de sa détention vise notamment à la protéger des comportements inappropriés et transphobes des codétenues, tout en lui permettant d'accéder aux activités et à sa formation ; la mesure n'empêche pas les promenades, les parloirs ou la correspondance écrite ou verbale ; n'est ainsi caractérisée aucune atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code pénitentiaire ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Thielen, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 20 septembre 2024 :
- le rapport de Mme Thielen ;
- les observations de Me Beigelman, représentant Mme B, qui conclut aux mêmes fins que sa requête, par les mêmes moyens, et précise notamment que :
* n'est pas contesté le placement en régime différencié, en soi, mais l'affectation de Mme B dans un quartier de détention précisément inadapté pour un régime " portes fermées " ;
* le caractère récurrent des injures transphobes de la part des codétenues est établi et aucune mesure n'est prise par l'administration pénitentiaire pour y mettre fin et protéger sa dignité ;
* l'affectation au sein du bâtiment E1 lui permettait de bénéficier de la présence de surveillants pénitentiaires spécialement formés ;
* elle reste maintenue avec des détenues qui l'insultent, et l'affectation dans le bâtiment E3 exacerbe cette situation, dès lors que celles-ci peuvent circuler durant la journée, quand elle ne le peut ; elle ne peut donc jamais être isolée ;
* l'une des mesures susceptibles d'être ordonnées consiste en la réunion de la commission pluridisciplinaire unique (CPU), à même d'avoir une approche globale de la situation, ou son affectation en régime ordinaire de détention, portes ouvertes ;
- les observations de Mme D, cheffe de la mission droit et expertise juridique de la direction interrégionale des services pénitentiaires de Rennes, et de Mme C, directrice du centre pénitentiaire de Rennes, représentant le Garde des sceaux, ministre de la justice, qui persistent dans les conclusions écrites, par les mêmes arguments, et font notamment valoir que :
* Mme B a été incarcérée au sein de la maison d'arrêt de l'établissement, en janvier 2024, puis a intégré le centre de détention, en régime différencié, portes fermées, jusqu'au 4 mars 2024, date à laquelle elle a été placée en régime ordinaire de détention, portes ouvertes, jusqu'à ce qu'elle soit de nouveau placée en régime différencié en urgence, le 19 juillet 2024, mesure maintenue pour un mois après avis de la CPU, le 2 août 2024 ; elle était affectée au sein du bâtiment E1 ;
* compte tenu du refus de Mme B de cette mesure et des incidents causés, mettant en danger l'équilibre de ce bâtiment particulier, il a été décidé, le 27 août 2024, de la placer en régime adapté, au sein du bâtiment E3 ; ce régime consiste en un maintien en régime " portes fermées ", les déplacements étant systématiquement accompagnés d'un surveillant, tout en garantissant l'accès de Mme B aux activités, au culte, à la formation qu'elle a entamée en septembre 2024, aux parloirs et à la correspondance, postale et téléphonique ;
* cette mesure a été prise pour tenter de concilier les impératifs de sa sécurité et de celle des autres détenues ;
* un compte-rendu d'incident est rédigé et des poursuites disciplinaires sont mises en œuvre dès que remonte la moindre insulte ou comportement inapproprié envers Mme B, y compris tendant à contester ou moquer son état-civil ;
* une affectation en régime " portes ouvertes " risque d'être davantage dangereuse pour sa sécurité, dans la mesure où aucun surveillant ne serait présent pour constater et faire cesser les injures ou insultes voire les agressions ; le régime adapté permet de limiter les temps d'échanges verbaux avec les autres détenues.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
Sur l'aide juridictionnelle :
1. Mme B justifie avoir déposé une demande d'aide juridictionnelle. Il y a par suite lieu, en application des dispositions précitées, de prononcer son admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ".
3. Aux termes de l'article L. 2 du code pénitentiaire : " Le service public pénitentiaire s'acquitte de ses missions dans le respect des droits et libertés garantis par la Constitution et les conventions internationales ratifiées par la France, notamment la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales ". Aux termes de son article L. 6 : " L'administration pénitentiaire garantit à toute personne détenue le respect de sa dignité et de ses droits. L'exercice de ceux-ci ne peut faire l'objet d'autres restrictions que celles résultant des contraintes inhérentes à la détention, du maintien de la sécurité et du bon ordre des établissements, de la prévention de la commission de nouvelles infractions et de la protection de l'intérêt des victimes. Ces restrictions tiennent compte de l'âge, de l'état de santé, du handicap, de l'identité de genre et de la personnalité de chaque personne détenue ".
4. Eu égard à la vulnérabilité des détenus et à leur situation d'entière dépendance vis-à-vis de l'administration, il appartient à celle-ci, et notamment aux directeurs des établissements pénitentiaires, en leur qualité de chefs de service, de prendre les mesures propres à protéger leur vie et à leur éviter tout traitement inhumain ou dégradant, ainsi qu'à préserver, dans le cadre des contraintes inhérentes à la détention, leur droit au respect de leur vie privée et familiale, afin de garantir le respect effectif des exigences découlant des principes rappelés notamment par les articles 2, 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, constituant des libertés fondamentales au sens des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative.
5. Lorsque la carence de l'autorité publique expose une personne détenue à être soumise, de manière caractérisée, à un traitement inhumain ou dégradant ou à une méconnaissance de son droit au respect de la vie privée et familiale dans des conditions qui excèdent les restrictions inhérentes à la détention, portant ainsi une atteinte grave et manifestement illégale à ces libertés fondamentales, et que la situation permet de prendre utilement des mesures de sauvegarde dans un très bref délai, le juge des référés peut, au titre de la procédure particulière prévue par l'article L. 521-2 précité, prescrire toutes les mesures de nature à faire cesser la situation résultant de cette carence.
6. Aux termes, par ailleurs de l'article L. 211-4 du code pénitentiaire : " La répartition des personnes condamnées dans les établissements pour peines s'effectue compte tenu de leur catégorie pénale, de leur âge, de leur état de santé et de leur personnalité. / Leur régime de détention est déterminé en prenant en compte leur personnalité, leur santé, leur dangerosité et leurs efforts en matière de réinsertion sociale. / Le placement d'une personne détenue sous un régime de détention plus sévère ne saurait porter atteinte aux droits mentionnés par les dispositions de l'article L. 6 ". Aux termes par ailleurs de son article D. 211-36 : " Des modalités de prise en charge individualisées peuvent, pour l'application des dispositions de l'article L. 211-4, être appliquées, au sein de chaque établissement pénitentiaire, aux personnes détenues, en tenant compte de leur parcours d'exécution de la peine et de leur capacité à respecter les règles de vie en collectivité. Les modalités de prise en charge de chaque personne détenue sont consignées dans le parcours d'exécution de la peine ".
7. Il ressort des pièces du dossier que Mme B a été incarcérée le 24 janvier 2024 au sein du centre pénitentiaire pour femmes de Rennes. Après avoir été affectée au sein du quartier maison d'arrêt de cet établissement, elle a rejoint le centre de détention, le 22 février 2024 en régime différencié de détention " portes fermées ", puis, à compter du 4 mars 2024, en régime ordinaire de détention " portes ouvertes ", au sein de l'un des bâtiments prévus pour ce régime de détention. Mme B a fait l'objet d'une nouvelle décision de placement en régime différencié de détention " portes fermées ", au sein du bâtiment E1, en raison de son attitude intimidante, menaçante et insultante envers les autres personnes détenues dans sa division, ainsi qu'en raison de son comportement rapporté par plusieurs codétenues, tenant à une proximité inadéquate, inappropriée et indécente en cellule et dans les douches, les incidents et comportements en cause étant corroborés par les multiples comptes-rendus d'incidents versés au dossier. Cette mesure, prise en urgence le 19 juillet 2024, a été prorogée pour un mois par décision du 2 août 2024 prise sur avis de la commission pluridisciplinaire unique (CPU), en raison de l'absence de réflexion de Mme B sur son comportement. Par note de service interne du 27 août 2024, et tant pour tenir compte du refus de Mme B de cette affectation en régime différencié que pour préserver le fonctionnement et l'équilibre de ce bâtiment E1, remis en cause par le comportement parfois inapproprié de l'intéressée, dont la matérialité est également corroborée par les pièces du dossier, la directrice de l'établissement a décidé de son affectation, au sein du bâtiment E3, dédié à un régime de détention " portes ouvertes ", mais selon un régime individualisé, se caractérisant, pour Mme B, par un régime " portes fermées " et l'accompagnement de tous ses mouvements par un agent, l'accès aux promenades, à l'aumônerie et la participation aux activités ainsi qu'aux cours scolaires et à la formation à laquelle elle est inscrite depuis septembre 2024, ainsi qu'un droit aux parloirs, aux visites et à la correspondance postale et téléphonique.
8. Il résulte tant des écritures que des explications du conseil de Mme B lors de l'audience publique que la requête ne tend pas tant à contester ce maintien en régime individualisé, en tant que tel, que son affectation physique au sein du bâtiment E3, au sein duquel ses codétenues bénéficient d'un régime de détention " portes ouvertes ", dont elle soutient qu'elle accroît sa vulnérabilité et les atteintes à sa dignité, procédant des insultes et injures transphobes dont elle est victime en permanence, qu'elle ne peut éviter et contre lesquelles l'administration ne prend aucune mesure.
9. Il ressort toutefois des pièces du dossier et des explications apportées par la directrice de l'établissement lors de l'audience publique que l'affectation de Mme B en régime individualisé, au sein du bâtiment E3, a été décidée dans la perspective de concilier sa sécurité, dès lors qu'un agent est, sous ce régime, constamment en mesure d'intervenir en cas d'agression verbale ou physique à son encontre, lorsqu'elle est en dehors de sa cellule, avec la sécurité des autres détenues, à laquelle son comportement au sein du bâtiment E1 portait atteinte, considération par ailleurs prise des difficultés antérieurement rencontrées, lorsqu'elle était placée en régime ordinaire de détention, outre son refus manifesté d'être maintenue au sein du bâtiment E1.
10. S'il est par ailleurs constant que les injures transphobes, écrites ou verbales, dont Mme B est victime se sont aggravées depuis qu'elle est affectée au sein du bâtiment E3, et que celle-ci ne peut effectivement que les subir durant la journée, lorsqu'elle est en cellule et que ses codétenues peuvent circuler dans le bâtiment, aucune des pièces du dossier pas davantage que les explications du conseil de Mme B ne permettent de mesurer leurs fréquence et récurrence. Il ressort en revanche des pièces du dossier qu'un compte-rendu d'incident est rédigé à chaque fois que de tels faits sont signifiés par l'intéressée ou constatés par un agent de surveillance et que des poursuites disciplinaires sont engagées contre leurs autrices, dès que celles-ci ont pu être identifiées, ce qui établit que la directrice de l'établissement prend des mesures effectives pour que cessent de tels comportements.
11. Pour intolérables et inacceptables que soient ces injures, compte tenu tant des mesures mises en œuvre par l'administration pénitentiaire pour les réprimer et les faire cesser que des incontestables tentatives d'individualisation du parcours de détention de Mme B mises en place par la direction de l'établissement, il ne ressort pas des pièces du dossier que le maintien de l'intéressée en régime de détention individualisé, au sein du bâtiment E3, caractérise, à la date de la présente ordonnance, une carence de l'administration pénitentiaire qui serait à l'origine d'une atteinte grave et manifestement illégale à sa dignité et à ses droits fondamentaux.
12. Il résulte de toute ce qui précède que les conclusions de Mme B tendant à ce qu'il soit enjoint à l'administration pénitentiaire de prendre toutes mesures pour qu'il soit mis fin à son affectation en régime différencié dans le quartier E3 et que soit assurée son affectation dans un bâtiment et sous un régime respectueux de sa dignité et la protégeant contre les agressions en lien avec son identité de genre doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
13. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'État qui n'est pas, dans la présente instance, partie perdante, la somme que Mme B demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : Mme B est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et au Garde des sceaux, ministre de la justice.
Copie en sera transmise, pour information, à la direction interrégionale des services pénitentiaires de Rennes.
Fait à Rennes, le 23 septembre 2024.
Le juge des référés,
signé
O. ThielenLa greffière,
signé
E. Douillard
La République mande et ordonne au Garde des sceaux, ministre de la justice, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
4
Tribunal Administratif de Strasbourg — N° TA67-2602087
Le Tribunal Administratif de Strasbourg a été saisi par M. B... d’une demande d’injonction, sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, visant à contraindre le préfet du Bas-Rhin à instruire les demandes de titres de voyage pour ses filles mineures. Le tribunal a rejeté la requête, estimant que la mesure sollicitée ferait obstacle à l’exécution d’une décision administrative implicite de rejet née du silence gardé par l’administration pendant deux mois, conformément aux articles L. 231-1 et L. 231-4 du code des relations entre le public et l’administration. Il a également jugé que la condition d’urgence n’était pas caractérisée, les circonstances invoquées par le requérant ne suffisant pas à l’établir.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Nice — N° TA06-2600609
Le Tribunal Administratif de Nice, statuant en référé, a été saisi par une requérante pour faire constater l'absence d'offre de logement adaptée à ses besoins après une décision de la commission de médiation la reconnaissant prioritaire. Le juge a constaté que l'État, en la personne du préfet des Alpes-Maritimes, n'avait pas satisfait à son obligation de résultat dans le délai de six mois prévu par l'article R. 441-16-1 du code de la construction et de l'habitation. En application des articles L. 441-2-3-1 du même code et R. 778-1 du code de justice administrative, le tribunal a en conséquence ordonné au préfet de procéder au relogement de la requérante, sous astreinte.
03/04/2026
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2505961
Le Tribunal Administratif de Lille a rejeté la requête de la communauté d’agglomération de Béthune-Bruay, Artois-Lys Romane (CABBALR) visant à annuler un titre de recettes émis par la communauté d’agglomération de Lens-Liévin (CALL). Le tribunal a jugé que le titre, relatif au recouvrement d'une dotation de solidarité communautaire, était régulier en la forme et suffisamment motivé, notamment en indiquant les bases de liquidation de la créance. La décision s'appuie sur les dispositions du code général des collectivités territoriales et du décret du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique.
31/03/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA02864
27/03/2026