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AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2406926

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2406926

mardi 11 mars 2025

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2406926
TypeDécision
PublicationC
Formation5ème Chambre
Avocat requérantCABINET DGR AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Rennes a rejeté la requête de M. A, de nationalité nigériane, contestant l'arrêté du préfet du Morbihan du 21 octobre 2024 lui faisant obligation de quitter le territoire français. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la signataire disposait d'une délégation de signature régulière. La décision s'appuie sur les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), notamment les articles L. 611-1, L. 612-8, L. 612-10, L. 721-4, L. 721-6 et L. 721-7, ainsi que sur l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 25 novembre 2024, M. H A, représenté par Me Roilette, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 21 octobre 2024 du préfet du Morbihan portant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, fixation du pays de destination, obligation de remettre son passeport à la gendarmerie d'Auray et de s'y présenter deux fois par semaine, et interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de deux années ;

2°) d'enjoindre au préfet du Morbihan, sous astreinte de 200 € par jour de retard, à titre principal, de lui délivrer un récépissé de demande de carte de séjour à compter de la notification du jugement à intervenir, et, à titre subsidiaire, de procéder à un nouvel examen de sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 € en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Il soutient que :

Sur l'obligation de quitter le territoire français :

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'un vice d'incompétence ;

- elle est entachée d'une erreur de droit dans l'application de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît l'article 33 de la convention de Genève du 25 juillet 1951 ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Sur la décision fixant le délai de départ volontaire à trente jours :

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est illégale à raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français, ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à sa situation.

Sur la fixation du pays de destination :

- elle est illégale à raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;

- elle méconnaît l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît l'article 33 de la convention de Genève du 25 juillet 1951.

Sur l'obligation de remise de son passeport et de présentation aux services de la gendarmerie nationale :

- elle est illégale à raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;

- le préfet ne porte aucune appréciation de sa situation ;

- elle méconnaît les articles L. 721-6 du code de l'entrée et de séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît L. 721-7 de ce code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en ce qu'elle ne fixe pas de durée.

Sur l'interdiction de retour sur le territoire français :

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est illégale à raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;

- elle méconnaît les articles L. 612-8 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Par un mémoire en défense, enregistré le 18 décembre 2024, le préfet du Morbihan conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens ne sont pas fondés.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 30 janvier 2025.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention de Genève du 28 juillet 1951 relatifs aux réfugiés ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Tronel a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

1. L'arrêté attaqué vise les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont le préfet a fait application et rappelle le parcours administratif et personnel de M. A, de nationalité nigériane et né en 1969. L'arrêté indique que celui-ci, entré en France le 4 juillet 2023, y a sollicité le bénéfice de l'asile le 25 août 2023, demande définitivement rejetée par les instances d'asile le 18 octobre 2024. L'arrêté précise que l'intéressé, présent en France depuis 15 mois à la date d'édiction de la décision litigieuse, ne justifie pas de liens anciens, intenses et stables sur le territoire français, alors qu'il n'établit pas être dépourvu d'attaches dans son pays d'origine, où il a vécu jusqu'à l'âge de 54 ans. L'arrêté comporte ainsi, de manière non stéréotypée, les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par conséquent, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.

2. L'arrêté querellé a été signé par Mme D B, cheffe du pôle éloignement et contentieux par intérim, en vertu d'un arrêté du 11 septembre 2024 régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture du Morbihan le 12 septembre 2024. En application de cet arrêté, Mme B a reçu délégation pour signer tous les actes relevant du pôle éloignement et contentieux en cas d'absence cumulée de M. G, de Mme F, de Mme E ou de Mme C. Il n'est pas démontré qu'à la date de l'arrêté en litige ces derniers n'auraient pas été absents. Par suite, le moyen tiré du vice d'incompétence doit être écarté.

3. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () / 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3° ".

4. Il ressort des pièces du dossier que M. A, dont la demande d'asile a été définitivement rejetée par une décision de la Cour nationale du droit d'asile du 18 octobre 2024, relevait de ces dispositions. Le préfet du Morbihan pouvait donc prendre à son encontre une obligation de quitter le territoire français sur le fondement des dispositions précitées du code de l'entrée et de séjour des étrangers et du droit d'asile sans commettre d'erreur de droit.

5. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () ". Pour l'application de ces stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.

6. Il ressort des pièces du dossier que M. A, présent en France depuis seulement quinze mois à la date d'édiction de l'arrêté contesté, ne justifie pas entretenir de liens anciens, intenses et stable en France, et n'établit pas être dépourvu d'attaches dans son pays d'origine, où il a vécu jusqu'à l'âge de 54 ans. S'il déclare être marié avec une compatriote nigériane, il ne démontre pas que cette dernière serait présente sur le territoire français. Ni l'engagement associatif de M. A, ni les cours de français qu'il suit, ne caractérisent une insertion particulière. Eu égard à l'entrée récente en France du requérant et à ses conditions de séjour, en l'obligeant à quitter le territoire français, le préfet du Morbihan n'a pas porté au droit de l'intéressé au respect de la vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels cette décision a été prise. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

7. La décision fixant le pays de renvoi étant distincte de celle portant obligation de quitter le territoire français, les moyens dirigés contre cette dernière décision et soulevant la méconnaissance de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en ce que cette décision fixe le Nigéria comme pays de renvoi, sont inopérants.

8. Aux termes de l'article 33 de la convention de Genève du 28 juillet 1951 relatifs aux réfugiés : " Défense d'expulsion et de refoulement / 1. Aucun des États contractants n'expulsera ou ne refoulera, de quelque manière que ce soit, un réfugié sur les frontières des territoires où sa vie ou sa liberté serait menacée en raison de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques. / 2. Le bénéfice de la présente disposition ne pourra toutefois être invoqué par un réfugié qu'il y aura des raisons sérieuses de considérer comme un danger pour la sécurité du pays où il se trouve ou qui, ayant été l'objet d'une condamnation définitive pour un crime ou délit particulièrement grave, constitue une menace pour la communauté dudit pays ".

9. Dès lors que la qualité de réfugié n'a pas été reconnue au requérant, celui-ci ne saurait utilement se prévaloir de l'article 33 de la convention de Genève. Le moyen tiré d'une méconnaissance des dispositions précitées doit donc être écarté comme inopérant.

En ce qui concerne la décision fixant le délai de départ volontaire à trente jours :

10. L'arrêté du 21 octobre 2024 rappelle les dispositions du 4° de l'article L. 611-1 et de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et précise que M. A ne fait état d'aucune circonstance particulière justifiant l'octroi d'un délai supérieur de trente jours. Le moyen tiré d'un défaut de motivation doit par conséquent être écarté.

11. L'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français n'étant pas établie, le moyen tiré de l'annulation par voie de conséquence de cette illégalité de la décision fixant le délai de départ volontaire ne peut qu'être écarté.

12. Aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. / L'autorité administrative peut accorder, à titre exceptionnel, un délai de départ volontaire supérieur à trente jours s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. / Elle peut prolonger le délai accordé pour une durée appropriée s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. L'étranger est informé par écrit de cette prolongation. ".

13. Il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet du Morbihan aurait commis une erreur manifeste d'appréciation en n'accordant pas à M. A un délai de départ volontaire supérieur à trente jours, un tel délai ne pouvant être octroyé qu'à titre exceptionnel en application de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le moyen tiré d'une erreur manifeste d'appréciation doit donc être écarté.

Sur la décision fixant le pays de renvoi :

14. L'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français n'étant pas établie, le moyen tiré de l'annulation par voie de conséquence de cette illégalité de la décision fixant le pays de renvoi ne peut qu'être écarté.

15. Aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut désigner comme pays de renvoi : / 1° Le pays dont l'étranger a la nationalité, sauf si l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ou la Cour nationale du droit d'asile lui a reconnu la qualité de réfugié ou lui a accordé le bénéfice de la protection subsidiaire ou s'il n'a pas encore été statué sur sa demande d'asile ; / 2° Un autre pays pour lequel un document de voyage en cours de validité a été délivré en application d'un accord ou arrangement de réadmission européen ou bilatéral ; / 3° Ou, avec l'accord de l'étranger, tout autre pays dans lequel il est légalement admissible. / Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ". Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".

16. En l'espèce, si le requérant allègue craindre d'être exposé à des traitements contraires à l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour au Nigéria, où il serait visé par un groupe criminel organisé en raison de ses précédentes fonctions, il n'établit par aucun élément probant versé au dossier la réalité et le caractère personnel de ces menaces. En particulier, il n'apporte pas d'éléments circonstanciés ni dans la présente instance, ni, comme cette juridiction l'a relevé devant la Cour nationale du droit d'asile où il avait produit les mêmes documents, sur les modalités selon lesquelles il se serait procuré un extrait de registre des plaintes de la police d'Ibadan, daté du 18 juillet 2023, ainsi qu'un article de presse publié dans le Vanguard Newspaper, le 25 juillet 2023, reprenant le contenu de la plainte déposée en raison de sa disparition. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article 3 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales doivent être écartés.

En ce qui concerne la décision portant obligation de remise de passeport et de présentation aux services de la gendarmerie nationale :

17. L'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français n'étant pas établie, le moyen tiré de l'annulation par voie de conséquence de cette illégalité de la décision portant obligation de remise de passeport et de présentation aux services de la gendarmerie nationale deux fois par semaine ne peut qu'être écarté.

18. M. A ne saurait utilement invoquer les dispositions de l'article L. 721-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, celui-ci n'ayant pas été assigné à résidence par l'autorité administrative. Le moyen tiré d'une méconnaissance de cet article doit être écarté comme inopérant.

19. En indiquant que le préfet ne porte aucune appréciation sur sa situation, sans autre précision, M. A n'assortit pas son moyen de précision suffisante permettant d'en apprécier le bien-fondé

20. Aux termes de l'article L. 721-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger auquel un délai de départ volontaire a été accordé peut, dès la notification de la décision portant obligation de quitter le territoire français, être astreint à se présenter à l'autorité administrative ou aux services de police ou aux unités de gendarmerie pour y indiquer ses diligences dans la préparation de son départ. Cette décision est prise pour une durée qui ne peut se poursuivre au-delà de l'expiration du délai de départ volontaire. ".

21. Il résulte des termes même de l'article L. 721-7 que les mesures de surveillance prennent fin à l'expiration du délai de départ volontaire. Par suite, le préfet ne commet pas d'erreur de droit en ne précisant pas leur durée de validité. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions susvisées doit, dès lors, être écarté.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

22. Aux termes de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11. ".

23. En faisant interdiction à M. A de retourner en France pendant deux ans compte tenu de son entrée en France récente, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, alors que cependant, l'intéressé, certes arrivé en France seulement en juillet 2023, n'a pas fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement et que sa présence ne constitue pas une menace pour l'ordre public, le préfet a commis une erreur d'appréciation. Il s'ensuit, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête dirigés contre l'interdiction de retour sur le territoire français, que cette dernière décision doit être annulée.

24. Il résulte de tout ce qui précède que l'arrêté du préfet du Morbihan du 21 octobre 2024 doit être annulé en tant seulement qu'il interdit M. A de retour sur le territoire pour une durée de deux années.

Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :

25. Le présent jugement n'implique aucune mesure d'exécution. Il y a lieu, par suite, de rejeter les conclusions de M. A à fin d'injonction sous astreinte.

Sur les frais liés au litige :

26. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie essentiellement perdante, verse à M. A la somme de 1 500 € que celui-ci réclame au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.

D É C I D E :

Article 1er : L'arrêté du préfet du Morbihan du 21 octobre 2024 est annulé en tant qu'il porte interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans.

Article 2 : Le surplus de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. H A et au préfet du Morbihan.

Délibéré après l'audience du 4 février 2025, où siégeaient :

M. Tronel, président,

M. Terras, premier conseiller,

Mme Thielen, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 mars 2025.

Le président rapporteur,

Signé

N. Tronel L'assesseur le plus ancien,

Signé

F. Terras

La greffière,

Signé

E. Douillard

La République mande et ordonne au préfet du Morbihan en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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