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AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2500308

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2500308

lundi 14 avril 2025

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2500308
TypeDécision
PublicationD
Avocat requérantCOIRIER

Résumé IA

Cette requête en référé suspension, présentée devant le Tribunal Administratif de Rennes par M. B A, conteste le refus du proviseur du lycée Anita Conti, des professeurs et du recteur de l'académie de Rennes de mettre à jour le cahier de textes numérique conformément à la circulaire du 6 septembre 2010. Le requérant invoque le droit des parents à suivre la scolarité de leur enfant, garanti par le code de l'éducation et le règlement intérieur de l'établissement, et détaille de nombreuses carences dans le renseignement de cet outil pour plusieurs matières. Il demande la suspension de ces décisions et une injonction de mise en conformité. La solution retenue par le tribunal n'est pas précisée dans l'extrait fourni, mais la requête s'appuie sur l'article L. 521-1 du code de justice administrative et les textes relatifs à l'éducation, notamment la circulaire MENE1276C.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 17 janvier 2025, M. B A, représenté par Me Coirier, demande au juge des référés :

1°) de suspendre, en application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution des décisions par lesquelles le proviseur du lycée Anita Conti (35170 Bruz), les professeurs de la classe d'Ewen A et le recteur de l'académie de Rennes refusent de se conformer aux exigences du cahier de textes de classe numérique, en particulier la décision du 15 octobre 2024 ;

2°) d'enjoindre aux intéressés de mettre à jour le cahier de textes de classe numérique conformément aux exigences de la circulaire du 6 septembre 2010, sans délai à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- il entend suivre la scolarité de son fils, né le 12 juillet 2009 et actuellement scolarisé en classe de seconde au lycée Anita Conti de Bruz et ne peut le faire correctement, dans la mesure où le cahier de textes de classe numérique ne contient pas les informations requises et prévues par la circulaire du 6 septembre 2010 ; il a plusieurs fois et vainement sollicité de la professeure principale de son fils, de certains professeurs et du proviseur du lycée que cet outil soit correctement mis à jour, ce qui a été refusé explicitement par un courrier du 15 octobre 2024 ;

- le code de l'éducation prévoit, en son article L. 111-4, que les parents sont membres de la communauté éducative et qu'ils participent à la vie scolaire ; l'arrêté du 1er juillet 2013 fixe en son annexe 1 les missions et compétences des professeurs, tenant notamment à leur obligation de coopérer avec les parents pour aider leurs enfants ;

- le droit à l'information des parents sur le suivi de la scolarité de leurs enfants est assuré notamment par le cahier de textes de classe numérique ; il s'agit d'un document juridique qui doit être renseigné et établi selon les règles en vigueur, notamment celles fixées par la circulaire MENE1276C du 6 septembre 2010 ; il doit être mis à disposition permanente des représentants légaux des élèves et doit refléter le déroulement des enseignements et permettre de suivre avec précision la progression des apprentissages ; il doit ainsi mentionner le contenu des séances, le travail à effectuer en précisant la date butoir, tous les documents, toutes les ressources et les conseils du professeur sous forme de texte, de fichier joint ou de lien, les textes des devoirs et des contrôles sous forme de texte ou de fichier joint, ainsi que les exercices ou les activités qui ne figureraient pas dans les manuels scolaires à disposition des élèves ;

- le règlement intérieur de l'établissement prévoit que les parents doivent être informés de la scolarité de leurs enfants grâce à l'environnement numérique de travail " Toutatice ", qui comprend notamment le cahier de textes de classe numérique ;

- les irrégularités ou les insuffisances affectant le cahier de textes de classe numérique ont un incidence sur l'information à disposition des parents et doivent être sanctionnées ;

- il est établi que certains des enseignements de son fils ne font l'objet d'aucun renseignement dans le cahier de textes de classe numérique :

* seules certaines séances sont renseignées en sciences économiques et sociales et aucune ne l'a été depuis le 29 novembre 2024 ;

* aucune ne l'a jamais été en éducation physique et sportive ;

* si le contenu des séances est renseigné en histoire-géographie, les croquis donnés en cours n'y sont pas déposés, pas davantage que les fiches méthode ;

* les supports de l'enseignement moral et civique ne sont pas déposés, alors qu'il n'existe pas de manuel scolaire pour cette matière ;

* les exercices et corrections ne sont pas déposés s'agissant des enseignements d'anglais ;

* les fiches ne sont pas déposées s'agissant des enseignements de mathématiques ;

* les fiches et exercices ne le sont pas non plus s'agissant des enseignements de sciences numériques et technologiques, alors même qu'il n'y a pas de manuel pour cette matière ;

* les documents et fiches distribués ne sont déposés que ponctuellement en physique-chimie ;

* les informations déposées pour l'enseignement d'espagnol ne sont pas en français ;

- les documents sont déposés sur une autre plateforme, " Pearltrees ", à laquelle les parents n'ont pas accès ; la circonstance que les professeurs utilisent un autre outil de transmission, accessible aux seuls élèves, ne les dispense pas de renseigner le cahier de textes de classe numérique ;

- les devoirs sur table ne sont jamais annexés au cahier de textes de classe numérique ;

- les devoirs à réaliser ne le sont pas toujours, ce qui fait obstacle à ce qu'il puisse suivre la scolarité de son fils et à ce que celui-ci puisse rattraper d'éventuelles absences ; il en est de même de l'objet des leçons ;

- le cahier de textes de classe numérique tel qu'il est renseigné l'est irrégulièrement puisqu'il ne l'est pas intégralement en langue française et qu'il ne comporte pas toutes les informations ni tous les documents que la circulaire prescrit ; ces insuffisances rendent inaccessibles les informations auxquelles ont droit les parents ; ils ne peuvent vérifier que celles notées dans le cahier de textes individuel sont complètes et ne peuvent accéder aux informations si leur enfant est absent ; le cahier de textes individuel ne pallie ainsi pas la carence des professeurs à renseigner le cahier de textes de classe numérique correctement ; il en est de même de la possibilité de demander les documents et informations à son enfant, le cahier de textes de classe numérique permettant précisément d'éviter ces discussions potentiellement compliquées ;

- il ne demande pas l'accès à l'intégralité des cours, mais aux seules informations prévues dans la circulaire ; en cela, la décision confirmant le refus de l'établissement de renseigner les informations manquantes est entachée d'erreur manifeste d'appréciation quant à l'objet et la portée de sa demande ; elle est également entachée d'erreur de droit ;

- la condition tenant à l'urgence est satisfaite, dès lors que cette décision porte une atteinte grave et immédiate à ses intérêts, l'empêchant de remplir son rôle de parent investi dans les apprentissages et la scolarité de son fils ; l'année de seconde est une année charnière pour la suite de sa scolarité, et ses résultats sont incontestablement en baisse ; la teneur du bulletin scolaire de son fils du premier trimestre démontre qu'il n'a pas été en mesure d'assurer correctement le suivi de sa scolarité ;

- la suspension de l'exécution de la décision du 15 octobre 2024 implique que soient enjointes, au proviseur et au recteur de l'académie, responsables de la mise en œuvre de la politique pédagogique et du respect des règles applicables, ainsi qu'aux professeurs de son fils, les mesures suivantes :

* que les professeurs d'histoire-géographie, d'enseignement moral et civique, de sciences économiques et sociales, d'anglais, d'espagnol, de mathématiques, de sciences numériques et technologiques, de physique-chimie, de sciences de la vie et de la terre et d'éducation physique et sportive renseignent le contenu des séances ;

* que les professeurs d'histoire-géographie, d'anglais, d'espagnol, de mathématiques, de sciences numériques et technologiques, de physique-chimie et de sciences de la vie et de la terre renseignent le travail à effectuer accompagné de tout document, ressource ou conseil sous forme de textes, de fichiers joints ou de liens ;

* que les professeurs d'histoire-géographie, d'enseignement moral et civique, de sciences économiques et sociales, d'anglais, d'espagnol, de mathématiques, de sciences numériques et technologiques, de physique-chimie et de sciences de la vie et de la terre renseignent les textes des devoirs et des contrôles ;

* que les professeurs d'histoire-géographie, d'enseignement moral et civique, de sciences économiques et sociales, d'anglais, d'espagnol, de mathématiques, de sciences numériques et technologiques, de physique-chimie et de sciences de la vie et de la terre renseignent les textes des exercices ou des activités lorsqu'ils ne figurent pas dans les manuels scolaires.

Par un mémoire en défense, enregistré le 3 février 2025, le recteur de l'académie de Rennes conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- la requête est irrecevable, dès lors que l'acte que M. A entend contester ne constitue pas une décision administrative faisant grief ; la requête révèle que les professeurs de l'enfant de M. A renseignent régulièrement le cahier de textes de classe numérique ; le courrier du 15 octobre 2024 n'affecte pas la situation juridique de M. A, se bornant à rappeler la réglementation en vigueur et ce que constitue le cahier de textes de classe numérique ; ce cahier constitue seulement un outil numérique, ayant pour vocation d'apporter une aide aux activités d'enseignement et d'apprentissage ; il ne se substitue pas au cahier de textes individuel que les élèves doivent continuer de tenir ;

- à supposer que le courrier du 15 octobre 2024 puisse être regardé comme une décision faisant grief, la condition tenant à l'urgence n'est pas satisfaite : le cahier de textes de classe numérique ne constitue qu'un outil de communication à destination des parents, parmi d'autres ; le requérant a transmis de très nombreuses demandes, voire injonctions, à l'équipe pédagogique, auxquelles il a été répondu ; la classe de seconde est une classe d'autonomisation de l'élève ; les mauvais résultats du fils de M. A sont imputables à son désinvestissement, son absence de travail et son comportement perturbateur ; il vient régulièrement en classe sans ses manuels et pour dormir ; la volonté de M. A de travailler les cours et devoirs de son fils seul, puis avec lui, ne saurait justifier sa demande ;

- aucun des moyens soulevés n'apparaît de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige :

* le cahier de textes de classe numérique étant un simple outil de communication, il ne saurait être entaché d'un vice de forme ; le fait que le professeur d'espagnol le renseigne dans la langue enseignée est sans incidence ; contester le fait qu'il ne soit pas renseigné en matière d'éducation physique et sportive n'est pas sérieux ;

* les professeurs du fils de M. A ne refusent pas de renseigner le cahier de textes de classe numérique ; cet outil ne constitue pas un double numérisé de l'enseignement dispensé ; les professeurs sont propriétaires de leurs cours et n'ont pas l'obligation de le déposer sur le cahier de textes de classe numérique ; cet outil n'a pas pour objet de permettre aux parents de reprendre les cours suivis, mais seulement de suivre la scolarité de leur enfant ; la manière dont les professeurs renseignent cet outil n'est entaché ni d'erreur de fait, ni d'erreur de droit ; aucune erreur n'est commise quant à l'appréciation et l'interprétation des demandes de M. A.

Vu :

- la requête au fond n° 2500300, enregistrée le 17 janvier 2025 ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'éducation ;

- la circulaire n° MENE1020076C du 6 septembre 2010 publiée au bulletin officiel de l'éducation nationale n° 32 du 9 septembre 2010 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Thielen, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 6 février 2025 :

- le rapport de Mme Thielen ;

- les observations de Me Coirier, représentant M. A, qui conclut aux mêmes fins que sa requête, par les mêmes moyens qu'elle développe ;

- les observations de Mme C, représentant le recteur de l'académie de Rennes, qui persiste dans les conclusions écrites, par les mêmes moyens et arguments qu'elle développe.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Par un courrier du 15 octobre 2024, le proviseur du lycée Anita Conti (35170 Bruz) a informé M. A de ce qu'il ne ferait pas droit à ses demandes tendant à donner pour consigne aux professeurs de la classe de son fils de renseigner autrement le cahier de textes de classe numérique, notamment en y déposant les documents et informations qu'il estime manquantes. M. A a saisi le tribunal d'un recours en annulation contre cette décision et, dans l'attente du jugement au fond, demande au juge des référés d'en suspendre l'exécution.

Sur les conclusions aux fins de suspension :

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".

3. La circulaire n° MENE1020076C du 6 septembre 2010 dispose que : " Le cahier de textes de classe sera organisé par discipline et par autre dispositif d'enseignement. / Il sera tenu par chaque professeur concerné et sera à la disposition des personnels de direction et d'inspection qui devront les viser, dans le cadre de leur mission. / L'accès au cahier de textes se fera par l'emploi du temps de la classe et par les disciplines. Un tableau de la charge de travail donnée à l'élève sera accessible. / Le cahier de textes mentionnera, d'une part, le contenu de la séance et, d'autre part, le travail à effectuer, accompagnés l'un et l'autre de tout document, ressource ou conseil à l'initiative du professeur, sous forme de textes, de fichiers joints ou de liens. Les fonctionnalités offertes par les solutions informatiques faciliteront leur mise en page (polices de caractères, soulignement, couleurs, etc.). Les travaux donnés aux élèves porteront, outre la date du jour où ils sont donnés, l'indication du jour où ils doivent être présentés ou remis par l'élève. / Les textes des devoirs et des contrôles figureront au cahier de textes, sous forme de textes ou de fichiers joints. Il en sera de même du texte des exercices ou des activités lorsque ceux-ci ne figureront pas sur les manuels scolaires. / En ce qui concerne les travaux effectués dans le cadre de groupes, ou de sous-groupes d'élèves de différents niveaux de compétences, et en vue de favoriser un accompagnement plus personnalisé, le contenu de ces activités spécifiques sera également mentionné dans le cahier de textes ". Ce cahier de textes de classe numérique, en vigueur depuis l'année scolaire 2011-2012, constitue un document officiel à valeur juridique devant être en permanence à la disposition des élèves et de leurs responsables légaux, afin de permettre notamment de suivre avec précision la progression des apprentissages.

4. La requête de M. A tend à la suspension de l'exécution de la décision du proviseur du lycée Anita Conti, l'informant de ce qu'il ne ferait pas droit ni ne donnerait suite à sa demande tendant à donner pour consigne aux professeurs de la classe de son fils de renseigner autrement le cahier de textes de classe numérique, et à ce qu'il lui soit enjoint en conséquence, ainsi qu'au recteur de l'académie de Rennes, de prendre toutes mesures pour que les professeurs de la classe de seconde n° 9 au sein de laquelle son fils est scolarisé renseignent conformément aux exigences de cette circulaire le cahier de textes de classe numérique et, en particulier :

- que les professeurs d'histoire-géographie, d'enseignement moral et civique, de sciences économiques et sociales, d'anglais, d'espagnol, de mathématiques, de sciences numériques et technologiques, de physique-chimie, de sciences de la vie et de la terre et d'éducation physique et sportive renseignent le contenu des séances ;

- que les professeurs d'histoire-géographie, d'anglais, d'espagnol, de mathématiques, de sciences numériques et technologiques, de physique-chimie et de sciences de la vie et de la terre renseignent le travail à effectuer accompagné de tout document, ressource ou conseil sous forme de textes, de fichiers joints ou de liens ;

- que les professeurs d'histoire-géographie, d'enseignement moral et civique, de sciences économiques et sociales, d'anglais, d'espagnol, de mathématiques, de sciences numériques et technologiques, de physique-chimie et de sciences de la vie et de la terre renseignent les textes des devoirs et des contrôles ;

- que les professeurs d'histoire-géographie, d'enseignement moral et civique, de sciences économiques et sociales, d'anglais, d'espagnol, de mathématiques, de sciences numériques et technologiques, de physique-chimie et de sciences de la vie et de la terre renseignent les textes des exercices ou des activités lorsqu'ils ne figurent pas dans les manuels scolaires.

6. Au soutien de son argumentation, pour justifier tant le bien-fondé de ses demandes que l'existence d'une situation d'urgence, M. A expose qu'il a vainement tenté d'obtenir de certains des professeurs, de la professeure principale de son fils et du chef d'établissement que ces mesures soient prises et que leur carence persistante à correctement renseigner le cahier de textes de classe numérique préjudicie à sa bonne et complète information relative à la scolarité de son fils et l'empêche de suivre avec précision la progression de ses apprentissages ainsi que les devoirs et contrôles à réaliser, alors même que son fils est en situation d'échec scolaire, par manque d'investissement et de travail, que l'année de seconde est charnière et primordiale en termes d'orientation scolaire et professionnelle et qu'elle est bien entamée.

7. S'il ressort des pièces transmises à l'appui de la requête, notamment des échanges de M. A avec les professeurs de son fils, que certains des documents devant être versés ou renseignés dans le cahier de textes de classe numérique ne l'ont été, ponctuellement, que dans une autre application, " Pearltrees ", accessible en principe aux seuls élèves, aucune des pièces du dossier ne corrobore toutefois les allégations de l'intéressé selon lesquelles ce cahier de textes de classe numérique ne serait pas renseigné correctement ni conformément aux exigences de la circulaire précitée, dans une mesure telle que serait caractérisée une méconnaissance par l'établissement de ses obligations, laquelle ne saurait résulter que de l'omission ponctuelle de déposer certains des documents requis. S'il est à cet égard constant que le contenu des séances n'a pas été renseigné par le professeur de sciences économiques et sociales depuis le 29 novembre 2024, les pièces du dossier n'établissent pas que l'omission, à la supposer établie pour le mois de décembre 2024, a persisté au-delà. Par ailleurs, les seules captures d'écran produites n'établissent pas que les documents évoqués (croquis, fiche méthode, fiches d'exercice, etc.) ne sont pas accessibles aux parents, le cas échéant sur un autre support, alors même qu'il en ressort qu'à l'exclusion de l'enseignement moral et civique, un onglet " voir le cours " est systématiquement actif sur les pages " travail à faire à la maison " et que les pages " contenus et ressources pédagogiques " comportent souvent un onglet actif " travail à faire ". La seule circonstance que certains devoirs sur table, notamment de mathématiques du 18 octobre 2024 ou d'histoire-géographie du 7 octobre 2024, n'aient pas été déposés ne saurait non plus suffire à établir l'irrégularité alléguée dans la tenue du cahier de textes de classe numérique par les professeurs du fils de M. A, alors même, au surplus, que ces éléments lui sont nécessairement accessibles sur papier une fois les copies corrigées et rendues aux élèves. Enfin, si le cahier de textes de classe numérique doit en principe être renseigné en français, le fait que le professeur d'espagnol renseigne les devoirs à faire dans la langue enseignée ne rend pas son contenu irrégulier en la forme. Il ne résulte ainsi pas de l'instruction que les seules omissions ponctuelles, par certains professeurs du fils de M. A, à renseigner ou déposer certains des documents évoqués dans la circulaire précitée du 6 septembre 2010 caractérisent une méconnaissance de ses dispositions et il n'en résulte pas davantage que les moyens soulevés dans la requête, tirés du vice de forme, de l'erreur de fait et de l'erreur de droit, soient de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision du proviseur du lycée Anita Conti du 15 octobre 2024 refusant de donner une suite favorable à la demande de l'intéressé, tendant à ce que consigne soit donnée aux professeurs de la classe de son fils de modifier leur pratique et la manière dont ils renseignent régulièrement ce cahier de textes de classe numérique, la circonstance éventuelle que le proviseur ait à tort cru que l'intéressé demandait que l'intégralité des cours y soit déposée restant en tout état de cause sans incidence et insusceptible d'entacher la décision en cause d'erreur manifeste d'appréciation.

8. Il résulte de ce qui précède que l'une des conditions auxquelles les dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative subordonnent la suspension d'une décision administrative n'est pas satisfaite. Les conclusions de M. A tendant à la suspension de l'exécution de la décision du proviseur du lycée Anita Conti du 15 octobre 2024 ne peuvent, par suite et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la recevabilité de la requête ni sur la condition tenant à l'urgence, qu'être rejetées.

Sur les conclusions aux fins d'injonction :

9. La présente ordonnance n'appelle aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions aux fins d'injonction présentées par M. A ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'État qui n'est pas, dans la présente instance, partie perdante, la somme que M. A demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, au lycée Anita Conti et à la ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche.

Copie en sera transmise pour information à la rectrice de l'académie de Rennes.

Fait à Rennes, le 14 avril 2025.

Le juge des référés,

signé

O. ThielenLa greffière,

signé

P. Lecompte

La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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