LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2501955

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2501955

jeudi 17 avril 2025

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2501955
TypeDécision
Avocat requérantSOCIETE D'AVOCATS LEXCAP

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Rennes a été saisi en référé par la société Free Mobile pour demander la suspension de la décision du maire de Plumergat du 22 janvier 2025, qui s'opposait à une déclaration préalable pour l'installation d'une antenne-relais de téléphonie mobile. La société invoquait l'urgence liée à ses obligations de couverture du territoire et un doute sérieux sur la légalité des motifs de refus, fondés sur les articles B.2.1 et B.2.4 du règlement du plan local d'urbanisme (PLU) en zone naturelle. La commune de Plumergat contestait l'urgence, arguant que le territoire était déjà couvert et qu'il existait un intérêt public à préserver l'environnement. Le juge des référés a rejeté la requête, estimant que la condition d'urgence n'était pas satisfaite, la société Free Mobile ne démontrant pas un préjudice suffisamment grave et immédiat, et a mis à sa charge les frais de justice.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 28 mars 2025, et un mémoire, enregistré le 10 avril 2025 à 10h10, la société Free Mobile, représentée par Me Pascal Martin, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 22 janvier 2025 par laquelle le maire de Plumergat s'est opposé à la déclaration préalable déposée le 24 décembre 2024 pour l'installation, sur la parcelle cadastrée section XB n° 13, d'une antenne-relais de radiotéléphonie mobile ;

2°) d'enjoindre au maire de cette commune :

- à titre principal, de prendre une décision de non-opposition dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;

- à titre subsidiaire, de procéder à une nouvelle instruction de la déclaration préalable et de prendre une nouvelle décision dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Plumergat, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, la somme de 5 000 euros au titre des frais de justice exposés.

Elle soutient que :

- il est justifié d'une urgence à suspendre l'exécution de la décision attaquée : compte tenu de l'intérêt public qui s'attache à la couverture du territoire de la commune par les réseaux de radiotéléphonie mobile 3G et 4G de la société Free Mobile et de ses engagements vis-à-vis de l'État concernant le taux de couverture et le délai de réalisation ou d'atteinte de ce taux, la décision attaquée, qui fait obstacle à l'implantation d'une antenne-relais lui cause un préjudice suffisamment grave et immédiat, cette station étant nécessaire au déploiement de son réseau puisque la partie de territoire communal sur laquelle elle doit être implantée n'est pas couverte pas ses réseaux 3G et 4G au moyen de ses installations ;

- la condition liée à l'existence d'un moyen propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision dont la suspension est sollicitée est satisfaite :

· les deux motifs de la décision attaquée, fondés respectivement sur l'article B.2.1 et sur l'article B.2.4 du règlement du plan local d'urbanisme (PLU) de Plumergat applicable en zone naturelle, sont entachés d'erreur de droit dès lors que ces articles ne sont pas opposables au projet en litige en vertu de l'article 7 des dispositions générales du règlement de ce PLU ;

· le premier motif est entaché d'une double erreur de fait puisque, d'une part, le projet induit la réalisation d'un simple débroussaillage et non d'un défrichement, d'autre part, la parcelle d'assiette de ce projet ne fait pas partie d'une ceinture verte intégrant des espaces boisés classés ;

· ce même motif procède également d'une erreur d'appréciation quant à l'existence d'une atteinte à l'intérêt écologique des lieux ;

· le second motif procède d'une erreur d'appréciation dès lors que la parcelle d'assiette du projet ne s'inscrit dans aucun périmètre protégé ; le secteur dans lequel le projet doit s'implanter ne présente pas de caractéristiques susceptibles de lui conférer un intérêt pouvant le rendre incompatible avec l'implantation de cette antenne-relais, dont le pylône est en treillis ; ce secteur présente une certaine hétérogénéité et son supposé intérêt est affecté par la présence de nombreux pylônes électriques et téléphoniques ;

· à titre subsidiaire, une prescription aurait pu permettre d'assurer le respect des dispositions en cause, qui présentent un caractère permissif ; l'autorité ayant pris la décision attaquée n'a pas recherché si l'édiction de prescriptions spéciales pouvait assurer la conformité du projet à ces dispositions.

Par un mémoire en défense, enregistré le 9 avril 2025, la commune de Plumergat, représentée par Me Vincent Lahalle, demande au tribunal de rejeter les conclusions présentées par la société Free Mobile et de mettre à sa charge, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, la somme de 3 000 euros au titre des frais de justice exposés.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence n'est pas satisfaite :

· il n'est pas contesté que l'intérêt public s'attachant à la couverture d'un territoire donné par un réseau de radiotéléphonie mobile peut justifier l'existence d'une situation d'urgence, mais, lorsqu'un territoire est, comme en l'espèce, déjà couvert par un tel réseau, l'implantation de nouvelles antennes, même si celles-ci ont pour objet d'assurer un meilleur service, ne répond à aucun caractère d'urgence ; la société Free Mobile dispose d'antennes-relais 3G et 4G sur les pylônes installés 19 Lenuez et lieu-dit le Gouach, implantés sur le territoire de la commune ;

· il existe un intérêt public pour la commune à éviter tous travaux même autorisés à titre provisoire dès lors que la zone au sein de laquelle la société Free Mobile souhaite implanter l'antenne-relais est classée en zone naturelle et est répertoriée au titre de la carte forestière établie par l'Institut national de l'information géographique et forestière et que l'installation de cette antenne, même à titre provisoire, entraînerait le défrichement d'une partie de la parcelle tout comme l'artificialisation de sols ; il existe une urgence à préserver l'environnement naturel, écologique et paysager du secteur envisagé, et ce conformément au règlement du PLU applicable au sein de la zone ;

- aucun des moyens soulevés n'est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision dont la suspension est sollicitée :

· les motifs fondés sur les articles B.2.1 et B.2.4 du règlement du PLU applicable en zone naturelle ne sont pas entachés d'erreur de droit dès lors que l'article 7 des dispositions générales du PLU s'applique sauf en cas de dispositions particulières dans les différents articles des règlements de la zone et de telles dispositions apparaissent au sein des articles A1 et A2 du règlement du PLU applicable en zone naturelle ; à supposer même que les dispositions du règlement du PLU n'auraient pas été applicables, ces dispositions ne sont que la reprise de celles de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme qui est d'ordre public ;

· le projet implique bien un défrichement d'une partie de la parcelle au sens de l'article L. 341-1 du code forestier ;

· la parcelle d'implantation du projet fait bien partie d'une ceinture verte, laquelle est constitutive d'un corridor écologique, dès lors qu'elle est classée au titre de la carte forestière, quand bien même il ne s'agit pas d'espaces boisés classés ; cette parcelle s'inscrit plus largement dans un site de qualité dès lors qu'elle est classée en zone naturelle, ce qui démontre la sensibilité de la zone, qu'elle se trouve à l'intersection de deux corridors écologiques, qu'elle est incluse dans l'unité Paysagère " Rivières d'Auray " identifiée par l'Atlas des Paysages du Morbihan, faisant plus précisément partie intégrante de la Vallée du Loc'h, élément à valoriser et à protéger, et qu'elle est située au cœur d'un écrin naturel et paysager et entouré d'éléments protégés bâtis, notamment le hameau de Mangoëro, et non bâtis à proximité immédiate ;

· le projet est de nature tant à porter une atteinte à l'intérêt écologique des lieux qu'à l'unité paysagère d'ensemble et à la préservation des espaces naturels et aux lieux avoisinants, notamment ceux classés au titre de l'article L. 151-19 du code de l'urbanisme.

Par un mémoire en intervention, enregistré le 9 avril 2025, Mme K et M. A I, Mme B et M. E AC, Mme W et M. C AA, Mme T et M. M Q, Mme O AB, Mme U Y, Mme N S et M. P V, Mme R J et M. AE H, Mme X D, MM. Bernard et Sacha Garett-Cox, M. M AB, MM. Guy et Fabrice H, ainsi que Mme F L et M. G AD, représentés par Me Esther Collet, interviennent au soutien des conclusions présentées par la commune de Plumergat et demandent de mettre à la charge de la société Free Mobile, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, la somme de 2 500 euros au titre des frais de justice exposés.

Vu :

- les autres pièces du dossier.

- la requête enregistrée le 17 mars 2025 sous le n° 2501688 par laquelle la société Free Mobile demande l'annulation de la décision dont la suspension de l'exécution est sollicitée.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code forestier ;

- le code de justice administrative ;

Le président du tribunal a désigné M. David Labouysse, vice-président, pour exercer les fonctions de juge des référés, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour et de l'heure de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 10 avril 2025 :

- le rapport de M. Z,

- les observations de Me Jeanne Candelier, substituant Me Martin, représentant la société Free Mobile, qui reprend les mêmes conclusions et les mêmes moyens ;

· s'agissant de l'intervention, elle exprime un doute quant à sa recevabilité dès lors qu'elle ne dispose pas d'informations concernant la présentation d'un mémoire en intervention dans le cadre de l'instance au fond ; n'ayant pas la qualité de partie, aucun des intervenants ne peut demander une somme au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;

· s'agissant de l'urgence : elle ajoute que les cartes produites en défense afin d'établir l'existence d'une couverture suffisante par les réseaux ne sont pas probantes dès lors qu'elles n'ont pas le même degré de précision que celles produites à l'appui de la requête puisque les échelles utilisées sont plus grandes et que les utilisateurs et les obstacles ne sont pas pris en compte ; les autres stations évoquées en défense ne permettront pas de satisfaire l'objectif poursuivi par l'implantation de l'antenne-relais en cause concernant la résorption du déficit de couverture dès lors qu'elles sont trop éloignées du territoire concerné ;

· s'agissant de l'erreur de droit entachant les deux motifs d'opposition : les deux articles invoqués du règlement du PLU sont bien inapplicables dès lors qu'il n'existe pas de dispositions législatives particulières indiquant que l'application de l'article 7 des dispositions générales du règlement du PLU serait mise en échec ;

· s'agissant des erreurs d'appréciation : la simple visibilité d'un projet n'induit pas l'existence d'une atteinte ; le seul fait d'invoquer des classements ne suffit pas davantage à caractériser une telle atteinte ; les caractéristiques du bâti au sein du hameau de Mangoëro sont préservées ;

- les observations de Me Raphaëlle Vautier, substituant Me Lahalle, représentant la commune de Plumergat qui reprend les conclusions de son mémoire en défense et les mêmes moyens de défense ; elle ajoute, s'agissant du moyen tiré de l'absence de recherche de mise en œuvre d'une prescription, qu'aucune prescription n'est de nature à remédier à l'incompatibilité du projet au regard des dispositions d'urbanisme.

- les observations de Me Collet, représentant les intervenants en défense, qui conclut aux mêmes fins que celles de leur mémoire, en précisant les circonstances de fait dans lesquelles cette intervention a été produite, en indiquant qu'il est justifié d'un intérêt à intervenir, le mémoire en intervention au fond ayant été produit et en insistant sur l'impact du projet sur le hameau de Mangoëro qui constitue un élément du patrimoine bâti à protéger en vertu de l'article L. 151-19 du code de l'urbanisme.

La parole a de nouveau été donnée à Me Candelier, qui indique qu'elle ne conteste pas l'intérêt des intervenants, puis à Me Vautier et à Me Collet.

La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience en application de l'article R. 522-8 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. La société Free Mobile a déposé, le 24 décembre 2024, auprès des services de la commune de Plumergat, située dans le département du Morbihan, une déclaration préalable portant sur l'implantation, sur une parcelle cadastrée section XB n° 13, d'une antenne-relais de radiotéléphonie mobile. Le projet ayant donné lieu à cette déclaration comporte notamment l'installation d'un pylône en treillis gris galvanisé dont la hauteur au sommet est de 38,34 mètres. Par un arrêté du 22 janvier 2025, la maire de Plumergat a décidé de s'opposer à cette déclaration préalable. La société Free Mobile, qui a demandé l'annulation de cette décision, demande au juge des référés de prononcer, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de son exécution jusqu'à ce qu'il soit statué sur sa requête en annulation.

Sur l'intervention :

2. Dès lors qu'au moins l'un des intervenants est recevable à intervenir, une intervention collective est recevable. Est recevable à former une intervention, toute personne qui justifie d'un intérêt suffisant eu égard à la nature et à l'objet du litige. Il appartient à une personne qui invoque sa qualité d'intervenante de justifier de l'intérêt à intervenir qu'elle avance.

3. Il résulte de l'instruction et n'est pas contesté qu'au moins Mme et M. AA, habitant le hameau de Mangoëro, justifient, compte tenu de la visibilité du pylône depuis leur habitation située à une distance très proche du projet, d'un intérêt suffisant à intervenir au soutien des conclusions présentées par la commune de Plumergat. Ainsi, leur intervention et, par suite, celle des autres intervenants, qui a été présentée par un mémoire distinct et motivé, et qui est l'accessoire de leur mémoire en intervention enregistré dans le cadre de l'instance au fond, est recevable.

Sur les conclusions aux fins de suspension :

4. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation (), le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision () lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. / () La suspension prend fin au plus tard lorsqu'il est statué sur la requête en annulation () de la décision. "

En ce qui concerne la condition d'urgence :

5. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'une décision administrative lorsque son exécution porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation de la requérante ou aux intérêts qu'elle entend défendre. Il appartient au juge des référés, lorsqu'il est saisi d'une demande de suspension de l'exécution d'une décision d'opposition à une déclaration préalable, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par la requérante, si les effets de cette décision sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, son exécution soit suspendue. L'urgence s'apprécie objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, en tenant compte, notamment, des conséquences qui seraient susceptibles de résulter, pour les divers intérêts en présence, de la délivrance d'une décision, présentant nécessairement un caractère provisoire, de non-opposition, assortie, le cas échéant, d'une prescription, prise en exécution de l'ordonnance rendue par le juge des référés.

6. Un intérêt public s'attache à la couverture de l'ensemble du territoire national par les réseaux de radiotéléphonie mobile. La société Free Mobile a pris des engagements vis-à-vis de l'État quant à la couverture de ce territoire par son réseau. En l'espèce, comme cela résulte des cartes qu'elle joint à sa requête, dont la force probante n'est pas remise en cause par celles produites par la commune qui sont d'une précision moindre, le secteur du territoire de la commune de Plumergat, dans lequel doit s'implanter l'antenne-relais en litige, n'est que très partiellement couvert par le réseau de radiotéléphonie mobile 3G et 4G de la société requérante, et le projet en litige contribuera, de manière significative, à résorber ce déficit de couverture. L'intérêt public qui résiderait en l'espèce dans la préservation de l'environnement naturel, écologique et paysager du secteur envisagé n'est pas suffisant, dès lors notamment qu'il résulte de l'instruction que l'implantation de l'antenne-relais en litige est réversible, pour faire échec aux éléments avancés par la société Free Mobile afin de justifier de l'urgence qu'elle invoque. Dès lors, la condition d'urgence exigée par l'article L. 521-1 du code de justice administrative doit être regardée comme remplie.

En ce qui concerne la condition tenant à l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :

7. Aux termes de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme : " Lorsqu'elle annule pour excès de pouvoir un acte intervenu en matière d'urbanisme ou en ordonne la suspension, la juridiction administrative se prononce sur l'ensemble des moyens de la requête qu'elle estime susceptibles de fonder () la suspension, en l'état du dossier. "

8. Pour s'opposer à la déclaration préalable, le maire de Plumergat a retenu deux motifs fondés respectivement sur les dispositions de l'article B.2.1 du règlement du plan local d'urbanisme (PLU) de cette commune, applicable en zone naturelle (N) et sur celles de l'article B.2.4 du même règlement.

9. Aux termes de l'article 7 des dispositions générales du règlement du PLU de Plumergat : " Sauf dispositions particulières exprimées dans les différents articles des règlements de zones, il n'est pas fixé de règles spécifiques en matière d'implantation (), de hauteur, d'aspect extérieur " () pour la réalisation : - d'ouvrages techniques nécessaires au fonctionnement des réseaux d'utilité publique ou d'intérêt collectif () et ce dans la mesure où ils ne sont pas interdits dans les dispositions A.1 du règlement des différentes zones ".

10. L'article A1 du règlement de ce PLU applicable en zone N énonce les usages, affectations des sols, types d'activités et constructions qui sont interdits, lesquels correspondent à ceux qui ne sont pas autorisés par son article A2. Cet article, qui est relatif aux " types d'activités et constructions soumises à conditions particulières ", autorise " les constructions et installations nécessaires au fonctionnement des réseaux publics ou d'intérêt collectif, à condition qu'elles s'intègrent à l'environnement naturel ".

11. L'article B.2.1 du règlement du PLU de Plumergat applicable en zone N dispose : " () Tout projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt écologique ou paysager des lieux avoisinants, ou au petit patrimoine repéré aux alentours ".

12. Le premier alinéa de l'article B.2.4 de ce même règlement reprend les dispositions de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme aux termes desquelles : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales ".

13. Le second alinéa de ce même article B.2.4 dispose : " Les éléments remarquables de patrimoine bâti et paysager repérés au règlement graphique au titre de l'article L. 151-19 () du code de l'urbanisme sont soumis aux dispositions mentionnées en annexe du présent règlement ".

14. Selon l'article L. 151-19 du code de l'urbanisme : " Le règlement peut identifier et localiser les éléments de paysage et identifier, localiser et délimiter les quartiers, îlots, immeubles bâtis ou non bâtis, espaces publics, monuments, sites et secteurs à protéger, à conserver, à mettre en valeur ou à requalifier pour des motifs d'ordre culturel, historique ou architectural et définir, le cas échéant, les prescriptions de nature à assurer leur préservation leur conservation ou leur restauration. () ".

15. Le règlement graphique du PLU de Plumergat identifie, au titre des dispositions de cet article, une partie du hameau de Mangoëro, plus précisément celle qui est située au Nord, comme un secteur de protection du patrimoine. Le projet en litige est situé, non pas dans ce secteur, mais au Sud de ce hameau.

16. Selon les dispositions inscrites au sein de l'annexe 3 au règlement de ce PLU s'appliquant aux éléments remarquables identifiés en application de l'article L. 151-19 du code de l'urbanisme : " Les constructions et extensions de constructions dans les secteurs de protection du patrimoine repérés au règlement graphique au titre de l'article L. 151-19 du code de l'urbanisme doivent : - s'intégrer à leur environnement et être en harmonie avec le bâti existant. - être de forme simple et de teinte discrète, - respecter les volumes, hauteurs et implantations des constructions environnantes, - respecter les caractéristiques du bâti traditionnel (formes, matériaux, dimensionnement des ouvertures, typologie de toitures, parements) ".

17. Dès lors que les dispositions du règlement d'un PLU ont le même objet que celles d'un article du code de l'urbanisme posant les règles nationales d'urbanisme et prévoient des exigences qui ne sont pas moindres, la légalité de la décision attaquée s'approprie par rapport aux seules dispositions du règlement du PLU. En conséquence, le juge exerce un contrôle normal sur la conformité à ces dispositions de la décision attaquée.

18. L'autorité administrative compétente dispose, sans jamais y être tenue, de la faculté de ne pas s'opposer à la déclaration préalable en assortissant sa décision de prescriptions spéciales qui, entraînant des modifications sur des points précis et limités et ne nécessitant pas la présentation d'un nouveau projet, ont pour effet d'assurer la conformité des travaux projetés aux dispositions législatives et réglementaires dont cette autorité est chargée d'assurer le respect. Le pétitionnaire auquel est opposée une décision d'opposition à déclaration préalable ne peut utilement se prévaloir devant le juge de ce que l'autorité administrative compétente aurait dû lui délivrer l'autorisation sollicitée en l'assortissant de prescriptions spéciales.

19. Pour s'opposer, en premier lieu, à la déclaration préalable en retenant que le projet méconnaissait les dispositions précitées de l'article B.2.1 du règlement du PLU applicable en zone N, le maire de Plumergat a estimé que ce projet entraîne le défrichement d'une partie de la parcelle XB 13, laquelle, selon cette autorité, fait partie intégrante d'une ceinture verte comprenant de nombreux espaces boisés classés et essentielle à la préservation des espaces naturels et du cours d'eau situé à proximité, que le site retenu est proche des rives du Loch et de boisements et qu'il est situé à proximité d'un corridor écologique riche d'une faune variée, de sorte que le projet est de nature à porter atteinte à l'intérêt écologique des lieux.

20. Sont propres à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation dont est entaché son premier motif quant à l'existence d'une atteinte à l'intérêt écologique des lieux, ainsi que les moyens mettant en cause les erreurs de fait ayant conduit le maire de Plumergat à estimer qu'il existait en l'espèce un intérêt écologique au sens de l'article B.2.1 du règlement du PLU, tenant, d'une part, à l'existence d'un défrichement qui, selon l'article L. 341-1 du code forestier, consiste en une opération ayant pour effet de détruire l'état boisé d'un terrain, d'autre part, de l'intégration du projet au sein d'une " ceinture verte ".

21. Pour s'opposer, en second lieu, à la déclaration préalable en retenant que le projet méconnaissait les dispositions précitées de l'article B.2.4 de ce même règlement, le maire de Plumergat a estimé que ce projet s'implante dans un secteur au sein duquel de nombreuses zones ont été classées en secteur de protection du patrimoine au titre de l'article L. 151-19 du code de l'urbanisme et sera visible depuis ces espaces identifiés, notamment le hameau de Mangoëro, situé à proximité immédiate, qui, par sa présence contribue à la perception d'un paysage de qualité. Selon le maire de Plumergat, ce projet s'implante également dans un secteur peu construit, très bocager et arboré, de sorte que, compte tenu de la proximité immédiate de sites et secteurs à protéger, à conserver, à mettre en valeur, l'implantation d'un ouvrage métallique massif, constitué par un pylône en treillis, d'une hauteur totale de 38,34 mètres, dénaturera le paysage existant majoritairement et portera atteinte, d'une part, au caractère de ces lieux faisant l'objet d'une protection particulière, d'autre part, à l'unité paysagère d'ensemble et à la préservation des espaces naturels et aux lieux avoisinants, notamment ceux classés au titre de l'article L. 151-19 du code de l'urbanisme.

22. Est également propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation dont est entaché son second motif au regard des dispositions précitées de l'article B.2.4 du règlement du PLU de Plumergat, en l'absence d'atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels, les dispositions précitées de l'annexe 3 au règlement du PLU n'étant en particulier opposables qu'aux seuls projets qu'elles visent qui sont situées dans le secteur protégé correspondant à la partie nord du hameau de Mangoëro.

23. Pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, en l'état du dossier, aucun autre moyen n'est susceptible d'entraîner la suspension de l'exécution de la décision du 22 janvier 2025 par laquelle le maire de Plumergat s'est opposé à la déclaration préalable déposée par la société Free Mobile.

24. Il résulte de tout ce qui précède que la société Free Mobile est fondée à demander au juge des référés qu'il ordonne cette suspension.

Sur les conclusions aux fins d'injonction :

25. Aux termes de l'article L. 511-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire. Il n'est pas saisi du principal () ". Selon l'article L. 911-1 du même code : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public () prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution ".

26. Les dispositions de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme visent à imposer à l'autorité compétente de faire connaître tous les motifs susceptibles de fonder une décision d'opposition à une déclaration préalable.

27. Lorsque le juge des référés prononce la suspension de l'exécution d'une décision administrative, l'autorité administrative compétente ne saurait légalement reprendre la même décision sans qu'il ait été remédié au vice que le juge des référés a pris en considération pour prononcer la suspension. Lorsque le juge des référés a retenu comme propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité d'une décision d'opposition à une déclaration préalable, un moyen dirigé contre les motifs de cette décision, l'autorité administrative ne saurait, eu égard à la force obligatoire de l'ordonnance de suspension, et sauf circonstances nouvelles, s'opposer de nouveau la déclaration préalable en se fondant sur les mêmes motifs.

28. En l'espèce, sont propres à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée des moyens dirigés contre les motifs de cette décision. Devant le juge des référés, la commune de Plumergat n'a pas fait valoir que cette décision pouvait, à la date à laquelle elle a été prise, être légalement justifiée par un autre motif que ceux qui y sont énoncés. Il ne résulte par ailleurs pas de l'instruction, et n'est d'ailleurs pas allégué, que, par suite d'un changement de circonstances depuis la date de la décision en litige, la situation de fait existant à la date du jugement permettrait d'opposer un nouveau motif d'opposition. En conséquence, il y a lieu d'enjoindre au maire de Plumergat de délivrer, à titre provisoire, jusqu'à ce qu'il soit statué sur le recours en annulation, la décision de non-opposition sollicitée par la société Free Mobile dans un délai d'un mois à compter de la notification de la présente ordonnance. Il n'y a pas lieu, en revanche, d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les frais liés au litige :

29. Les intervenants en défense n'ont pas la qualité de partie à cette instance et la commune de Plumergat est la partie perdante dans cette même instance. En conséquence, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la société Free Mobile une quelconque somme au titre des frais de justice que ces intervenants et la commune ont exposés.

30. En revanche, dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de la commune de Plumergat, sur le fondement de ce même article, une somme au titre des frais de justice exposés par la société Free Mobile.

O R D O N N E :

Article 1er : L'intervention en défense de Mme et M. I et des autres intervenants est admise.

Article 2 : L'exécution de la décision du 22 janvier 2025 par laquelle le maire de Plumergat s'est opposé à la déclaration préalable déposée par la société Free Mobile pour l'installation d'une antenne-relais de radiotéléphonie mobile sur la parcelle cadastrée section XB n° 13 est suspendue.

Article 3 : Il est enjoint au maire de Plumergat de délivrer, à titre provisoire, une décision de non-opposition à cette déclaration préalable dans le délai d'un mois suivant la notification de la présente ordonnance.

Article 4 : Les autres conclusions présentées par la société Free Mobile sont rejetées.

Article 5 : Les conclusions présentées par la commune de Plumergat au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 6 : Les conclusions présentées par Mme et M. I et les autres intervenants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 7 : La présente ordonnance sera notifiée à la société Free Mobile, à la commune de Plumergat, ainsi qu'à Mme K et M. A I, premiers dénommés, pour l'ensemble des intervenants en application de l'article R. 751-3 du code de justice administrative.

Fait à Rennes, le 17 avril 2025

Le juge des référés,

signé

D. ZLa greffière d'audience,

signé

A. Gauthier

La République mande et ordonne au préfet du Morbihan en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

← Retour aux décisions