Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 19 décembre 2025, M. A... G..., demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) d’ordonner au centre hospitalier régional universitaire (CHRU) de Rennes de suspendre l’arrêt des soins, programmé le samedi 20 décembre 2025, concernant sa mère, Mme F... G... ;
2°) d’enjoindre au CHRU de Rennes :
de maintenir l’ensemble des soins en cours, y compris la poursuite de la dialyse par remise en place d’un cathéter adapté ;
de poursuivre la poursuite encadrée du traitement antibiotique et antifongique pour une durée minimale de quinze jours afin d’en évaluer l’efficacité ;
de communiquer par écrit l’intégralité des éléments de la procédure collégiale ainsi que l’avis du consultant extérieur.
Il soutient que :
l’urgence est caractérisée compte-tenu de l’annonce orale faite à la famille le 18 décembre 2025 de ce que l’arrêt des soins de Mme F... G... était programmé pour le samedi 20 décembre 2025 ;
la décision d’arrêts des soins porte une atteinte grave et manifestement illégale au droit au respect de la vie, au droit à l’information et au droit à un recours effectif :
la procédure collégiale écrite n’a pas été respectée ; l’avis d’un médecin consultant extérieur n’a pas été recueilli ; aucun document écrit ne permet de justifier du respect de la procédure imposée par le code de la santé publique ;
depuis la mise en place d’une nouvelle stratégie thérapeutique, sa mère présente des signes d’amélioration clinique, laissant apparaître une possible réponse aux traitements ; la thérapie doit être poursuivie pendant une période de quinze jours, comme prévu initialement, afin d’évaluer son efficacité ; sa dialyse a été interrompue sans justification écrite.
La procédure a été communiquée au CHRU de Rennes, représenté par Me Chainay, qui a produit des pièces enregistrées le 19 décembre 2025 à 15 h 31.
La procédure a été communiquée à Mme E... B... qui n’a pas produit d’observations écrites.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- la décision du Conseil constitutionnel n° 2017-632 QPC du 2 juin 2017 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Tronel, vice-président, Mme Thalabard, première conseillère, et M. Bouju, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé et décidé que la nature de l’affaire justifiait qu’elle soit jugée, en application du troisième alinéa de l’article L. 511-2 du code de justice administrative, par une formation composée de trois juges des référés.
Les parties ont été régulièrement averties du jour et de l’heure de l'audience.
Ont été entendus au cours de l’audience publique du 19 décembre 2024, en présence de M. Josserand, greffier :
- le rapport de M. Bouju ;
- les observations de M. G..., par l’intermédiaire d’un système de visio-conférence, qui reprend ses écritures et explique que :
il ne souhaite pas un acharnement thérapeutique mais seulement la poursuite de l’antibiothérapie récemment mise en place pour une durée de quinze jours afin de déterminer son efficacité ;
l’arrêt des traitements lui a été annoncé le 18 décembre, sans qu’on lui communique les éléments nécessaires pour vérifier le respect de la procédure collégiale, notamment la concertation des membres de l’équipe de soins et l’avis du médecin extérieur ;
il a prévu de se déplacer d’ici 48 heures au chevet de sa mère et de rencontrer l’équipe médicale ;
sa mère a pu faire part de sa volonté d’éviter tout acharnement thérapeutique lorsqu’elle craignait être atteinte d’un cancer du poumon ;
- les observations de Me Chainay, représentant le CHRU de Rennes, qui explique que :
Mme G... est hospitalisée depuis 34 jours en raison de plusieurs pathologies dont une cardiopathie, une pneumopathie sévère, un problème hépatique et un problème rénal ; après concertation des membres de l’équipe soignante, consultation d’un médecin extérieur et rapprochement avec la fille et le fils de la patiente, la décision a été prise d’arrêter les traitements ; face à l’opposition manifestée par M. G..., fils de la patiente, il a finalement été décidé de maintenir l’ensemble des traitements, au moins jusqu’à ce que celui-ci puisse venir voir sa mère et rencontrer l’équipe médicale ; l’établissement s’engage à maintenir l’ensemble des traitements ; il n’y a donc plus lieu de statuer sur les conclusions aux fins de suspension de la décision d’arrêt des traitements ;
les conclusions tendant à ce que soit ordonné le maintien de certains soins et traitements ne relèvent pas de l’office du juge des référés mais d’une appréciation purement médicale ;
M. G... n’est pas recevable à solliciter la communication du dossier médical de sa mère qui est toujours en vie et qui bénéficie du secret médical ;
- et les observations de Mme B..., fille de Mme F... G..., qui confirme avoir été désignée par sa mère comme personne de confiance et qui explique que :
l’antibiothérapie n’a jamais été interrompue et la dialyse, qui avait été suspendue en raison de la faible tension de sa mère, a été remise en place ce jour ;
sa mère est sédatée et ne réagit plus ; elle a été replongée en coma artificiel depuis le début de la semaine ; en raison d’un comportement assez réfractaire aux soins, notamment au masque à oxygène, il a été nécessaire de l’intuber pour assurer sa ventilation et son oxygénation ; les tentatives d’extubation ont échoué ; elle est intubée de manière ininterrompue depuis quatre semaines ; son état de conscience est très incertain depuis quatre semaines également ;
sa mère a fait part de sa volonté de ne pas subir d’acharnement thérapeutique.
La clôture d’instruction a été différée au lundi 22 décembre 2025 à 18 heures.
Des observations, présentées pour le CHRU de Rennes, ont été enregistrées le 22 décembre 2025.
Des observations, présentées par M. G..., ont été enregistrées le 22 décembre 2025.
Considérant ce qui suit :
Sur l’office du juge des référés :
Aux termes de l’article L. 521-2 du code de justice administrative : « Saisi d’une demande en ce sens justifiée par l’urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d’une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d’un service public aurait porté, dans l’exercice d’un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale (…). ». En vertu de ces dispositions, le juge administratif des référés, saisi d’une demande justifiée par une urgence particulière, peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d’une liberté fondamentale à laquelle une autorité administrative aurait porté une atteinte grave et manifestement illégale. Ces dispositions législatives confèrent au juge des référés, qui statue, en vertu de l’article L. 511-1 du code de justice administrative, par des mesures qui présentent un caractère provisoire le pouvoir de prendre, dans les délais les plus brefs et au regard de critères d’évidence, les mesures de sauvegarde nécessaires à la protection des libertés fondamentales.
Toutefois, il appartient au juge des référés d’exercer ses pouvoirs de manière particulière lorsqu’il est saisi, sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, d’une décision, prise par un médecin, dans le cadre défini par le code de la santé publique, et conduisant à arrêter ou à ne pas mettre en œuvre, au titre du refus de l’obstination déraisonnable, un traitement qui apparaît inutile ou disproportionné ou sans autre effet que le seul maintien artificiel de la vie, dans la mesure où l’exécution de cette décision porterait de manière irréversible une atteinte à la vie. Il doit alors prendre les mesures de sauvegarde nécessaires pour faire obstacle à son exécution lorsque cette décision pourrait ne pas relever des hypothèses prévues par la loi, en procédant à la conciliation des libertés fondamentales en cause, qui sont le droit au respect de la vie et le droit du patient de consentir à un traitement médical et de ne pas subir un traitement qui serait le résultat d’une obstination déraisonnable.
Sur le cadre juridique applicable au litige :
Aux termes de l’article L. 1110-1 du code la santé publique : « Le droit fondamental à la protection de la santé doit être mis en œuvre par tous moyens disponibles au bénéfice de toute personne. (…) ». L’article L. 1110-2 de ce code dispose que : « La personne malade a droit au respect de sa dignité ».
Aux termes de l’article L. 1110-5 du même code : « Toute personne a, compte tenu de son état de santé et de l'urgence des interventions que celui-ci requiert, le droit de recevoir, sur l'ensemble du territoire, les traitements et les soins les plus appropriés et de bénéficier des thérapeutiques dont l'efficacité est reconnue et qui garantissent la meilleure sécurité sanitaire et le meilleur apaisement possible de la souffrance au regard des connaissances médicales avérées. Les actes de prévention, d'investigation ou de traitements et de soins ne doivent pas, en l'état des connaissances médicales, lui faire courir de risques disproportionnés par rapport au bénéfice escompté (...) ». Aux termes de l’article L. 1110-5-1 du même code : « Les actes mentionnés à l'article L. 1110-5 ne doivent pas être mis en œuvre ou poursuivis lorsqu'ils résultent d'une obstination déraisonnable. Lorsqu'ils apparaissent inutiles, disproportionnés ou lorsqu'ils n'ont d'autre effet que le seul maintien artificiel de la vie, ils peuvent être suspendus ou ne pas être entrepris, conformément à la volonté du patient et, si ce dernier est hors d'état d'exprimer sa volonté, à l'issue d'une procédure collégiale définie par voie réglementaire (…) ». Aux termes de l'article L. 1111-4 du même code : « (…) Lorsque la personne est hors d'état d'exprimer sa volonté, la limitation ou l'arrêt de traitement susceptible d'entraîner son décès ne peut être réalisé sans avoir respecté la procédure collégiale mentionnée à l'article L. 1110-5-1 et les directives anticipées ou, à défaut, sans que la personne de confiance prévue à l'article L. 1111-6 ou, à défaut la famille ou les proches, aient été consultés. La décision motivée de limitation ou d'arrêt de traitement est inscrite dans le dossier médical (…) ».
Par ailleurs, l’article L. 1111-11 de ce code dispose que : « Toute personne majeure peut rédiger des directives anticipées pour le cas où elle serait un jour hors d'état d'exprimer sa volonté. Ces directives anticipées expriment la volonté de la personne relative à sa fin de vie en ce qui concerne les conditions de la poursuite, de la limitation, de l'arrêt ou du refus de traitement ou d'acte médicaux. / À tout moment et par tout moyen, elles sont révisables et révocables. Elles peuvent être rédigées conformément à un modèle dont le contenu est fixé par décret en Conseil d'Etat pris après avis de la Haute Autorité de santé. Ce modèle prévoit la situation de la personne selon qu'elle se sait ou non atteinte d'une affection grave au moment où elle les rédige. / Les directives anticipées s'imposent au médecin pour toute décision d'investigation, d'intervention ou de traitement, sauf en cas d'urgence vitale pendant le temps nécessaire à une évaluation complète de la situation et lorsque les directives anticipées apparaissent manifestement inappropriées ou non conformes à la situation médicale. / La décision de refus d'application des directives anticipées, jugées par le médecin manifestement inappropriées ou non conformes à la situation médicale du patient, est prise à l'issue d'une procédure collégiale définie par voie réglementaire et est inscrite au dossier médical. Elle est portée à la connaissance de la personne de confiance désignée par le patient ou, à défaut, de la famille ou des proches. (...) ».
Enfin, aux termes de l’article R. 4127-37-2 du même code : « I. - La décision de limitation ou d'arrêt de traitement respecte la volonté du patient antérieurement exprimée dans des directives anticipées. Lorsque le patient est hors d'état d'exprimer sa volonté, la décision de limiter ou d'arrêter les traitements dispensés, au titre du refus d'une obstination déraisonnable, ne peut être prise qu'à l'issue de la procédure collégiale prévue à l'article L. 1110-5-1 et dans le respect des directives anticipées et, en leur absence, après qu'a été recueilli auprès de la personne de confiance ou, à défaut, auprès de la famille ou de l'un des proches le témoignage de la volonté exprimée par le patient. / II. – Le médecin en charge du patient peut engager la procédure collégiale de sa propre initiative. (...) / La personne de confiance ou, à défaut, la famille ou l'un des proches est informé, dès qu'elle a été prise, de la décision de mettre en œuvre la procédure collégiale. / III. - La décision de limitation ou d'arrêt de traitement est prise par le médecin en charge du patient à l'issue de la procédure collégiale. Cette procédure collégiale prend la forme d'une concertation avec les membres présents de l'équipe de soins, si elle existe, et de l'avis motivé d'au moins un médecin, appelé en qualité de consultant. Il ne doit exister aucun lien de nature hiérarchique entre le médecin en charge du patient et le consultant. L'avis motivé d'un deuxième consultant est recueilli par ces médecins si l'un d'eux l'estime utile. (...) / IV. - La décision de limitation ou d'arrêt de traitement est motivée. La personne de confiance, ou, à défaut, la famille, ou l'un des proches du patient est informé de la nature et des motifs de la décision de limitation ou d'arrêt de traitement. La volonté de limitation ou d'arrêt de traitement exprimée dans les directives anticipées ou, à défaut, le témoignage de la personne de confiance, ou de la famille ou de l'un des proches de la volonté exprimée par le patient, les avis recueillis et les motifs de la décision sont inscrits dans le dossier du patient ».
Il résulte de l’ensemble de ces dispositions, ainsi que de l’interprétation que le Conseil constitutionnel en a donnée dans sa décision n° 2017-632 QPC du 2 juin 2017, qu’il appartient au médecin en charge d’un patient, lorsque celui-ci est hors d’état d’exprimer sa volonté, d’arrêter ou de ne pas mettre en œuvre, au titre du refus de l’obstination déraisonnable, les traitements qui apparaissent inutiles, disproportionnés ou sans autre effet que le seul maintien artificiel de la vie. En pareille hypothèse, le médecin ne peut prendre une telle décision qu’à l’issue d’une procédure collégiale, destinée à l’éclairer sur le respect des conditions légales et médicales d’un arrêt du traitement.
Pour l’application de ces dispositions, la ventilation mécanique, l’épuration extra-rénale ainsi que l’alimentation et l’hydratation artificielles sont au nombre des traitements susceptibles d’être arrêtés lorsque leur poursuite traduirait une obstination déraisonnable. Cependant, la seule circonstance qu’une personne soit dans un état irréversible d’inconscience ou, à plus forte raison, de perte d’autonomie la rendant tributaire d’un tel mode de suppléance des fonctions vitales ne saurait caractériser, par elle-même, une situation dans laquelle la poursuite de ce traitement apparaîtrait injustifiée au nom du refus de l’obstination déraisonnable.
Pour apprécier si les conditions d’un arrêt des traitements de suppléance des fonctions vitales sont réunies s’agissant d’un patient, qui se trouve dans un état végétatif ou dans un état de conscience minimal le mettant hors d’état d’exprimer sa volonté et dont le maintien en vie dépend de ces modes de ventilation, d’alimentation et d’hydratation, le médecin en charge doit se fonder sur un ensemble d’éléments, médicaux et non médicaux, dont le poids respectif ne peut être prédéterminé et dépend des circonstances particulières à chaque patient, le conduisant à appréhender chaque situation dans sa singularité. Les éléments médicaux doivent couvrir une période suffisamment longue, être analysés collégialement et porter notamment sur l’état actuel du patient, sur l’évolution de son état depuis la survenance de l’accident ou de la maladie, sur sa souffrance et sur le pronostic clinique.
Une attention particulière doit être accordée à la volonté que le patient peut avoir exprimée, par des directives anticipées ou sous une autre forme. A défaut de directives anticipées, le médecin doit prendre sa décision après consultation de la personne de confiance désignée par le patient ou, à défaut, de sa famille et de ses proches ainsi que, le cas échéant, de son ou ses tuteurs.
Sur le litige :
Il résulte de l’instruction qui s’est poursuivie à l’audience et après celle-ci, que Mme F... G..., née le 7 juin 1951, a été admise au CHRU de Rennes le 13 novembre 2025, en raison d’une insuffisance respiratoire aiguë due à une pneumopathie sévère, associée à d’autres pathologies dont une cardiopathie, une insuffisance rénale et hépatique. Prise en charge par le service de réanimation de l’établissement, son état de santé a nécessité une intubation et une ventilation mécanique qui se prolongent depuis quatre semaines. Selon sa fille, son état de conscience est incertain depuis plusieurs semaines. Elle est actuellement sédatée depuis plusieurs jours. Après concertation avec les membres de l’équipe médicale du service de réanimation et avis d’un médecin extérieur à ce service, spécialiste en pneumologie, et après avoir recueilli l’accord de Mme B..., fille et personne de confiance de la patiente, le médecin référent a pris, le 18 décembre 2025, la décision d’arrêter les traitements et de mettre en œuvre une démarche palliative. Informé par téléphone, M. G..., fils de la patiente, a manifesté son désaccord avec cette décision et a saisi le juge des référés sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative.
En raison de l’opposition ainsi manifestée par M. G..., il a été décidé, le 19 décembre 2025, de ne pas mettre en œuvre la décision d’arrêt des soins et de poursuivre l’ensemble des traitements de la patiente, au moins jusqu’à ce que M. G... puisse se porter au chevet de sa mère et échanger avec l’équipe médicale. Le dimanche 21 décembre 2025, M. G... a pu voir sa mère et s’entretenir avec l’équipe soignante. Au cours de cet entretien, qui s’est également déroulé en présence de Mme B..., des explications ont été données quant aux soins et traitements reçus par sa mère, quant à la procédure et à la décision de limitation et d’arrêt des traitements qui a été prise et quant à l’avis de l’équipe soignante qui estime que le traitement actuel est disproportionné, n’a d’effet que le seul maintien artificiel de la vie et qu’aucune évolution positive n’est envisageable en raison de la dégradation de son état clinique marqué par la persistance d’un syndrome infectieux et la défaillance de plusieurs organes. A la suite de cet entretien, M. G... a informé les juges des référés du tribunal de ce qu’il avait conscience des perspectives extrêmement limitées d’évolution favorable de l’état de santé de sa mère et qu’il souhaitait éviter toute obstination déraisonnable et de ce qu’une solution intermédiaire avait été trouvée et validée par l’équipe médicale, consistant à poursuivre l’antibiothérapie en cours jusqu’au samedi 27 décembre puis à procéder à une nouvelle évaluation de son état clinique afin de décider alors d’une orientation en faveur d’une prise en charge palliative. Dans ces circonstances, et compte-tenu notamment de ces derniers éléments qui révèlent que la décision d’arrêt des soins prise le 18 décembre 2025 ne sera pas mise en œuvre dans l’immédiat et que la prise en charge thérapeutique se poursuit et doit donner lieu, dans quelques jours, à une nouvelle appréciation de l’évolution de l’état de santé de la patiente afin de décider de la conduite à tenir, il n’y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. G... tendant à la suspension immédiate de l’exécution de cette décision d’arrêt des soins de sa mère.
Par ailleurs, le CHRU de Rennes a transmis, dans le cadre de l’instruction de la présente instance, les extraits du dossier médical de Mme G... permettant d’établir la mise en œuvre de la procédure collégiale, le recueil de l’avis d’un médecin extérieur au service et les motifs ayant conduit à la décision de limitation et d’arrêt des soins du 18 décembre 2025. Par suite, il n’y a plus de statuer sur les conclusions de la requête de M. G... tendant à ce que lui soit communiqué par écrit l’intégralité des éléments de la procédure collégiale ainsi que l’avis du consultant extérieur.
Enfin, eu égard à son office, il n’appartient pas au juge des référés, saisi sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, de déterminer les soins et traitements que requiert l’état de santé de la patiente. En tout état de cause, ainsi qu’il a été dit précédemment, il résulte de l’instruction que les soins et traitements en cours de Mme G... se sont poursuivis et vont se poursuivre, au moins, jusqu’à la fin de la semaine en cours. Par suite, il n’y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. G... tendant à ce qu’il soit enjoint au CHRU de Rennes de poursuivre les soins en cours.
Il résulte de tout ce qui précède qu’il n’y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. G....
O R D O N N E :
Article 1er : Il n’y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. G....
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... G..., à Mme E... B... et au centre hospitalier régional universitaire de Rennes.
Délibéré à l’issue de l’audience du 19 décembre 2025, à laquelle siégeaient :
M. Nicolas Tronel, vice-président du tribunal, présidant,
Mme Marie Thalabard, première conseillère, juge des référés,
M. David Bouju, premier conseiller, juge des référés.
Fait à Rennes, le 23 décembre 2025.
Le juge des référés, présidant,
signé
N. Tronel
La République mande et ordonne à la ministre de la Santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.