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AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2600381

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2600381

mardi 3 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2600381
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Rennes a été saisi par Mme B... d’un litige relatif au taux de son allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE) attribué par France Travail. Le juge a constaté que ce contentieux, portant sur l’attribution et le calcul d’une prestation relevant du régime conventionnel d’assurance chômage, relève de la compétence exclusive du juge judiciaire. En application des articles L. 5312-1 et L. 5312-12 du code du travail, il a rejeté la requête comme portée devant un ordre de juridiction incompétent, sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 19 janvier 2026, Mme A... B... demande au tribunal « d'annuler la décision de France Travail du 27 novembre 2025 en tant qu'elle ne lui attribue le bénéfice de l’aide au retour à l'emploi qu’à hauteur de 70%, ainsi que la décision confirmative du médiateur du 15 janvier 2026, qu’il soit enjoint à France Travail d’ouvrir ses droits à l’ARE à hauteur de 100 % et qu’il soit procédé au remboursement des sommes non-perçues dans un délai de 30 jours ».


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents de formation de jugement des tribunaux (...) peuvent, par ordonnance : 2° Rejeter les requêtes ne relevant manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative (...) ».

2. Aux termes de l’article L. 5312-1 du code du travail : « L'opérateur France Travail est une institution nationale publique dotée de la personnalité morale et de l'autonomie financière qui a pour mission de : (…) 4° Assurer, pour le compte de l'organisme gestionnaire du régime d'assurance chômage, le service de l'allocation d'assurance et de l'allocation des travailleurs indépendants et, pour le compte de l'Etat, le service des allocations de solidarité (…) ». Aux termes de l’article L. 5312-12 du même code : « Les litiges relatifs aux prestations dont le service est assuré par l'institution, pour le compte de l'organisme chargé de la gestion du régime d'assurance chômage ou de l'Etat sont soumis au régime contentieux qui leur était applicable antérieurement à la création de cette institution ». Les litiges relatifs à l’attribution, au calcul ou au versement de l’allocation d’aide au retour à l’emploi relevant du régime conventionnel d’assurance chômage, relevaient en conséquence de la compétence du juge judiciaire avant la création de l’institution nationale Pôle emploi, devenue France Travail. Il n’appartient donc qu’aux juridictions judiciaires de se prononcer sur ces litiges, même si le service de l’allocation d’aide au retour à l’emploi a été confié à Pôle emploi pour le compte de l’organisme gestionnaire de l’assurance chômage.

3. Il résulte de ce qui précède que les conclusions dirigées contre les décisions de France Travail relatives aux modalités de versement des allocations d’aide au retour à l’emploi ne sont pas au nombre de celles qui ressortissent à la compétence du juge administratif. Il y a lieu, dans ces conditions, en application du 2° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative, de rejeter les conclusions de la requête de Mme B... comme portées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.


O R D O N N E :


Article 1er : La requête de Mme B... est rejetée comme portée devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... B....


Fait à Rennes, le 3 février 2026.


Le président de la 1ère chambre,


signé


L. Bouchardon


La République mande et ordonne à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

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