mardi 27 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2104675 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | Juge unique 8 |
| Avocat requérant | RAOULT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 16 juillet 2021, M. A D, représenté par Me Raoult, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 17 mai 2021 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales de la Savoie a rejeté son recours préalable et confirmé sa décision initiale de ne pas prendre en compte sa fille pour le calcul de ses droits à l'allocation de logement sociale ;
2°) d'enjoindre à la caisse d'allocations familiales de la Savoie de lui accorder rétroactivement le bénéfice de l'allocation de logement sociale.
Il soutient que :
- la décision est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors que la caisse n'a pas retenu que sa fille était effectivement à sa charge ;
- la décision est entachée d'une erreur de droit car il peut effectivement prétendre au bénéfice de l'allocation de logement sociale.
Par un mémoire en défense enregistré le 20 mars 2023, la caisse d'allocations familiales de la Savoie conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. D ne sont pas fondés.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président du tribunal a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
M. B a présenté son rapport au cours de l'audience, les parties n'étant ni présentes, ni représentées.
La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. D est père de la jeune C E D. Il a sollicité le bénéfice de l'allocation de logement sociale. Toutefois, la caisse n'étant pas en mesure de déterminer si C était effectivement à la charge de M. D, elle a décidé de suspendre les aides sociales versées en faveur de cet enfant. Par ordonnance du 26 novembre 2020, la juge aux affaires familiales du tribunal judiciaire de Chambéry a fixé la résidence principale de C chez la mère de M. D. La caisse d'allocations familiales de la Savoie a alors refusé de considérer l'enfant de M. D comme étant à sa charge effective et a rejeté sa demande d'allocation de logement sociale. Par une décision du 17 mai 2021, le directeur de la caisse a, après avis de la commission de recours amiable, rejeté le recours préalable de M. D. Le requérant demande au tribunal d'annuler cette décision et d'enjoindre à la caisse de lui accorder le bénéfice de l'allocation de logement sociale.
2. D'une part, aux termes de l'article L. 823-1 du code de la construction et de l'habitation : " Le montant des aides personnelles au logement est calculé en fonction d'un barème défini par voie réglementaire. Ce barème est établi en prenant en considération : 1° La situation de famille du demandeur et le nombre de personnes à charge vivant habituellement au foyer () ". Aux termes de l'article L. 823-2 du même code : " Pour effectuer le calcul découlant du 1° de l'article L. 823-1, l'enfant à charge est rattaché à la personne qui en assume la charge effective et permanente. En cas de résidence alternée de l'enfant au domicile de chacun des parents telle que prévue à l'article 373-2-9 du code civil, mise en œuvre de manière effective, les parents désignent le bénéficiaire de l'aide. Cependant, la charge de l'enfant pour le calcul des aides personnelles au logement est partagée entre les deux parents allocataires, soit sur demande conjointe des parents, soit si les parents sont en désaccord sur la désignation du bénéficiaire, selon des modalités définies par voie réglementaire. ". Aux termes de l'article R. 823-4 du même code : " Sont considérés comme personnes à charge, sous réserve qu'ils vivent habituellement au foyer : 1° Les enfants de moins de vingt et un ans et considérés comme à charge au sens des 1° et 2° de l'article L. 512-3 du code de la sécurité sociale et de l'article L. 823-2 du présent code () ".
3. D'autre part, aux termes de l'article L. 513-1 du code de la sécurité sociale : " Les prestations familiales sont, sous réserve des règles particulières à chaque prestation, dues à la personne physique qui assume la charge effective et permanente de l'enfant. ".
4. Il résulte de ces dispositions que si les enfants en situation de garde alternée doivent être regardés comme vivant habituellement au foyer de chacun de leurs deux parents, le parent doit toutefois justifier que l'enfant vit habituellement au foyer.
5. Si M. D soutient que le tribunal judiciaire de Chambéry lui a attribué la garde de sa fille et qu'il en a effectivement la charge, il résulte de l'instruction que si, par ordonnance du 26 novembre 2020, le juge pour enfants a fixé la résidence de C alternativement au domicile de ses père et mère, il a précisé que le domicile de M. D sera considéré comme se situant chez sa propre mère à Barby, de sorte que l'enfant ne peut être regardée comme vivant habituellement au domicile de l'intéressé. Par ailleurs, il n'est pas non plus contesté que le logement dont dispose M. D n'est pas adapté à l'accueil de sa fille, de sorte qu'il n'apporte aucun élément permettant d'établir que sa fille vivrait habituellement avec lui. Par conséquent, M. D n'est pas fondé à demander le bénéfice de l'allocation de logement sociale et la prise en compte de sa fille pour le calcul de ses droits à cette allocation.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. D doit être rejetée dans toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A D et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Copie en sera adressée à la caisse d'allocations familiales de la Savoie.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 juin 2023.
Le président,
J-P. BLa greffière,
L. BOURECHAK
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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