vendredi 9 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2105392 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | MERAUD |
Vu les procédures suivantes :
I - Par une requête enregistrée sous le n°2105392 et un mémoire complémentaire, enregistrés le 8 août 2021 et le 24 octobre 2023, la ligue pour la protection des oiseaux (LPO) Auvergne-Rhône-Alpes, représentée par Me Posak, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 3 juin 2021 du préfet de l'Isère relatif à l'ouverture et à la clôture de la chasse pour la campagne 2021-2022 dans le département de l'Isère en tant qu'il prévoit en son article 5, deux périodes complémentaires de vénerie sous terre du blaireau du 1er juillet au 14 septembre 2021 et du 15 juin 2022 au 1er juillet 2022 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les membres de la commission départementale de la chasse et de la faune sauvage, n'ont reçu préalablement à la réunion aucune information relative à la période de chasse complémentaire, en méconnaissance de l'article R. 133-8 du code des relations entre le public et l'administration ;
- la note de présentation communiquée dans le cadre de l'enquête publique est insuffisante au regard de l'article L. 123-19-1 du code de l'environnement ;
- l'arrêté est entaché d'erreur d'appréciation quant à l'état de conservation du blaireau à l'échelle du département ;
- l'arrêté méconnaît l'article L. 424-10 du code de l'environnement en ce qu'il conduit à la destruction de petits blaireaux ;
- l'arrêté est entaché d'erreur d'appréciation en ce qu'il n'existe aucune atteinte à l'équilibre agro-sylvo-cynégétique ;
- l'arrêté méconnaît l'alinéa 2 de l'article R. 424-5 du code de l'environnement en ce qu'il autorise deux périodes complémentaires de chasse et non une seule.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 décembre 2021, le préfet de l'Isère conclut au rejet de la requête.
Il conteste les moyens soulevés.
Par un mémoire en intervention, enregistré le 28 juin 2022, la fédération départementale des chasseurs de l'Isère, représentée par Me Meraud, conclut au rejet de la requête et à ce que l'association requérante lui verse la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle conteste les moyens soulevés.
La clôture d'instruction a été fixée au 26 septembre 2023 par ordonnance du même jour.
II - Par une requête enregistrée sous le n°2107806 et des mémoires complémentaires, enregistrés le 17 novembre 2021, le 13 avril 2022, le 16 septembre 2022 et le 14 novembre 2023 sous le n° 2107806, l'association France nature environnement Isère (FNE Isère) et France nature environnement Auvergne-Rhône-Alpes (FNE AURA), chacune représentée par son président en exercice, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté préfectoral du 3 juin 2021 relatif à l'ouverture et à la clôture de la chasse pour la campagne 2021-2022 dans le département de l'Isère en tant qu'il prévoit en son article 5 une période complémentaire de vénerie sous terre du blaireau à compter du 1er juillet 2021 au 14 septembre 2021 et du 15 juin 2022 au 30 juin 2022 ;
2°) subsidiairement, d'annuler cet arrêté préfectoral du 3 juin 2021 relatif à l'ouverture et à la clôture de la chasse pour la campagne 2021-2022 dans le département de l'Isère ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elles soutiennent que :
- les membres de la commission départementale de la chasse et de la faune sauvage, n'ont reçu préalablement à sa séance aucune information relative à la période de chasse complémentaire, en méconnaissance de l'article R. 133-8 du code des relations entre le public et l'administration ;
- la note de présentation est insuffisante au regard de l'article L. 123-19-1 du code de l'environnement ;
- l'arrêté est entaché d'erreur d'appréciation en ce qu'il n'existe aucune atteinte à l'équilibre agro-sylvo-cynégétique nécessitant l'ouverture d'une période complémentaire de vénerie sous terre ;
- l'arrêté méconnaît l'article L. 424-10 du code de l'environnement en ce qu'il conduit à la destruction de petits blaireaux.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 février 2022, le préfet de l'Isère conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par les associations requérantes ne sont pas fondés.
Par un mémoire enregistré le 28 juin 2022, la fédération départementale des chasseurs de l'Isère, représenté par Me Meraud, conclut au rejet de la requête et à ce que les associations requérantes lui verse la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative
Elle soutient que :
- l'association France Nature environnement Isère n'a pas d'intérêt à agir ;
- l'association France Nature Environnement Auvergne-Rhône-Alpes n'a pas qualité à agir ;
- les moyens soulevés par les associations ne sont pas fondés.
La clôture d'instruction a été fixée au 3 janvier 2024 par ordonnance du même jour.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la Constitution, notamment la Charte de l'environnement ;
- la convention relative à la conservation de la vie sauvage et du milieu naturel en Europe ;
- le code de l'environnement ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Triolet,
- les conclusions de M. Callot, rapporteur public,
- les observations de Me Posak, représentant la LPO dans l'instance n° 2105392 et de Mme A, représentant France Nature Environnement Isère et Auvergne Rhône-Alpes dans l'instance n°2107806,
- et celles de Mme B, représentant le préfet de l'Isère.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 3 juin 2021, le préfet de l'Isère a fixé les dates et modalités d'ouverture et de clôture de la chasse dans le département pour la campagne 2021-2022. Par leurs requêtes respectives, l'association la ligue pour la protection des oiseaux Auvergne-Rhône-Alpes, l'association France Nature Environnement Isère, l'association France Nature Environnement Auvergne-Rhône-Alpes, demandent l'annulation de cet arrêté préfectoral en tant qu'il prévoit en son article 5, deux périodes complémentaires de vénerie sous terre du blaireau du 1er juillet au 14 septembre 2021 et du 15 juin 2022 au 1er juillet 2022.
Sur la jonction :
2. Les requêtes 2105392 et 2107806 sont dirigées contre la même décision et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur l'intervention de la fédération départementale des chasseurs de l'Isère :
3. La fédération départementale des chasseurs de l'Isère, eu égard à son objet statutaire et à la nature de l'arrêté en litige, a intérêt au maintien des deux arrêtés en litige. Par suite, son intervention en défense doit être admise dans les deux instances.
Sur les fins de non-recevoir opposées par la fédération départementale des chasseurs de l'Isère dans l'instance n°2107806 :
4. Dans l'hypothèse où des conclusions communes sont présentées par des requérants différents dans une même requête, il suffit que l'un des requérants soit recevable à agir devant la juridiction pour que le juge puisse, au vu d'un moyen soulevé par celui-ci, faire droit à ces conclusions communes.
5. Aux termes de l'article L. 142-1 du code de l'environnement : " Toute association ayant pour objet la protection de la nature et de l'environnement peut engager des instances devant les juridictions administratives pour tout grief se rapportant à celle-ci. / Toute association de protection de l'environnement agréée au titre de l'article L. 141-1 ainsi que () justifient d'un intérêt pour agir contre toute décision administrative ayant un rapport direct avec leur objet et leurs activités statutaires et produisant des effets dommageables pour l'environnement sur tout ou partie du territoire pour lequel elles bénéficient de l'agrément dès lors que cette décision est intervenue après la date de leur agrément ".
6. L'association France Nature Environnement Isère a, selon son article 2, pour objet " la défense et la protection de la nature, de la faune, de la flore, des sites, paysages, espaces naturels, la sauvegarde de l'environnement, [] et de manière générale la connaissance, la sauvegarde et la protection de l'environnement, principalement dans le département de l'Isère ". L'arrêté du 28 novembre 2017 l'a agréée au sens de l'article L. 141-1 du code de l'environnement pour une durée de cinq ans qui n'était pas expiré à la date d'introduction de la requête. L'association France Nature Environnement Isère a, dès lors, intérêt pour agir contre l'arrêté en litige qui porte sur une période complémentaire de vénerie sous terre du blaireau en Isère.
7. Par suite, l'association FNE Isère a intérêt et qualité pour agir et la fin de non-recevoir opposée par la fédération de chasse dans l'instance dans l'instance n° 2107806 doit être écartée sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'intérêt pour agir de la FNE Auvergne-Rhône-Alpes.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne le vice de procédure tiré de l'insuffisance de la note de présentation au regard de l'article L. 123-19-1 du code de l'environnement
8. En premier lieu, aux termes du I de l'article L. 123-19-1 du code de l'environnement : " Le présent article définit les conditions et limites dans lesquelles le principe de participation du public, prévu à l'article 7 de la Charte de l'environnement, est applicable aux décisions, autres que les décisions individuelles, des autorités publiques ayant une incidence sur l'environnement lorsque celles-ci ne sont pas soumises, par les dispositions législatives qui leur sont applicables, à une procédure particulière organisant la participation du public à leur élaboration ". Le II du même article définit les modalités de cette participation. En vertu de son cinquième alinéa : " Le projet de décision ne peut être définitivement adopté avant l'expiration d'un délai permettant la prise en considération des observations et propositions déposées par le public et la rédaction d'une synthèse de ces observations et propositions. Sauf en cas d'absence d'observations et propositions, ce délai ne peut être inférieur à quatre jours à compter de la date de la clôture de la consultation ". En vertu de l'article L. 123-19-3 du même code : " Les dispositions des articles L. 123-19-1 et L. 123-19-2 ne s'appliquent pas lorsque l'urgence justifiée par la protection de l'environnement, de la santé publique ou de l'ordre public ne permet pas l'organisation d'une procédure de participation du public. / Les délais prévus aux II, III et IV de l'article L. 123-19-1 et aux II et III de l'article L. 123-19-2 peuvent être réduits lorsque cette urgence, sans rendre impossible la participation du public, le justifie ".
9. Si les actes administratifs doivent être pris selon les formes et conformément aux procédures prévues par les lois et règlements, un vice affectant le déroulement d'une procédure administrative préalable, suivie à titre obligatoire ou facultatif, n'est de nature à entacher d'illégalité la décision prise que s'il ressort des pièces du dossier qu'il a été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision prise ou qu'il a privé les intéressés d'une garantie.
10. En l'espèce, la note de présentation mise à disposition du public et à laquelle était joint le projet d'arrêté portant sur l'ouverture et la clôture de la chasse pour la campagne 2021-2022 dans le département de l'Isère, se borne à rappeler le cadre règlementaire permettant l'ouverture d'une période complémentaire de vénerie sous terre et indique que le début de cette période complémentaire a été repoussé au 15 juin afin de permettre le sevrage des jeunes. En revanche, cette note ne comporte aucun élément sur le contexte et les objectifs de l'arrêté, notamment, les motifs justifiant que soit autorisée une période complémentaire de chasse du blaireau par vénerie sous terre. Elle ne comporte pas davantage de considération sur la population de blaireaux dans le département de l'Isère, son état de conservation et les dégâts occasionnés par cette espèce. Par conséquent, elle méconnaît les dispositions de l'article L. 123-19-1 du code de l'environnement.
11. Il ressort des pièces du dossier que les insuffisances mentionnées ci-dessus entachant cette note de présentation ont privé le public d'une garantie, alors même que de nombreuses observations auraient été présentées lors de la consultation du public.
En ce qui concerne le vice de procédure tiré de l'insuffisante information des membres de la commission départementale de la chasse et de la faune sauvage
12. Aux termes de l'article R. 133-5 du code des relations entre le public et l'administration relatif aux commissions administratives à caractère consultatif : " La commission se réunit sur convocation de son président, qui fixe l'ordre du jour. Cette convocation peut être envoyée par tout moyen, y compris par télécopie ou par courrier électronique. Il en est de même des pièces ou documents nécessaires à la préparation de la réunion ou établis à l'issue de celle-ci. () " Aux termes de l'article R. 133-8 de ce code : " Sauf urgence, les membres de la commission reçoivent, cinq jours au moins avant la date de la réunion, une convocation comportant l'ordre du jour et, le cas échéant, les documents nécessaires à l'examen des affaires qui y sont inscrites. "
13. Les membres de la commission départementale de la chasse et de la faune sauvage qui s'est réunie le 3 juin 2021 n'ont été destinataires que du projet d'arrêté litigieux, d'une synthèse de la consultation du public établie par la direction départementale du territoire et de la note relative à la modification du schéma départemental de gestion cynégétique. La synthèse de la consultation du public pointe notamment l'absence de données quant à la population de blaireaux et au montant des dégâts qu'ils occasionnent ainsi que la nécessité de prendre en compte la période de dépendance des jeunes jusque fin juillet pour éviter de détruire les blaireautins. Si au cours de la réunion, le bilan de la chasse sous terre et les prélèvements depuis le 1er juillet 2021 ont été exposés, aucune information n'a été fournie aux membres de la commission quant à la population du blaireau et son état de conservation. Dans ces conditions, l'insuffisante information des membres de la commission départementale de la chasse et de la faune sauvage a été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision prise.
En ce qui concerne la destruction de petits mammifères
14. Aux termes de l'article L. 424-10 du code de l'environnement : " Il est interdit de détruire, d'enlever ou d'endommager intentionnellement les nids et les oeufs, de ramasser les oeufs dans la nature et de les détenir. Il est interdit de détruire, d'enlever, de vendre, d'acheter et de transporter les portées ou petits de tous mammifères dont la chasse est autorisée, sous réserve des dispositions relatives aux animaux susceptibles d'occasionner des dégâts ".
15. La pratique de la vénerie sous terre est autorisée par l'article L. 424-4 du code de l'environnement. Toutefois, ces dispositions n'ont pas par elles-mêmes pour effet d'autoriser la destruction de petits blaireaux ou de nuire au maintien de l'espèce dans un état de conservation favorable, le préfet étant notamment tenu, pour autoriser une période de chasse complémentaire, de s'assurer, en considération des avis de la commission départementale de la chasse et de la faune sauvage et des circonstances locales, qu'une telle prolongation n'est pas de nature à porter atteinte au bon état de la population des blaireaux ni à favoriser la méconnaissance, par les chasseurs, de l'interdiction légale de destruction des petits blaireaux.
16. Il est constant que les blaireaux ne relèvent pas de la catégorie des animaux susceptibles d'occasionner des dégâts.
17. Pour justifier que les périodes de chasse complémentaires aux blaireaux qu'il a autorisées n'emportent pas destruction des petits, le préfet de l'Isère fait valoir que la période des naissances intervient dès fin janvier ou début février chez cette espèce, raison pour laquelle la période de chasse s'arrête au 15 janvier. Il ajoute que " les mères ont parfois déjà abandonné leur progéniture au milieu du mois de mai ce qui explique d'ailleurs un taux de mortalité juvénile constamment élevé chez l'espèce blaireau (jusqu'à 50 %). Si les blairelles étaient en mesure d'allaiter les jeunes durant toute leur phase de croissance, cette mortalité serait mineure ".
18. Il ressort de la littérature scientifique produite par les associations requérantes que la période des naissances varie de début janvier à début avril et que le sevrage ne débute qu'à l'âge de douze semaines pour se poursuivre durant l'été. En outre, si à compter de juillet, les blaireautins commencent progressivement leur émancipation, ils demeurent dépendants, pour leur survie, de leur mère pour une durée variant de 1 à 4 mois et ne peuvent donc être considérés comme pleinement émancipés qu'à partir de l'âge de 6 à 8 mois. Ils doivent, dès lors, être qualifiés, jusqu'à ce stade, de petits de mammifère au sens de l'article L. 424-10 du code de l'environnement. Il en résulte que les périodes de chasse complémentaires autorisées par le préfet du 1er juillet au 14 septembre 2021 et du 15 juin 2022 au 1er juillet 2022 se déroulent donc en présence de petits mammifères.
19. Or, ainsi qu'il a été dit, la destruction de la mère menace directement la survie du ou des petits. En outre, la vénerie sous terre, qui consiste à envoyer des chiens dans les galeries de blaireaux afin de les acculer avant de les extraire en creusant et en ayant recours à des pinces spécifiques, emporte la destruction des terriers et ne permet pas de sélectionner la taille des spécimens détruits. Elle n'est par suite pas compatible avec la préservation des petits mammifères et méconnaît ainsi les dispositions précitées de l'article L. 424-10.
20. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens des requêtes, que l'arrêté du 3 juin 2021 du préfet de l'Isère doit être annulé en tant qu'il prévoit deux périodes complémentaires de vénerie sous terre du blaireau du 1er juillet au 14 septembre 2021 et du 15 juin 2022 au 1er juillet 2022.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
21. S'agissant de la requête n° 2107806, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat une somme globale de 1 000 euros à verser aux associations France Nature Environnement Isère et France Nature Environnement Auvergne-Rhône-Alpes, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
22. S'agissant de la requête n° 2105392, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros à verser à la ligue pour la protection des oiseaux Auvergne-Rhône-Alpes.
23. La fédération départementale des chasseurs de l'Isère, intervenant en défense dans les deux instances, n'a pas la qualité de partie et ne prétendre à l'application de ces dispositions à son profit.
D E C I D E :
Article 1er : L'intervention de la fédération départementale des chasseurs de l'Isère est admise dans les deux instances.
Article 2 : L'arrêté du 3 juin 2021 du préfet de l'Isère est annulé en tant qu'il prévoit, en son article 5, deux périodes complémentaires de vénerie sous terre du blaireau du 1er juillet au 14 septembre 2021 et du 15 juin 2022 au 1er juillet 2022.
Article 3 : L'Etat versera une somme globale de 1 000 euros aux associations France Nature Environnement Isère et France Nature Environnement Auvergne-Rhône-Alpes et une somme de 1 000 euros à la ligue pour la protection des oiseaux Auvergne-Rhône-Alpes sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Les conclusions de la fédération départementale des chasseurs de l'Isère tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié aux associations France Nature Environnement Isère, France Nature Environnement Auvergne-Rhône-Alpes, la ligue pour la protection des oiseaux Auvergne-Rhône-Alpes, à la fédération départementale des chasseurs de l'Isère, au préfet de l'Isère et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Délibéré après l'audience du 20 juin 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Triolet, présidente-rapporteure,
M. Ban, premier conseiller,
M. Doulat, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 août 2024.
La présidente-rapporteure,
A. TRIOLET
L'assesseur le plus ancien,
J-L. BAN La greffière,
J. BONINO
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2 2107806
Conseil d'État — N° 516229
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.
01/06/2026
Conseil d'État — N° 515333
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de Mme A..., magistrate, qui demandait le report et l'encadrement de ses auditions par l'inspection générale de la justice (IGJ) dans le cadre d'une enquête administrative. La requérante invoquait une atteinte grave à ses droits de la défense, à sa dignité et à l'indépendance juridictionnelle. Le juge a estimé que l'audition prévue du 4 au 7 mai 2026, qui ne préjugeait pas de l'issue de l'enquête ni d'éventuelles poursuites disciplinaires, n'était pas susceptible de porter une atteinte manifestement disproportionnée à ses droits. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, la condition d'urgence n'étant pas retenue comme caractérisant une illégalité grave.
03/05/2026
Conseil d'État — N° 509298
Le Conseil d'État rejette la requête de M. A... pour défaut d'intérêt à agir, les circonstances invoquées (qualité de citoyen, d'usager ou de professionnel) n'étant pas suffisamment directes et certaines pour contester la nomination du président du conseil d'administration de l'OFII. La portée de cette décision est de rappeler la rigueur du contrôle de l'intérêt à agir en matière de nominations aux emplois publics.
09/04/2026
Conseil d'État — N° 507528
Le Conseil d'État refuse d'admettre le pourvoi de La Poste contre l'ordonnance ayant suspendu la révocation de M. B..., estimant qu'aucun moyen sérieux n'est soulevé.
09/04/2026