LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2204769

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2204769

vendredi 21 mars 2025

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2204769
TypeDécision
PublicationC
Formation7ème Chambre
Avocat requérantPALOMARES

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I - Par une requête et un mémoire, enregistrés sous le n° 2204769 le 26 juillet 2022 et le 23 janvier 2025, M. A B, représenté par le cabinet Taxene avocats, demande au tribunal :

1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles il a été assujetti au titre des années 2014 et 2015, ainsi que des pénalités correspondantes ;

2°) de condamner l'Etat à lui verser une somme de 3 000 euros au titre des frais non compris dans les dépens.

Il soutient que :

- les cotisations supplémentaires mises à sa charge au titre de l'année 2014 ont été mises en recouvrement après expiration du délai de prescription ;

- l'administration n'apporte pas la preuve qui lui incombe du transfert des sommes sur des comptes à l'étranger ;

- l'administration n'apporte pas la preuve qui lui incombe du caractère taxable dans la catégorie des bénéfices non commerciaux des sommes créditées sur ses comptes bancaires établis en France.

Par un mémoire en défense enregistré le 2 février 2023, le directeur départemental des finances publiques de l'Isère conclut au prononcé d'un non-lieu partiel à statuer et au rejet du surplus des conclusions de la requête.

Il fait valoir que les rappels d'impôts émis au titre de l'année 2014 ont été dégrevés et que les moyens ne sont pas fondés.

II - Par une requête et un mémoire, enregistrés sous le n° 2204942 le 26 juillet 2022 et le 23 janvier 2025, M. A B, représenté par le cabinet Taxene avocats, demande au tribunal :

1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles il a été assujetti au titre de l'année 2016, ainsi que des pénalités correspondantes ;

2°) de condamner l'Etat à lui verser une somme de 3 000 euros au titre des frais non compris dans les dépens.

Il soutient que :

- l'administration n'apporte pas la preuve qui lui incombe du transfert des sommes sur des comptes à l'étranger ;

- l'administration n'apporte pas la preuve qui lui incombe du caractère taxable dans la catégorie des bénéfices non commerciaux des sommes créditées sur ses comptes bancaires établis en France.

Par un mémoire en défense enregistré le 24 janvier 2023, le directeur départemental des finances publiques de l'Isère conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Lefebvre, rapporteur,

- les conclusions de Mme Bourion, rapporteure publique,

- les observations de Me Palomares, représentant M. B.

Considérant ce qui suit :

1. M. B a fait l'objet de deux examens contradictoires de sa situation fiscale personnelle au titre des années 2014 et 2015, d'une part, et 2016, d'autre part, aux termes desquels l'administration lui a notifié, selon la procédure contradictoire, des rappels d'impôt sur le revenu ainsi que de prélèvements sociaux au titre de chacune de ces années. Ces suppléments d'impôt ont été assortis, selon les rappels, de la majoration de 40 % prévue à l'article 1758 du code général des impôts, de la majoration de 10 % prévue à l'article 1758 A du même code et de la majoration de 40 % prévue au a. de l'article 1729 dudit code. Ces suppléments d'impôt, contestés sans succès par M. B devant l'administration, ont été soumis à l'avis de la commission départementale des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires qui, par un avis du 22 décembre 2020, a confirmé la position de l'administration. Ils ont alors été mis en recouvrement le 30 juin 2021. M. B en sollicite la décharge après le rejet le 23 juin 2022 de sa réclamation préalable du 14 octobre 2021.

2. Les requêtes visées ci-dessus et présentées pour M. B, concernent le même contribuable, présentent à juger les mêmes questions et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

Sur l'étendue du litige :

3. En cours d'instance, l'administration fiscale a, le 26 janvier 2023, dégrevé M. B de la totalité des rappels d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux ainsi que des pénalités correspondantes mis à sa charge au titre de l'année 2014 pour un montant, en droits et pénalités, de 113 049 euros. Par suite, ainsi que le fait valoir l'administration fiscale, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin de décharge de ces rappels présentées dans la requête n° 2204769.

Sur le bien-fondé de l'imposition :

4. En premier lieu, aux termes de l'article 1649 A du code général des impôts, dans sa rédaction applicable aux années d'imposition en litige : " () / Les personnes physiques (), domiciliées ou établies en France, sont tenues de déclarer, en même temps que leur déclaration de revenus (), les références des comptes ouverts, utilisés ou clos à l'étranger. () / Les sommes, titres ou valeurs transférés à l'étranger ou en provenance de l'étranger par l'intermédiaire de comptes non déclarés dans les conditions prévues au deuxième alinéa constituent, sauf preuve contraire, des revenus imposables. ". Ces dispositions, qui instaurent l'obligation, pour tout contribuable domicilié en France, de déclarer à l'administration les références de tout compte bancaire dont il est titulaire à l'étranger, prévoient qu'à défaut d'une telle déclaration, les fonds ayant transité par ce compte constituent des revenus imposables, sauf, pour le contribuable titulaire du compte, à apporter la preuve que les sommes transférées n'entrent pas dans le champ d'application de l'impôt, en sont exonérées ou ont déjà été soumises à l'impôt. Ces dispositions impliquent que l'administration qui envisage d'imposer des sommes sur leur fondement mette au préalable le contribuable en mesure d'apporter cette preuve.

5. Pour justifier de l'existence de transferts de sommes à destination des comptes bancaires détenus en Espagne par M. B, au cours des années 2015 et 2016, l'administration fiscale a relevé que ces comptes étaient crédités par différents virements portant la mention " abono por tranferrencia " et " B Beauté ", sans que les comptes à l'origine de ces virements soient détaillés. Il résulte cependant de l'instruction que cette dernière mention correspond au nom commercial employé d'abord par M. B pour son activité et ensuite par la société Epilwax domiciliée en France, mais également à la dénomination de la société de droit espagnol B Beauté (SL), dont M. B est le gérant. Si, ainsi que le fait valoir l'administration fiscale, cette société n'a pas soumis de déclaration au titre de l'impôt sur les sociétés en Espagne et n'a employé aucun salarié en 2015 et 2016, il résulte de la réponse à la demande d'assistance fiscale internationale qu'elle exerce néanmoins une activité économique de commerce de produits de parfumerie en Espagne, pays dans lequel elle est immatriculée et où sont domiciliés ses comptes bancaires auprès d'établissements bancaires espagnols. Ainsi, cette circonstance ne permet pas à l'administration fiscale de démontrer que les sommes créditées sur les comptes bancaires détenus en Espagne par M. B résulteraient d'un transfert en provenance de France.

6. Par ailleurs, si l'administration fiscale fait également valoir, pour justifier de l'existence de transferts de sommes à destination des comptes bancaires détenus en Espagne par M. B, que ces comptes bancaires ont été utilisés par M. B au cours des années en litige pour réaliser des paiements par carte bancaire en France, elle n'en justifie pas.

7. L'administration n'apporte donc pas la preuve qui lui incombe de l'existence de transferts de sommes à destination des comptes bancaires détenus en Espagne par M. B, au cours des années 2015 et 2016, et par suite, les sommes inscrites au crédit de ce compte ne peuvent être présumées constituer des revenus imposables en application de l'article 1649 A du code général des impôts.

8. En second lieu, aux termes de l'article 92 du code général des impôts : " 1. Sont considérés comme provenant de l'exercice d'une profession non commerciale ou comme revenus assimilés aux bénéfices non commerciaux, les bénéfices des professions libérales, des charges et offices dont les titulaires n'ont pas la qualité de commerçants et de toutes occupations, exploitations lucratives et sources de profits ne se rattachant pas à une autre catégorie de bénéfices ou de revenus () ". Il appartient à l'administration, lorsqu'elle entend fonder une imposition sur les dispositions de cet article, en dehors de toute procédure de taxation d'office, d'établir que les sommes réintégrées dans les bases imposables du contribuable constituent des revenus. Dans ce cadre, il incombe au juge de l'impôt d'apprécier si l'administration établit la nature de revenus des sommes en cause, compte tenu des éléments de preuve qu'elle présente et, le cas échéant, des éléments que lui soumet le contribuable qui soutient que les sommes en litige ne présentent pas la nature de revenus ou relèvent d'une autre catégorie d'imposition et de ceux que l'administration lui oppose alors en vue d'établir, par tout autre moyen complémentaire, le bien-fondé de l'imposition.

9. Pour apporter la preuve qui lui incombe de la nature de revenus des différentes sommes inscrites au crédit des comptes ouverts auprès du Crédit mutuel par M. B et les membres de son foyer fiscal, l'administration se prévaut de l'origine de ces sommes, de leur volume global important et enfin de la régularité et de la constance des versements. Elle invoque notamment en 2015 comme en 2016, l'intervention mensuelle de virements en provenance de la société Epilwax pour des montants similaires supérieurs à 1 100 euros, ainsi que de nombreux virements en provenance de sites de commerce en ligne, principalement " Price Minister " ou encore de différents tiers pour des montants variables mais avec une fréquence élevée allant jusqu'à quatre occurrences par mois. Ainsi, contrairement à ce que soutient M. B, l'administration fiscale apporte la preuve de la nature de revenus des différentes sommes portées au crédit de ses comptes ouverts auprès du Crédit mutuel et les membres de son foyer fiscal. Pour sa part, M. B n'a pas apporté durant le contrôle ni dans ses requêtes, le moindre élément sur la nature de ces sommes. C'est ainsi à bon droit que l'administration a pu imposer ces différents revenus dans la catégorie des bénéfices non commerciaux, tant au titre de l'année 2015 que de l'année 2016.

10. Il résulte de tout ce qui précède que M. B doit être déchargé, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles il a été assujetti au titre des années 2015 et 2016, à l'exception, des rappels résultant de la réintégration des sommes de 22 936 euros au titre de l'année 2015 et de 29 082,69 euros au titre de l'année 2016 dans ses bénéfices non commerciaux, ainsi que des prélèvements sociaux et des pénalités correspondantes, pour lesquels les conclusions des deux requêtes doivent être rejetées.

11. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme globale de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. B et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fins de décharge des rappels relatifs à l'année 2014.

Article 2 : M. B est déchargé des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles il a été assujetti au titre des années 2015 et 2016, ainsi que des pénalités correspondantes, excepté les droits et pénalités résultant de la réintégration des sommes de 22 936 euros au titre de l'année 2015 et de 29 082,69 euros au titre de l'année 2016 dans ses bénéfices non commerciaux.

Article 3 : L'Etat versera la somme de 1 500 euros à M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions des requêtes de M. B est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au directeur départemental des finances publiques de l'Isère.

Délibéré après l'audience du 7 février 2025, à laquelle siégeaient :

M. L'Hôte, président,

M. Lefebvre, premier conseiller,

M. Ruocco-Nardo, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 mars 2025.

Le rapporteur,

G. LEFEBVRE

Le président,

V. L'HÔTE

La greffière,

L. ROUYER

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

2, 220494

Décisions similaires

TA31Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Toulouse — N° TA31-2505581

Le Tribunal Administratif de Toulouse a rejeté les requêtes de M. C... A... et Mme D... B... visant à annuler les arrêtés préfectoraux du 30 juin 2025 leur imposant une obligation de quitter le territoire français (OQTF), une interdiction de retour et fixant un pays de renvoi. La juridiction a estimé que le préfet de la Haute-Garonne était compétent et que les décisions attaquées, prises en application des articles L. 611-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), n'étaient entachées d'aucune illégalité, notamment au regard des exigences de motivation et de la Convention européenne des droits de l'homme. Les demandes d'injonctions et de provision pour frais d'avocat ont également été rejetées.

08/04/2026

TA31Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Toulouse — N° TA31-2505951

Le Tribunal Administratif de Toulouse a rejeté la requête en annulation d'un arrêté d'éloignement pris à l'encontre d'un ressortissant italien. Le juge a écarté les moyens soulevés, notamment ceux tirés de l'incompétence de l'autorité signataire, du défaut de motivation et de la méconnaissance du droit d'être entendu. La décision s'appuie sur les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

08/04/2026

TA31Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Toulouse — N° TA31-2505158

Le Tribunal Administratif de Toulouse a annulé l'arrêté préfectoral refusant le renouvellement du titre de séjour et ordonnant l'éloignement d'un ressortissant géorgien paraplégique. La juridiction a jugé que le préfet avait méconnu les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en ne démontrant pas que l'offre de soins dans le pays de renvoi était appropriée à l'état de santé grave du requérant. Elle a également relevé une insuffisance de motivation concernant la menace pour l'ordre public et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme. En conséquence, l'ensemble des mesures d'éloignement a été annulé.

08/04/2026

TA31Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Toulouse — N° TA31-2505835

Le Tribunal Administratif de Toulouse a annulé l'arrêté préfectoral du 8 juillet 2025 refusant l'admission au séjour et ordonnant l'éloignement d'un ressortissant algérien. La juridiction a estimé que le préfet avait commis une erreur manifeste d'appréciation en ne tenant pas suffisamment compte de l'intégration réelle du requérant, caractérisée par une présence stable depuis 2018, la scolarité ancienne et assidue de ses quatre enfants en France, et ses efforts d'insertion professionnelle. Le juge a appliqué les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, au regard notamment des exigences de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme relatif au respect de la vie privée et familiale.

08/04/2026

← Retour aux décisions