jeudi 18 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2206162 |
| Type | Décision |
| Recours | Autorisation |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | WINCKEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 20 septembre 2022 et 28 décembre 2023, M. G C, Mme E C, M. H A B et Mme F D représentés par Me Bergeras, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 18 mars 2022 par lequel le maire de la commune de Saint-Martin-le-Vinoux a délivré à la société Villes et Villages Créations un permis de construire portant sur l'édification d'un immeuble comportant vingt-trois logements sur les parcelles cadastrées section AY n° 389 et 390, ensemble la décision du 6 juillet 2022 rejetant leur recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Martin-le-Vinoux une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- le dossier de demande, qui ne précise pas le traitement des espaces libres, méconnaît le e) de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme ;
- les ouvrages de gestion des eaux pluviales ne sont pas représentés sur le plan de masse, en méconnaissance de l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme ;
- le projet ne respecte pas les règles de gestion des eaux pluviales fixées par l'article 9.4 des dispositions générales du règlement du PLUi de la métropole de Grenoble ;
- le projet, qui se situe en zone Bi'1, ne respecte pas le règlement du PPRN qui impose de justifier des dispositions prises pour lutter contre le risque d'inondation ;
- le projet méconnaît l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme et l'article 8 des dispositions générales du règlement du PLUi de la métropole de Grenoble.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 novembre 2022, la commune de Saint-Martin-le-Vinoux, représentée par Me Fessler, conclut au rejet de la requête et demande au tribunal de mettre à la charge des requérants une somme de 3 000 euros chacun en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les requérants ne justifient pas de l'accomplissement des formalités de notification prévues par l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme ;
- M. et Mme C n'ont pas intérêt à agir ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 décembre 2023, la société Villes et Villages Créations, représentée par Me Winckel, conclut au rejet de la requête et demande au tribunal de mettre à la charge des requérants une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par un courrier du 21 juin 2024, le tribunal a informé les parties qu'il était susceptible de surseoir à statuer au titre de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme afin de permettre la régularisation de plusieurs vices affectant la légalité de l'acte attaqué et les a invitées à présenter leurs observations.
Par un mémoire du 24 juin 2024, la société Villes et villages créations a présenté des observations sur le fondement de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme.
Par un mémoire du 25 juin 2024, la commune de Saint-Martin-le-Vinoux a présenté des observations sur le fondement de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Beytout,
- les conclusions de M. Lefebvre, rapporteur public,
- et les observations de Me Angot, avocat des requérants, de Me Touvier, avocate de la commune de Saint-Martin-le-Vinoux et de Me Winckel, avocat de la société Villes et Villages Créations.
Une note en délibéré a été enregistrée pour la société Villes et Villages Créations le 9 juillet 2024.
Considérant ce qui suit :
1. Le maire de Saint-Martin-le-Vinoux a délivré à la société Villes et Villages Créations un permis de construire portant sur l'édification d'un immeuble collectif comptant vingt-trois logements sur les parcelles cadastrées AY n° 389 et 390 au 149 avenue du général Leclerc. Par un courrier du 17 mai 2022 reçu par la commune de Saint-Martin-le-Vinoux le 18 mai 2022, M. et Mme C, M. A B et Mme D ont formé un recours gracieux, rejeté par la commune de Saint-Martin-le-Vinoux par une décision du 6 juillet 2022 notifiée le 19 juillet 2022. Par la présente requête, les requérants demandent l'annulation de l'arrêté du 18 mars 2022 et de la décision du 6 juillet 2022.
Sur les fins de non-recevoir opposés en défense :
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme : " En cas de déféré du préfet ou de recours contentieux à l'encontre d'un certificat d'urbanisme, ou d'une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol régie par le présent code, le préfet ou l'auteur du recours est tenu, à peine d'irrecevabilité, de notifier son recours à l'auteur de la décision et au titulaire de l'autorisation. Cette notification doit également être effectuée dans les mêmes conditions en cas de demande tendant à l'annulation ou à la réformation d'une décision juridictionnelle concernant un certificat d'urbanisme, ou une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol régie par le présent code. L'auteur d'un recours administratif est également tenu de le notifier à peine d'irrecevabilité du recours contentieux qu'il pourrait intenter ultérieurement en cas de rejet du recours administratif. / La notification prévue au précédent alinéa doit intervenir par lettre recommandée avec accusé de réception, dans un délai de quinze jours francs à compter du dépôt du déféré ou du recours. / La notification du recours à l'auteur de la décision et, s'il y a lieu, au titulaire de l'autorisation est réputée accomplie à la date d'envoi de la lettre recommandée avec accusé de réception. Cette date est établie par le certificat de dépôt de la lettre recommandée auprès des services postaux ".
3. Il ressort des pièces du dossier qu'une copie de la requête enregistrée le 20 septembre 2022 a été notifiée tant à la commune de Saint-Martin-le-Vinoux qu'à la société Villes et Villages Créations par courriers envoyés le 22 septembre 2022, dans le délai de quinze jours susmentionné. Par suite, la fin de non-recevoir tirée du non-respect des formalités de notification prévues par les dispositions précitées de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme doit être écartée.
4. En second lieu, aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre une décision relative à l'occupation ou à l'utilisation du sol régie par le présent code que si la construction, l'aménagement ou le projet autorisé sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation ".
5. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient, en particulier, à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire, de démolir ou d'aménager, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Il appartient au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Le juge de l'excès de pouvoir apprécie la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction.
6. En l'espèce, le projet porte sur l'édification d'un immeuble comportant vingt-trois logements. M. A B et Mme D sont voisins immédiats du projet. Compte tenu de l'importance et de la localisation du projet, ils justifient d'un intérêt à agir, de sorte que la requête est recevable en tant qu'elle émane de ces deux requérants. Par suite, la fin de non-recevoir soulevée par les défendeurs doit être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la composition du dossier de demande de permis de construire :
7. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporte pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits sont insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
8. En premier lieu, aux termes de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend une notice précisant : / 1° L'état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; / 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : ()/ e) Le traitement des espaces libres, notamment les plantations à conserver ou à créer () ".
9. En l'espèce, le règlement du plan local d'urbanisme intercommunal de la métropole de Grenoble applicable en zone UC1 exige 15 % d'espaces libres en pleine terre. Le lexique du règlement précise néanmoins que ne sont pas comptabilisés en espaces de pleine terre les espaces de terre situés sur des bassins de rétention étanches. Si le plan des espaces paysagers indique que le projet respecte le coefficient de pleine terre exigé, il ne mentionne pas l'existence d'un ouvrage de rétention des eaux pluviales figurant pourtant dans d'autres pièces du dossier, de sorte que le service instructeur a pu être induit en erreur sur la comptabilisation des espaces de pleine terre. Les requérants sont ainsi fondés à invoquer la méconnaissance de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme.
10. En second lieu, aux termes de l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. Ce plan de masse fait apparaître les travaux extérieurs aux constructions, les plantations maintenues, supprimées ou créées et, le cas échéant, les constructions existantes dont le maintien est prévu./ Il indique également, le cas échéant, les modalités selon lesquelles les bâtiments ou ouvrages seront raccordés aux réseaux publics ou, à défaut d'équipements publics, les équipements privés prévus, notamment pour l'alimentation en eau et l'assainissement. () ".
11. En l'espèce, si les ouvrages de gestion des eaux pluviales ne figurent pas sur le plan de masse, il ressort des pièces du dossier que le dossier de demande comporte un plan des réseaux distinct du plan de masse ainsi qu'une notice tout réseau, qui traite de la gestion des eaux pluviales. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à invoquer l'insuffisance du dossier de demande de permis de construire s'agissant du traitement des eaux pluviales.
En ce qui concerne le traitement des eaux pluviales :
12. Aux termes de l'article 9.4 des dispositions générales du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal : " Les eaux pluviales doivent être gérées sur le terrain d'assiette du projet par tout =dispositif approprié (). / en cas d'impossibilité technique ou réglementaire avéré et justifiée ou au regard des enjeux de prévention des risques, toute adaptation de la règle sera conditionnée à l'abattement volumique des 15 premiers millimètres de pluie qui devront être gérés sur la parcelle sans débit de fuite ".
13. Il ressort d'une notice jointe à la demande de permis qu'il est prévu au projet un ouvrage de rétention des eaux pluviales, avant rejet régulé dans le réseau public, et que le service en charge de l'assainissement a émis un avis favorable à ce dispositif assorti de prescriptions auquel les prescriptions de l'arrêté en litige renvoient elles-mêmes. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 9.4 doit donc être écarté.
En ce qui concerne la prise en compte des risques :
14. Aux termes du règlement de la zone Bi' 1 du règlement du plan de prévention des risques naturels applicable au projet : " Les constructions ou parties de construction, situées sous la cote ou hauteur de référence et qui ne sont pas utilisées en locaux d'habitation en sous-sol, ne seront autorisées que sous réserve de la justification : / - des dispositions prises (étanchéité, cristallisation, abaissement de nappe, pompage) en fonction de la présence de la nappe phréatique (surpressions sur les parois, tenue des matériaux) / - d'une non-augmentation des risques liées aux activités ou stockages éventuels dans ces locaux / ou si le pétitionnaire apporte la preuve que le niveau le plus bas de la construction se situe au-dessus du plus haut niveau connu de la nappe ".
15. Il est constant que le niveau de stationnement souterrain de la construction se situe en partie sous la cote de référence. Bien que l'architecte ait attesté qu'une étude avait été réalisée et que le projet prenait en compte les risques, les pièces du dossier de demande de permis ne font pas mention des dispositions prévues relatives à la présence de la nappe phréatique et ne justifient pas de la non-augmentation des risques. Les requérants sont ainsi fondés à soutenir que le projet méconnaît les règles énoncées par le plan de prévention des risques naturels prévisibles.
En ce qui concerne l'accès au projet :
16. Aux termes de l'article 8 des dispositions générales du plan local d'urbanisme intercommunal relatif à la desserte par les voies publiques et privées : " 8.1. Accès / Les caractéristiques des accès doivent être définies en fonction de l'importance et de la destination des constructions et installations à réaliser, notamment en ce qui concerne la sécurité, la commodité de la circulation et l'approche des moyens de lutte contre l'incendie. / Le nombre d'accès doit être limité au strict nécessaire. / Les accès doivent être localisés et configurés en tenant compte : / - de la topographie et de la morphologie des lieux dans lesquels s'insère l'opération ; / - de la nature des voies sur lesquelles les accès sont susceptibles d'être aménagés afin de préserver la sécurité des personnes (visibilité, vitesse des véhicules, intensité du trafic) ; / - du type de trafic généré par l'opération (fréquence journalières, nombre de véhicules accédant au terrain, type de véhicules concernés) ; / - des conditions permettant l'entrée et la sortie des véhicules sur le terrain sans manœuvre sur la voie de desserte. / Lorsque le terrain est desservi par plusieurs voies, le projet doit privilégier la ou les solutions qui présentent la moindre gêne pour la circulation générale et permettent un accès aisé aux véhicules de secours et de services / Lorsque le document graphique J " Plan des emplacements réservés " localise l'accès à un terrain depuis une voie ouverte au public par un point rouge, le projet de construction doit s'y conformer. Toute autre ouverture d'accès à ce terrain permettant la circulation automobile est prohibée ". Et aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ".
17. En l'espèce, l'accès au projet se fait à angle droit avec l'avenue du général Leclerc, qui est large, rectiligne et à sens unique au droit du terrain d'assiette. Une plateforme d'attente de 7 mètres de large et 5 mètres de long environ permet aux véhicules de s'insérer sans danger dans la circulation. Le service gestionnaire de la voirie a d'ailleurs émis un avis favorable au projet. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 des dispositions générales du plan local d'urbanisme intercommunal et de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme doivent être écartés.
Sur l'application des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme :
18. L'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme dispose que : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice entraînant l'illégalité de cet acte est susceptible d'être régularisé, sursoit à statuer, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour cette régularisation, même après l'achèvement des travaux. Si une mesure de régularisation est notifiée dans ce délai au juge, celui-ci statue après avoir invité les parties à présenter leurs observations. Le refus par le juge de faire droit à une demande de sursis à statuer est motivé. ".
19. Il résulte de ces dispositions, éclairées par les travaux parlementaires, que lorsque le ou les vices affectant la légalité de l'autorisation d'urbanisme dont l'annulation est demandée, sont susceptibles d'être régularisés, le juge doit surseoir à statuer sur les conclusions dont il est saisi contre cette autorisation. Il invite au préalable les parties à présenter leurs observations sur la possibilité de régulariser le ou les vices affectant la légalité de l'autorisation d'urbanisme. Le juge n'est toutefois pas tenu de surseoir à statuer, d'une part, si les conditions de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme sont réunies et qu'il fait le choix d'y recourir, d'autre part, si le bénéficiaire de l'autorisation lui a indiqué qu'il ne souhaitait pas bénéficier d'une mesure de régularisation. Un vice entachant le bien-fondé de l'autorisation d'urbanisme est susceptible d'être régularisé, même si cette régularisation implique de revoir l'économie générale du projet en cause, dès lors que les règles d'urbanisme en vigueur à la date à laquelle le juge statue permettent une mesure de régularisation qui n'implique pas d'apporter à ce projet un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même.
20. Les vices dont le présent jugement reconnaît, aux points 9 et 15, qu'ils entachent d'illégalité le permis de construire en litige, apparaissent susceptibles de faire l'objet d'un permis de construire de régularisation. Dans ces conditions, il y a lieu de surseoir à statuer, en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, et de fixer à un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement aux fins de produire la mesure de régularisation nécessaire.
D E C I D E :
Article 1er : Il est sursis à statuer sur la requête, jusqu'à l'expiration d'un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement, imparti à la société Villes et Villages Créations et à la commune de Saint-Martin-le-Vinoux, pour notifier au tribunal un permis de construire régularisant les vices tirés de l'insuffisance du dossier de demande s'agissant de la comptabilisation des espaces de pleine terre et de la méconnaissance du règlement de la zone Bi' 1 du plan de prévention des risques naturels prévisibles.
Article 2 : Tous droits des parties sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent jugement sont réservés jusqu'en fin d'instance.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. G C en application de l'article R. 751-3 du code de justice administrative, à la commune de Saint-Martin-le-Vinoux et à la société Villes et Villages Créations.
Délibéré après l'audience du 27 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Thierry, président,
Mme Beytout, première conseillère,
Mme Paillet-Augey, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juillet 2024.
La rapporteure,
E. BEYTOUT
Le président,
P. THIERRYLa greffière,
A. ZANON
La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Montpellier — N° TA34-2400503
Sujet principal : Recours d'un agent public stagiaire contre le refus de sa titularisation et la prorogation de son stage. Juridiction : Tribunal Administratif de Montpellier (2ème chambre). Solution retenue : Le jugement, non intégralement reproduit, statue sur la légalité de l'arrêté de prorogation de stage et de l'arrêté refusant la titularisation. L'agent invoque notamment des vices de procédure, une erreur manifeste d'appréciation, un détournement de procédure et une violation de l'article L. 327-1 du code général de la fonction publique concernant les conditions du stage. Textes appliqués : Le code général de la fonction publique (notamment article L. 327-1) et le code de justice administrative (article L. 761-1 sur les frais irrépétibles).
08/04/2026
Tribunal Administratif de Nîmes — N° TA30-2600904
Le Tribunal Administratif de Nîmes rejette la demande de suspension d'une décision préfectorale refusant l'enregistrement d'une demande de titre de séjour. Le juge des référés estime que le courriel attaqué du 14 janvier 2026 ne constitue pas une décision faisant grief, une décision implicite de refus étant déjà née le 11 janvier 2026 suite à l'expiration du délai d'instruction. La demande est donc irrecevable au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2324985
Le Tribunal administratif de Paris a été saisi par la société Camille Fournet, qui contestait une sanction administrative pour non-respect des délais de paiement inter-entreprises. Le tribunal a rejeté la demande d'annulation, estimant que l'amende de 13 000 euros et sa publication étaient légales et proportionnées au regard des manquements constatés. La décision s'appuie sur les articles L. 441-10 et L. 441-11 du code de commerce relatifs aux délais de paiement.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Rouen — N° TA76-2505063
Le Tribunal administratif de Rouen a annulé l'arrêté préfectoral refusant un titre de séjour à une ressortissante tunisienne et prononçant une obligation de quitter le territoire. La juridiction a jugé que le préfet de la Seine-Maritime avait méconnu les stipulations de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme en ne procédant pas à un examen réel et sérieux de sa situation personnelle et familiale, notamment au regard de son intégration en France. Le tribunal a enjoint au préfet de réexaminer sa demande de titre de séjour.
03/04/2026