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AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2207194

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2207194

vendredi 17 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2207194
TypeDécision
RecoursAutorisation
PublicationD
Formation1ère Chambre
Avocat requérantDEME

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 3 novembre 2022, M. C A, représenté par Me Deme, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté n° 2022-LS 160 du 31 août 2022 par lequel le préfet de l'Isère a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a désigné le pays de destination ;

2°) d'enjoindre au préfet de l'Isère de lui délivrer un titre de séjour en qualité de salarié dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement ou, subsidiairement, de réexaminer sa situation et de le munir dans l'attente d'une autorisation provisoire de séjour ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

M. A soutient que :

- la décision portant refus de titre de séjour méconnait les dispositions du 2 de l'article 2 de la décision d'exécution de la directive 2001/55/CE dès lors qu'il était titulaire en Ukraine d'un titre de séjour qui lui avait été délivré en qualité d'étudiant et dont il pouvait sans peine obtenir le renouvellement si le conflit avec la Russie n'était pas survenu ; à ce titre, il doit bénéficier d'un titre de séjour en France dans le cadre de la protection temporaire ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée de l'illégalité du refus de titre de séjour.

Par un mémoire enregistré le 7 février 2023, le préfet de l'Isère conclut au rejet de la requête.

Le préfet de l'Isère fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Par décision du 3 octobre 2022, le bureau d'aide juridictionnelle a accordé à M. C A le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

Vu :

- l'arrêté attaqué ;

- les autres pièces du dossier ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ;

- la directive 2001/55/CE du Conseil du 20 juillet 2001 relative à des normes minimales pour l'octroi d'une protection temporaire en cas d'afflux massif de personnes déplacées et à des mesures tendant à assurer un équilibre entre les efforts consentis par les États membres pour accueillir ces personnes et supporter les conséquences de cet accueil ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Au cours de l'audience publique du 23 février 2023, Mme B a lu son rapport, les parties n'étant ni présentes, ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. M. C A est un ressortissant camerounais, âgé de 24 ans. Il déclare être entré en France le 12 mars 2022 en provenance d'Ukraine, muni d'un titre de séjour temporaire délivré par les autorités ukrainiennes, valable du 30 septembre 2021 au 1er décembre 2022. Le 7 avril 2022, M. A a demandé au préfet de l'Isère une autorisation provisoire de séjour au titre de la protection temporaire en application de la décision d'exécution (UE) 2022/382 du Conseil du 4 mars 2022 constatant l'existence d'un afflux massif de personnes déplacées en provenance d'Ukraine au sens de l'article 5 de la directive 2001/55/CE et ayant pour effet d'introduire une protection temporaire et des articles L. 581-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le même jour, il a également présenté une demande de titre de séjour en qualité de salarié. Par arrêté n° 2022-01-AEX-APS du 7 avril 2022, le préfet de l'Isère a refusé de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour au titre de la protection temporaire. Cet arrêté n'a pas été contesté. Par l'arrêté susvisé du 31 août 2022, le préfet de l'Isère a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a désigné le pays de destination. Dans la présente instance, M. A demande l'annulation de l'arrêté du 31 août 2022 et présente des conclusions aux fins d'injonction de lui délivrer un titre de séjour en qualité de salarié.

2. Par l'arrêté attaqué du 31 août 2022, le préfet de l'Isère a refusé de délivrer à M. A une carte de séjour temporaire en qualité de salarié, en application des articles L. 421-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et de droit d'asile et a refusé de l'admettre à titre exceptionnel au séjour, en application de l'article L. 435-1 du même code. Dans la présente instance, M. A se borne à invoquer à l'encontre de cet arrêté la méconnaissance des dispositions de l'article 2 de la décision d'exécution de la directive 2001/55/CE du 20 juillet 2001 susvisée. Toutefois, ce moyen est inopérant à l'encontre de l'arrêté lui refusant un titre de séjour en qualité de salarié. Par suite, l'unique moyen dirigé contre le refus de titre de séjour ne peut être qu'écarté.

3. Par voie de conséquence, le moyen tiré de l'exception d'illégalité du refus de titre de séjour invoquée à l'encontre de l'obligation de quitter le territoire français doit également être écarté. Il suit de là que les conclusions en annulation présentées par M. A doivent être rejetées.

4. Le présent jugement n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions en injonction sont rejetées.

5. L'Etat n'étant pas la partie perdante dans la présente instance, les conclusions présentées par M. A tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ne peuvent qu'être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, à Me Deme et au préfet de l'Isère.

Délibéré après l'audience du 23 février 2023 à laquelle siégeaient :

M. Wyss, président,

Mme Letellier, première conseillère,

M. Hamdouch, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition du greffe, le 17 mars 2023.

La rapporteure,

C. B

Le président,

J.-P. WYSS

La greffière,

V. JOLY

La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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