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AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2301331

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2301331

jeudi 14 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2301331
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
FormationJuge unique 8
Avocat requérantVIGNERON

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 3 mars 2023, M. A C, représenté par Me Vigneron, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 28 octobre 2021 notifiée le 3 novembre 2021 par laquelle le département de la Drôme a rejeté son recours administratif préalable obligatoire contre la décision du 28 mai 2021 refusant de lui attribuer le revenu de solidarité active à compter du 9 août 2019, date de dépôt de sa demande ;

2°) d'enjoindre au président du conseil départemental de la Drôme de lui accorder rétroactivement le bénéfice du revenu de solidarité active à compter du mois d'août 2019 dans un délai de 48h à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;

3°) de condamner le département de la Drôme à lui verser les sommes correspondantes ;

4°) subsidiairement, d'enjoindre au département de la Drôme de réexaminer sa demande dans un délai de 48h à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ou de l'article 34 et 37 de la loi du 10 juillet 1991, à verser directement à son conseil, sous réserve que celui-ci renonce à percevoir la part contributive de l'Etat.

Il soutient que :

- la décision est manifestement illégale ;

- la décision est entachée d'incompétence de l'auteur de l'acte ;

- la décision est entachée d'erreur de droit et d'une erreur d'appréciation ;

- il n'a pas été destinataire d'une demande de pièces complémentaires pour l'instruction de sa demande de revenu de solidarité active.

Malgré une mise en demeure prononcée le 5 juillet 2023 en application de l'article R. 612-3 du code de justice administrative, le Département de la Drôme n'a pas présenté d'écritures en défense.

Vu la décision du bureau d'aide juridictionnelle du 21 mars 2022 admettant M. C au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- la loi n°91-647 du 10 décembre 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme B en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

La magistrate désignée a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Mme B a présenté son rapport au cours de l'audience tenue le 9 octobre 2024, les parties n'étant ni présentes ni représentées.

La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Il résulte de l'instruction que suite à une demande enregistrée le 23 avril 2021, M. C, ressortissant soudanais entré en France le 6 mai 2019, a bénéficié du revenu de solidarité active à compter d'avril 2021. Il a contesté la date d'ouverture de ses droits en se prévalant du dépôt d'une première demande tendant au bénéfice de cette allocation le 12 août 2019. Par une décision du 28 octobre 2021 notifiée le 3 novembre 2021, le département de la Drôme a rejeté son recours. Par la présente requête, M C demande au tribunal d'annuler cette décision et d'enjoindre au président du conseil départemental de la Drôme de lui accorder rétroactivement le bénéfice du revenu de solidarité active à compter du mois d'août 2019.

2. Le moyen tiré du défaut de compétence de l'auteur de l'acte doit être écarté comme manquant en fait.

3. Aux termes des dispositions de l'article de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un revenu garanti, a droit au revenu de solidarité active () ". L'article L. 262-4 du même code dispose que : " Le bénéfice du revenu de solidarité active est subordonné au respect, par le bénéficiaire, des conditions suivantes : / () 2° Etre français ou titulaire, depuis au moins cinq ans, d'un titre de séjour autorisant à travailler. Cette condition n'est pas applicable : a) Aux réfugiés, aux bénéficiaires de la protection subsidiaire, aux apatrides et aux étrangers titulaires de la carte de résident ou d'un titre de séjour prévu par les traités et accords internationaux et conférant des droits équivalents ".

4. Le requérant se prévaut des termes de la Lettre du réseau CNAF (LR n° 2017 - 003) du 18 janvier 2017 et du droit recognitif associé au statut de réfugié et de la protection subsidiaire pour soutenir que ses droits au revenu de solidarité active doivent être ouverts rétroactivement à compter de la date de sa première demande le 12 août 2019. Toutefois, à les supposer opposables, les termes de la Lettre du réseau CNAF qui précisent que " les droits doivent être ouverts à compter de la date de la demande sous réserve de justificatifs attestant du statut de réfugié ", ne sont pas contraires aux dispositions précitées de l'article L. 262-4 du code de l'action sociale et des familles. Le requérant n'est dès lors pas fondé à soutenir que la date d'effet d'ouverture des droits est celle du dépôt de la demande, y compris lorsque celle-ci est déposée au cours de la procédure d'instruction de sa demande d'asile, sans qu'il soit possible pour le département de lui opposer l'absence, à cette date, de reconnaissance du statut de réfugié.

5. En l'espèce, il résulte de l'instruction que pour rejeter son recours contre la décision du 28 octobre 2021, le département de la Drôme s'est fondé sur la circonstance que, suite au dépôt de sa première demande le 12 août2019, l'intéressé n'avait pas adressé les pièces demandées par le service instructeur permettant de vérifier qu'il remplissait les conditions de droit au séjour pour bénéficier de l'ouverture de droit au revenu de solidarité active. Il résulte de la lecture de la décision attaquée que le département a justifié sa décision d'ouvrir son droit au revenu de solidarité active à partir d'avril 2021 par la circonstance que l'intéressé bénéficiait du statut de réfugié depuis le 7 avril 2021. A cette date, M. C remplissait effectivement les conditions prévues à l'article L.262-4 précité du code de l'action sociale et des familles pour bénéficier en qualité de réfugié de l'ouverture d'un droit au revenu de solidarité active. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir qu'en rejetant son recours, le département de la Drôme aurait entaché sa décision d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation.

6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. C doit être rejetée y compris ses conclusions à fin d'injonction et d'astreinte et celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, à Me Vigneron et au département de la Drôme.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 novembre 2024.

La magistrate désignée,

E. BLa greffière,

L. BOURECHAK

La République mande et ordonne au préfet de la Drôme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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