lundi 10 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2303607 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Juge unique 10 |
| Avocat requérant | PRELE |
Vu la procédure suivante :
Par requête enregistrée le 7 juin 2023, M. C A, représenté par Me Prèle, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 22 mai 2023 par lequel le préfet de la Haute-Savoie a prolongé son assignation à résidence pour une durée de trois mois ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. A soutient que :
- l'arrêté est entaché d'une erreur de droit ;
- est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire enregistré le 3 juillet 2023, le préfet de la Haute-Savoie conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu :
- l'arrêté attaqué et les autres pièces du dossier ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. B a été entendu au cours de l'audience publique, les parties n'étant ni présentes ni représentées.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A est un ressortissant algérien, né le 8 septembre 1987. Il déclare être entré en France en mai 2018. Le 20 juillet 2022 il a fait l'objet d'un arrêté portant obligation de quitter le territoire français assortie d'une interdiction de retour sur le territoire d'un an. M. A n'a pas contesté cet arrêté. Le 9 avril 2023, suite à un contrôle routier, il a fait l'objet d'une assignation à résidence notifiée le jour-même. Par le présent recours, il demande l'annulation de l'arrêté du 22 mai 2023 portant prolongation de son assignation à résidence.
2. Aux termes de l'article L. 731-1 du code l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins d'un an auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé () ". Aux termes de l'article L. 732-1 du même code : " Les décisions d'assignation à résidence, y compris de renouvellement, sont motivées ". Aux termes de l'article L. 732-3 du même code : " L'assignation à résidence prévue à l'article L. 731-1 ne peut excéder une durée de quarante-cinq jours. / Elle est renouvelable une fois dans la même limite de durée. () ".
3. L'éloignement de M. A à destination de l'Algérie demeure une perspective raisonnable. Par suite, le préfet de la Haute-Savoie était en droit de prolonger son assignation à résidence. Cette prolongation ne porte par elle-même pas atteinte aux droits reconnus à M. A par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et n'est pas entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
4. Toutefois, comme il a été dit au point 1. M. A a été assigné à résidence le 9 avril 2023 pour une durée de 45 jours. Par suite, en application des dispositions précitées, la prolongation de l'assignation à résidence ne pouvait excéder 45 jours. Dès lors, en prolongeant l'assignation à résidence pour une durée de trois mois à compter du 24 mai 2023, le préfet a commis une erreur de droit et M. A est fondé à demander l'annulation de l'arrêté attaqué en tant qu'il fixe une prolongation de durée d'assignation à résidence excédant quarante-cinq jours.
5. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par M. A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 22 mai 2023 prolongeant l'assignation à résidence de M. A est annulé en tant qu'il fixe une durée d'assignation à résidence excédant quarante-cinq jours.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, à Me Prèle et au préfet de la Haute-Savoie.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 juillet 2023.
Le président
J.P. B
La greffière
A. MULLER
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Savoie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Conseil d'État — N° 516229
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.
01/06/2026
Conseil d'État — N° 515333
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de Mme A..., magistrate, qui demandait le report et l'encadrement de ses auditions par l'inspection générale de la justice (IGJ) dans le cadre d'une enquête administrative. La requérante invoquait une atteinte grave à ses droits de la défense, à sa dignité et à l'indépendance juridictionnelle. Le juge a estimé que l'audition prévue du 4 au 7 mai 2026, qui ne préjugeait pas de l'issue de l'enquête ni d'éventuelles poursuites disciplinaires, n'était pas susceptible de porter une atteinte manifestement disproportionnée à ses droits. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, la condition d'urgence n'étant pas retenue comme caractérisant une illégalité grave.
03/05/2026
Conseil d'État — N° 509298
Le Conseil d'État rejette la requête de M. A... pour défaut d'intérêt à agir, les circonstances invoquées (qualité de citoyen, d'usager ou de professionnel) n'étant pas suffisamment directes et certaines pour contester la nomination du président du conseil d'administration de l'OFII. La portée de cette décision est de rappeler la rigueur du contrôle de l'intérêt à agir en matière de nominations aux emplois publics.
09/04/2026
Conseil d'État — N° 507528
Le Conseil d'État refuse d'admettre le pourvoi de La Poste contre l'ordonnance ayant suspendu la révocation de M. B..., estimant qu'aucun moyen sérieux n'est soulevé.
09/04/2026