LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2400968

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2400968

jeudi 17 juillet 2025

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2400968
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère Chambre
Avocat requérantANDUJAR CAMACHO

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Grenoble annule la décision du préfet de la Drôme du 7 décembre 2023 refusant le regroupement familial pour les deux enfants de M. D, ressortissant colombien. Le tribunal juge que le motif tiré de l'instabilité des ressources est entaché d'erreur d'appréciation, les revenus du couple étant stables et suffisants au regard de l'article L. 434-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il écarte également le motif fondé sur l'intérêt supérieur des enfants, estimant que la seule séparation de quatre ans ne suffit pas à démontrer que leur venue en France serait contraire à cet intérêt au sens de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant. La décision est annulée et il est enjoint au préfet de réexaminer la demande.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 10 février 2024, M. A E, représenté par Me Andujar Camacho, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 7 décembre 2023 par laquelle le préfet de la Drôme a refusé de lui accorder le bénéfice du regroupement familial pour ses deux enfants ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Drôme de faire droit à sa demande de regroupement familial ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision est insuffisamment motivée ;

- le motif tiré de l'intérêt supérieur des enfants à rester auprès de leur mère est entaché d'erreur de droit ;

- le motif tiré de l'instabilité des ressources est entaché d'erreur manifeste d'appréciation ;

- la décision méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 16 décembre 2024, le préfet de la Drôme conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. D ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Beytout,

- et les observations de Me Andujar Camacho, représentant M. D.

Considérant ce qui suit :

1. M. D, ressortissant colombien, a quitté son épouse dont il s'est séparé et ses deux enfants mineurs, B C, née en 2007 et Kevin Alexander, né en 2014, pour venir vivre en France le 25 décembre 2017. Le 16 février 2019, il a épousé à Nyons une ressortissante française, avec laquelle il a eu un enfant né en mars 2023. Le 25 avril 2023, M. D a présenté une demande de regroupement familial partiel au bénéfice de ses deux enfants restés en Colombie. Le préfet de la Drôme a rejeté sa demande par une décision du 7 décembre 2023 dont M. D demande l'annulation dans la présente instance.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Le préfet de la Drôme a rejeté la demande de regroupement familial de M. D aux motifs, d'une part, de l'instabilité de ses ressources et, d'autre part, de l'absence d'intérêt supérieur des enfants à venir en France.

3. D'une part, aux termes de l'article L. 434-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le regroupement familial peut être demandé pour les enfants mineurs de dix-huit ans du demandeur et ceux de son conjoint, qui sont confiés, selon le cas, à l'un ou l'autre, au titre de l'exercice de l'autorité parentale, en vertu d'une décision d'une juridiction étrangère. Une copie de cette décision devra être produite ainsi que l'autorisation de l'autre parent de laisser le mineur venir en France ". Et aux termes de l'article L. 434-7 du même code : " L'étranger qui en fait la demande est autorisé à être rejoint au titre du regroupement familial s'il remplit les conditions suivantes : 1° Il justifie de ressources stables et suffisantes pour subvenir aux besoins de sa famille ; / 2° Il dispose ou disposera à la date d'arrivée de sa famille en France d'un logement considéré comme normal pour une famille comparable vivant dans la même région géographique ; / 3° Il se conforme aux principes essentiels qui, conformément aux lois de la République, régissent la vie familiale en France, pays d'accueil ".

4. En l'espère, il n'est pas contesté que M. D et son épouse française disposaient pour la période de référence de douze mois de revenus mensuels moyens supérieurs au salaire minimum de croissance mensuel. Si M. D était sans emploi depuis décembre 2022 et percevait l'allocation d'aide au retour à l'emploi, son épouse, après avoir été employée sous contrats à durée déterminée, disposait d'un contrat à durée indéterminée pour un emploi à temps complet à la date de la décision attaquée. La circonstance qu'ayant accouché en mars 2023, elle serait en congé maternité est sans incidence sur l'appréciation des ressources du couple. M. D est ainsi fondé à soutenir qu'en estimant que les ressources du couple ne présentaient pas un caractère suffisamment stable, le préfet de la Drôme a fait une inexacte appréciation de sa situation.

5. D'autre part, aux termes du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant du 26 janvier 1990 : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". L'intérêt supérieur de l'enfant à vivre auprès de la personne à qui il a été confié par un simple acte notarié ne peut être présumé et doit être établi au cas par cas.

6. En l'espèce, le préfet a fondé sa décision sur la double circonstance que M. D a, d'une part, introduit sa demande après avoir vécu séparé de ses deux enfants pendant quatre ans sans démontrer qu'il lui était impossible d'exercer son droit de visite auprès de ceux-ci en Colombie et n'a, d'autre part, pas fourni l'exequatur du jugement français qui indiquerait qu'il est primordial que les enfants, qui vivent avec leur mère en Colombie, doivent désormais rejoindre leur père en France. La seule circonstance que le requérant a vécu séparé de ses enfants pendant quatre ans ne saurait par elle-même permettre au préfet de préjuger que leur venue en France pour vivre auprès de leur père a pour effet de porter atteinte à leur intérêt supérieur. Il ressort par ailleurs des pièces produites que la mère des deux enfants a exprimé devant notaire son accord pour lui confier la garde de ses enfants et qu'aucune disposition légale ou réglementaire n'impose de fournir l'exequatur d'un tel acte notarié. M. D est ainsi fondé à soutenir qu'en fondant sa décision sur les motifs susmentionnés, le préfet de la Drôme a commis une erreur de droit et une erreur d'appréciation.

7. Par suite, M. D est fondé à demander l'annulation de la décision du 7 décembre 2023, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

8. Le présent jugement implique, eu égard à ses motifs, d'accorder à M. D le regroupement familial au bénéfice de ses deux enfants. Il y a lieu de prescrire au préfet de la Drôme un délai de deux mois pour l'accomplissement de cette mesure.

Sur les frais de l'instance :

9. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".

10. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement à M. D d'une somme de 1 200 euros au titre des frais non compris dans les dépens qu'il a exposés dans la présente instance.

D E C I D E :

Article 1er : La décision du 7 décembre 2023 du préfet de la Drôme est annulée.

Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Drôme d'accorder à M. D le regroupement familial au bénéfice des ses deux enfants dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement.

Article 3 : L'Etat versera à M. D une somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A E et au préfet de la Drôme.

Délibéré après l'audience du 3 juillet 2025, à laquelle siégeaient :

M. Thierry, président,

Mme Beytout, première conseillère,

Mme Barriol, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 juillet 2025.

La rapporteure,

E. BEYTOUT

Le président,

P. THIERRYLa greffière,

A. ZANON

La République mande et ordonne au préfet de la Drôme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 516229

Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.

01/06/2026

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 515333

Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de Mme A..., magistrate, qui demandait le report et l'encadrement de ses auditions par l'inspection générale de la justice (IGJ) dans le cadre d'une enquête administrative. La requérante invoquait une atteinte grave à ses droits de la défense, à sa dignité et à l'indépendance juridictionnelle. Le juge a estimé que l'audition prévue du 4 au 7 mai 2026, qui ne préjugeait pas de l'issue de l'enquête ni d'éventuelles poursuites disciplinaires, n'était pas susceptible de porter une atteinte manifestement disproportionnée à ses droits. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, la condition d'urgence n'étant pas retenue comme caractérisant une illégalité grave.

03/05/2026

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 509298

Le Conseil d'État rejette la requête de M. A... pour défaut d'intérêt à agir, les circonstances invoquées (qualité de citoyen, d'usager ou de professionnel) n'étant pas suffisamment directes et certaines pour contester la nomination du président du conseil d'administration de l'OFII. La portée de cette décision est de rappeler la rigueur du contrôle de l'intérêt à agir en matière de nominations aux emplois publics.

09/04/2026

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 507528

Le Conseil d'État refuse d'admettre le pourvoi de La Poste contre l'ordonnance ayant suspendu la révocation de M. B..., estimant qu'aucun moyen sérieux n'est soulevé.

09/04/2026

← Retour aux décisions