vendredi 18 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2406287 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | PHELIP ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 20 août 2024, Mme H G et M. A B, représentés par Me Grabarczyk, demandent au tribunal, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative de désigner un expert chargé de se prononcer sur les conséquences de l'accident dont a été victime leur enfant C alors qu'il était en classe au collège de Beaurepaire.
Ils soutiennent que cette expertise sera utile dans le cadre de l'action en responsabilité qu'ils sont susceptibles d'engager à l'encontre du département de l'Isère.
Ils demandent, en outre, que le département de l'Isère soit condamné à leur verser la somme de 5 000 euros à titre de provision à valoir sur la réparation des préjudices de leur enfant.
Ils demandent, enfin, que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge du département de l'Isère au titre des frais de procès.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 septembre 2024, le département de l'Isère, représenté par Me Phelip, conclut au rejet de la requête et demande que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge des requérants au titre des frais de procès.
Il soutient que la demande d'expertise est inutile et que la demande de provision est irrecevable et, en tout état de cause, infondée.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. E en qualité de juge des référés.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande d'expertise :
1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence d'une décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction () ".
2. Le juge des référés, saisi d'une demande d'expertise, doit apprécier son utilité compte tenu des pièces du dossier et des motifs de droit et de fait qui justifient, selon la demande, la mesure sollicitée.
3. Il résulte de l'instruction que le 21 janvier 2022, une fenêtre d'une salle de classe du collège de Beaurepaire est tombée sur la table devant laquelle était assis l'enfant C B. Les parents de celui-ci font valoir que leur enfant a subi des préjudices physiques et psychologiques du fait de cet accident.
4. La demande d'expertise présentée par Mme G et M. B, aux fins d'évaluer les préjudices subis par leur enfant C à la suite de cet accident, présente un caractère utile et entre dans le champ d'application de l'article R. 532-1 du code de justice administrative. Il convient d'y faire droit dans les conditions précisées à l'article 1er de la présente ordonnance.
Sur les conclusions aux fins de provision :
5. En l'état de l'instruction, l'existence et l'étendue des préjudices subis par C B ne sont pas suffisamment établis pour justifier la condamnation du département de l'Isère à verser une provision. Les conclusions en ce sens de Mme G et M. B doivent donc être rejetées.
Sur les conclusions relatives aux frais de procès :
6. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions des parties présentées au titre des frais de procès.
ORDONNE :
Article 1er : Le docteur F D, domicilié 77 rue Chevreul à Lyon (69007), est désigné comme expert avec pour mission de :
1° - prendre connaissance des dossiers médicaux et de tous documents concernant C B et examiner l'intéressé ;
2° - décrire l'état de santé C B, faire l'historique de son évolution, préciser les causes de cet état de santé et dire si une ou des pathologies préexistaient à l'accident survenu le 21 janvier 2022 ;
3° - proposer une date de consolidation de l'état physique et psychologique C B, et évaluer l'importance et la durée du déficit fonctionnel temporaire, des souffrances physiques ou mentales endurées, du déficit fonctionnel permanent, du préjudice d'agrément et du préjudice sexuel, ou de tout autre préjudice extrapatrimonial dont celui-ci ferait état ; évaluer le cas échéant le taux d'incapacité permanente partielle, susceptible d'être retenu ;
5°- préciser le montant des dépenses de santé et des frais divers supportés jusqu'à la date de consolidation et évaluer, le cas échéant, la nature et le montant des dépenses de santé futures ; indiquer dans quelle mesure ces soins sont imputables à son accident ; en cas de pluralité de causes, déterminer la part d'imputabilité de chacune ;
6° - de manière générale, donner toutes précisions et informations utiles permettant au tribunal de se prononcer sur les responsabilités et l'importance du préjudice, ainsi que toute information utile à la solution du litige ;
Article 2 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues aux articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable du président du tribunal administratif.
Article 3 : Préalablement à toute opération, l'expert prêtera serment dans les formes prévues à l'article R. 621-3 du code de justice administrative.
Article 4 : L'expertise aura lieu en présence C B, de ses parents et des représentants du département de l'Isère et de la caisse primaire d'assurance maladie du Rhône.
Article 5 : L'expert déposera son rapport au greffe sous forme électronique par le biais de la plateforme d'échanges dans le délai de huit mois à compter de la notification de la présente ordonnance, accompagné de l'état de ses vacations, frais et débours.
Article 6 : L'expert notifiera son rapport aux parties dans les conditions prévues à l'article R. 621-9 du code de justice administrative. Avec leur accord, cette notification pourra s'opérer sous forme électronique.
Article 7 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 8 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme H G et M. A B, au département de l'Isère, à la caisse primaire d'assurance maladie du Rhône, et à l'expert.
Fait à Grenoble, le 18 octobre 2024.
Le juge des référés,
S. E
La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne et à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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