Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2409081

lundi 2 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2409081
TypeDécision
PublicationC
Avocat requérantHUARD

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Grenoble, statuant en référé, a examiné la demande de Mme B, ressortissante kosovare, qui sollicitait une injonction pour obtenir un rendez-vous afin de déposer une demande de titre de séjour. Le préfet de l'Isère ayant accordé un rendez-vous le 20 décembre 2024 en cours d'instance, le juge a constaté un non-lieu à statuer sur les conclusions à fin d'injonction, celles-ci ayant perdu leur objet. La décision admet provisoirement Mme B à l'aide juridictionnelle et condamne l'État à verser 700 euros à son avocat sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 21 novembre 2024, Mme A C épouse B, représentée par Me Huard, demande au juge des référés :

1°) d'enjoindre au préfet de l'Isère de lui accorder un rendez-vous pour déposer sa demande de titre de séjour dans les cinq jours suivant la notification de l'ordonnance et, dans l'attente, de lui délivrer un document justifiant de son droit au séjour l'autorisant à travailler dans les quarante-huit heures sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

2°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 200 euros sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est remplie ; elle se trouve dans l'impossibilité d'obtenir un rendez-vous afin de déposer sa demande de renouvellement de titre de séjour ;

- la mesure demandée est utile ; elle tente en vain d'obtenir un rendez-vous sur le site du ministère de l'intérieur depuis le mois de mars 2024 ;

- la mesure demandée ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative dès lors qu'aucune décision n'a été prise.

Par un mémoire en défense, enregistré le 29 novembre 2024, le préfet de l'Isère conclut au non-lieu à statuer et au rejet des conclusions relatives aux frais non compris dans les dépens.

Il fait valoir que le rendez-vous qu'il a délivré à Mme B a fait perdre aux conclusions à fin d'injonction leur objet.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Thierry, vice-président, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B, ressortissante kosovare, demande au juge des référés d'enjoindre au préfet de l'Isère de lui accorder un rendez-vous pour déposer sa demande de titre de séjour dans les cinq jours suivant la notification de l'ordonnance et, dans l'attente, de lui délivrer un document justifiant de son droit au séjour l'autorisant à travailler dans les quarante-huit heures sous astreinte de 50 euros par jour de retard.

2. Par un courrier du 29 novembre 2024, le préfet de l'Isère lui a délivré un tel rendez-vous pour le 20 décembre 2024. Dans ces circonstances, sa demande d'injonction doit être regardée comme ayant perdu son objet. Il n'y a plus lieu dès lors de statuer sur ces conclusions.

Sur l'aide juridictionnelle :

3. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président () ". Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application de ces dispositions, l'admission provisoire de Mme B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions relatives aux frais non compris dans les dépens :

4. Il y a lieu, sous réserve de l'admission définitive de la requérante à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 700 euros à Me Huard, avocat de Mme B, en application des dispositions de l'article de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

O R D O N N E :

Article 1er : Mme B est admise, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'injonction de Mme B. Article 3 :Sous réserve de l'admission définitive de Mme B à l'aide juridictionnelle l'Etat versera à la somme de 700 euros à Me Huard en application des dispositions de l'article de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Article 4 :La présente ordonnance sera notifiée à Mme D épouse B, au ministre de l'intérieur et à Me Huard.

Copie en sera délivrée au préfet de l'Isère

Fait à Grenoble, le 2 décembre 2024.

Le juge des référés,

P. Thierry

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

No 24090812