vendredi 28 mars 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2500115 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 7ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL DELSOL AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 7 janvier 2025 et le 6 mars 2025, M. G E, Mme A D, M. C B et M. F, représentés par la SCP Rilov, demandent au tribunal :
1°) d'annuler pour excès de pouvoir la décision du 7 novembre 2024 par laquelle la directrice régionale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités Auvergne-Rhône-Alpes a homologué le document unilatéral portant plan de sauvegarde de l'emploi de la société Logiplast ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la procédure d'information et de consultation du comité social et économique est irrégulière ;
- le périmètre du groupe homologué est erroné ;
- la décision attaquée ne liste pas expressément les sociétés composant le groupe Mutares et elle n'indique pas expressément que chacune d'entre elles a été régulièrement sollicitée au titre des demandes de reclassement ;
- le document unilatéral homologué ne contient aucun plan de reclassement ni aucune liste de postes de reclassement identifiées par le liquidateur, ni même leur nombre, leur nature ou leur localisation, de sorte que ce document ne pouvait en conséquence être valablement homologué ;
- les liquidateurs devaient adresser des demandes de reclassement suffisamment précises aux sociétés du groupe ;
- le plan de sauvegarde homologué n'est pas proportionné aux moyens de la société Logiplast ;
- le document unilatéral est dépourvu de mesures concrètes concernant les obligations en matière de prévention des risques ;
- la décision contestée du 7 novembre 2024 est insuffisamment motivée.
Par un mémoire en défense enregistré le 24 février 2025, la directrice régionale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités Auvergne-Rhône-Alpes conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense enregistré le 26 février 2025, Me Christophe Roumezi et la SELARL Berthelot et Associés, agissant en qualité de liquidateurs judiciaires de la SAS Logiplast, représentés par la SELARL Delsol Avocats, concluent au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge solidaire des requérants une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils font valoir que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du commerce ;
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Ruocco-Nardo, rapporteur,
- les conclusions de Mme Bourion, rapporteure publique,
- les observations de Me Rilov, représentant M. E et autres, et celles de Me Bretagnolle, représentant la SAS Logiplast.
Considérant ce qui suit :
1. Par un jugement du 23 octobre 2024, le tribunal de commerce de Grenoble a prononcé la liquidation judiciaire sans poursuite d'activité de la SAS Logiplast, spécialisée dans la fabrication de sièges automobiles pour enfants. Le 5 novembre 2024, la directrice régionale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités (DREETS) Auvergne-Rhône-Alpes a été saisie par le mandataire judiciaire d'une demande d'homologation d'un document unilatéral portant plan de sauvegarde de l'emploi. Par une décision du 7 novembre 2024, la DREETS Auvergne-Rhône-Alpes a homologué le document unilatéral qui lui était soumis permettant ainsi le licenciement de la totalité de l'effectif de la SAS Logiplast, soit cent dix-sept salariés. Par la présente requête, M. E et autres, salariés de la SAS Logiplast, demandent l'annulation de cette décision du 7 novembre 2024.
Sur l'office du juge :
2. Aux termes des septième, huitième et neuvième alinéas du II de l'article L. 1233-58 du code du travail : " En cas de licenciements intervenus en l'absence de toute décision relative à la validation ou à l'homologation ou en cas d'annulation d'une décision ayant procédé à la validation ou à l'homologation, le juge octroie au salarié une indemnité à la charge de l'employeur qui ne peut être inférieure aux salaires des six derniers mois. L'article L. 1235-16 ne s'applique pas. / En cas d'annulation d'une décision de validation mentionnée à l'article L. 1233-57-2 ou d'homologation mentionnée à l'article L. 1233-57-3 en raison d'une insuffisance de motivation, l'autorité administrative prend une nouvelle décision suffisamment motivée, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à l'administration. Cette décision est portée par l'employeur à la connaissance des salariés licenciés à la suite de la première décision de validation ou d'homologation, par tout moyen permettant de conférer une date certaine à cette information. / Dès lors que l'autorité administrative a édicté cette nouvelle décision, l'annulation pour le seul motif d'insuffisance de motivation de la première décision de l'autorité administrative est sans incidence sur la validité du licenciement et ne donne pas lieu au versement d'une indemnité à la charge de l'employeur. ".
3. Il résulte des dispositions qui viennent d'être citées que, pour les entreprises qui sont en redressement ou en liquidation judiciaire, le législateur a attaché à l'annulation pour excès de pouvoir d'une décision d'homologation ou de validation d'un plan de sauvegarde de l'emploi, des effets qui diffèrent selon que cette annulation est fondée sur un moyen tiré de l'insuffisance de la motivation de la décision en cause ou sur un autre moyen. Par suite, lorsque le juge administratif est saisi d'une requête dirigée contre une décision d'homologation ou de validation d'un plan de sauvegarde de l'emploi d'une entreprise qui est en redressement ou en liquidation judiciaire, il doit, si cette requête soulève plusieurs moyens, toujours commencer par se prononcer sur les moyens autres que celui tiré de l'insuffisance de la motivation de la décision administrative, en réservant, à ce stade, un tel moyen. Lorsqu'aucun de ces moyens n'est fondé, le juge administratif doit ensuite se prononcer sur le moyen tiré de l'insuffisance de la motivation de la décision administrative, lorsqu'il est soulevé.
Sur la légalité de la décision attaquée :
En ce qui concerne le moyen tiré de l'irrégularité de la procédure d'information et de consultation du comité social et économique :
4. Aux termes du premier alinéa du II de l'article L. 1233-58 du code du travail, applicable aux entreprises placées en redressement ou en liquidation judiciaire : " Pour un licenciement d'au moins dix salariés dans une entreprise d'au moins cinquante salariés, l'accord mentionné à l'article L. 1233-24-1 est validé et le document mentionné à l'article L. 1233-24-4, élaboré par l'employeur, l'administrateur ou le liquidateur, est homologué dans les conditions fixées aux articles L. 1233-57-1 à L. 1233-57-3 () ". Aux termes de l'article L. 1233-57-3 du même code : " En l'absence d'accord collectif ou en cas d'accord ne portant pas sur l'ensemble des points mentionnés aux 1° à 5° de l'article L. 1233-24-2, l'autorité administrative homologue le document élaboré par l'employeur mentionné à l'article L. 1233-24-4, après avoir vérifié () la régularité de la procédure d'information et de consultation du comité social et économique () ".
5. Aux termes du I de l'article L. 1233-58 du code du travail : " I.-En cas de redressement ou de liquidation judiciaire, l'employeur, l'administrateur ou le liquidateur, selon le cas, qui envisage des licenciements économiques, met en œuvre un plan de licenciement dans les conditions prévues aux articles L. 1233-24-1 à L. 123324-4. / L'employeur, l'administrateur ou le liquidateur, selon le cas, réunit et consulte le comité social et économique dans les conditions prévues à l'article L. 2323-31 ainsi qu'aux articles : / () / 3° L. 1233-30, I à l'exception du dernier alinéa, et dernier alinéa du II, pour un licenciement d'au moins dix salariés dans une entreprise d'au moins cinquante salariés ; / 4° L. 1233-34 et L. 1233-35 premier alinéa et, le cas échéant, L. 2325-35 et L. 4614-12-1 du code du travail relatifs au recours à l'expert ; / 5° L. 1233-31 à L. 1233-33, L. 1233-48 et L. 1233-63, relatifs à la nature des renseignements et au contenu des mesures sociales adressés aux représentants du personnel et à l'autorité administrative ; / 6° L. 1233-49, L. 1233-61 et L. 1233-62, relatifs au plan de sauvegarde de l'emploi ; / 7° L. 1233-57-5 et L. 1233-57-6, pour un licenciement d'au moins dix salariés dans une entreprise d'au moins cinquante salariés. "
6. Aux termes de l'article L. 1233-30 du code du travail : " I.-Dans les entreprises ou établissements employant habituellement au moins cinquante salariés, l'employeur réunit et consulte le comité social et économique sur : / 1° L'opération projetée et ses modalités d'application, conformément à l'article L. 2323-31 ; / 2° Le projet de licenciement collectif : le nombre de suppressions d'emploi, les catégories professionnelles concernées, les critères d'ordre et le calendrier prévisionnel des licenciements, les mesures sociales d'accompagnement prévues par le plan de sauvegarde de l'emploi et, le cas échéant, les conséquences des licenciements projetés en matière de santé, de sécurité ou de conditions de travail. () " Aux termes de l'article L. 1233-31 du même code : " L'employeur adresse aux représentants du personnel, avec la convocation à la première réunion, tous renseignements utiles sur le projet de licenciement collectif. / Il indique : / 1° La ou les raisons économiques, financières ou techniques du projet de licenciement ; / 2° Le nombre de licenciements envisagé ; / 3° Les catégories professionnelles concernées et les critères proposés pour l'ordre des licenciements ; / 4° Le nombre de salariés, permanents ou non, employés dans l'établissement ; / 5° Le calendrier prévisionnel des licenciements ; / 6° Les mesures de nature économique envisagées ; 7° Le cas échéant, les conséquences de la réorganisation en matière de santé, de sécurité ou de conditions de travail. ". Aux termes de l'article L. 1233-34 du même code : " Dans les entreprises d'au moins cinquante salariés, lorsque le projet de licenciement concerne au moins dix salariés dans une même période de trente jours, le comité social et économique peut () décider, lors de la première réunion prévue à l'article L. 1233-30, de recourir à une expertise pouvant porter sur les domaines économique et comptable ainsi que sur la santé, la sécurité ou les effets potentiels du projet sur les conditions de travail. ".
7. Il résulte de ces dispositions que, lorsqu'elle est saisie par un employeur d'une demande d'homologation d'un document élaboré en application de l'article L. 1233-24-4 du code du travail et fixant le contenu d'un plan de sauvegarde de l'emploi, il appartient à l'administration de s'assurer, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, que la procédure d'information et de consultation du comité social et économique a été régulière. Elle ne peut légalement accorder l'homologation demandée que si le comité a été mis à même d'émettre régulièrement un avis, d'une part, sur l'opération projetée et ses modalités d'application et, d'autre part, sur le projet de licenciement collectif et le plan de sauvegarde de l'emploi. A ce titre, il appartient à l'administration de s'assurer que l'employeur a adressé au comité tous les éléments utiles pour qu'il formule ses deux avis en toute connaissance de cause, dans des conditions qui ne sont pas susceptibles d'avoir faussé sa consultation.
8. Les requérants soutiennent que la procédure d'information et de consultation du comité social et économique serait irrégulière en ce que, d'une part, le document d'information ne précisait pas et ne justifiait pas du périmètre précis du groupe auquel appartient la société Logiplast, et, d'autre part, le comité social et économique ne s'est pas vu remettre de plan de reclassement, ni d'offres de reclassement.
9. Il ressort des pièces du dossier que le document d'information, remis au comité social et économique pour la séance du 4 novembre 2024, comportait l'ensemble des informations exigées par les dispositions de l'article L. 1233-31 du code du travail, notamment les raisons économiques du projet de licenciement, le nombre de licenciements envisagé, les effectifs de la société par catégories professionnelles et les mesures sociales d'accompagnement en mesure de faciliter le reclassement des salariés dont le licenciement ne pouvait être évité. Par ailleurs, contrairement à ce qui est soutenu, ce document présente un organigramme du groupe auquel la SAS Logiplast appartient, cette dernière étant détenue à hauteur de 100 % par la SAS Team Tex Management, laquelle est elle-même détenue à hauteur de 83,08 % par la société allemande Mutares Holding-54 GmbH et à hauteur de 16,92 % par la société Nania développement. Il précise que ces sociétés ainsi que les filiales de la SAS Team Tex Management, en France ou à l'étranger, ont été interrogées en vue d'un reclassement interne et que la société allemande Mutares Holding-54 GmbH a répondu qu'elle n'abonderait pas financièrement au plan, qu'il n'existait aucun poste disponible et que la société Team Tex Management était placée en procédure de liquidation judiciaire. Contrairement à ce qui est soutenu, il ne résulte pas des dispositions citées aux points précédents que le liquidateur devait justifier, auprès du comité social et économique, des raisons qui l'ont conduit à retenir le périmètre de ce groupe. En outre, le document transmis au comité liste les seize autres sociétés, dont les sociétés Mutares France et Lapeyre, n'appartenant pas au groupe qui ont été sollicitées en vue d'un reclassement et ajoute que, dans l'hypothèse où des postes seraient disponibles, une information en serait immédiatement faite auprès des membres du comité social et économique et des salariés. Au demeurant, il ne ressort pas des procès-verbaux versés en défense relatifs aux réunions du comité social et économique du 30 octobre 2024 et du 4 novembre 2024, que les membres du comité se soient considérés comme insuffisamment informés à ce propos. Enfin, le document détaille la procédure de reclassement interne et les mesures destinées à favoriser le reclassement externe des salariés. Par suite, et quand bien même ce document ne prévoit aucune offre de reclassement en raison de la cession totale de l'activité de la SAS Logiplast et de l'absence de proposition de reclassement formulée par les autres entreprises sollicitées, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que la procédure d'information et de consultation du comité social et économique a été entachée d'irrégularité à ces titres.
En ce qui concerne le moyen tiré de l'inexactitude du périmètre du groupe :
10. Aux termes du deuxième alinéa du II de l'article L. 1233-58 du code du travail : " Par dérogation au 1° de l'article L. 1233-57-3, sans préjudice de la recherche, selon le cas, par l'administrateur, le liquidateur ou l'employeur, en cas de redressement ou de liquidation judiciaire, des moyens du groupe auquel l'employeur appartient pour l'établissement du plan de sauvegarde de l'emploi, l'autorité administrative homologue le plan de sauvegarde de l'emploi après s'être assurée du respect par celui-ci des articles L. 1233-61 à L. 1233-63 au regard des moyens dont dispose l'entreprise. ".
11. Par ailleurs, aux termes de l'article L. 1233-61 du code du travail : " Dans les entreprises d'au moins cinquante salariés, lorsque le projet de licenciement concerne au moins dix salariés dans une même période de trente jours, l'employeur établit et met en œuvre un plan de sauvegarde de l'emploi pour éviter les licenciements ou en limiter le nombre. / Ce plan intègre un plan de reclassement visant à faciliter le reclassement sur le territoire national des salariés dont le licenciement ne pourrait être évité, notamment celui des salariés âgés ou présentant des caractéristiques sociales ou de qualification rendant leur réinsertion professionnelle particulièrement difficile. () ". Aux termes de l'article L. 1233-62 de ce code : " Le plan de sauvegarde de l'emploi prévoit des mesures telles que : / 1° Des actions en vue du reclassement interne sur le territoire national, des salariés sur des emplois relevant de la même catégorie d'emplois ou équivalents à ceux qu'ils occupent ou, sous réserve de l'accord exprès des salariés concernés, sur des emplois de catégorie inférieure ; / () / 3° Des actions favorisant le reclassement externe à l'entreprise, notamment par le soutien à la réactivation du bassin d'emploi ; / 4° Des actions de soutien à la création d'activités nouvelles ou à la reprise d'activités existantes par les salariés ; / 5° Des actions de formation, de validation des acquis de l'expérience ou de reconversion de nature à faciliter le reclassement interne ou externe des salariés sur des emplois équivalents () ".
12. Enfin, le groupe s'entend, ainsi qu'il est dit au deuxième alinéa de l'article L. 1233-4 du code du travail, de l'ensemble constitué par les entreprises placées sous le contrôle d'une même entreprise dominante dans les conditions définies à l'article L. 233-1, aux I et II de l'article L. 233-3 et à l'article L. 233-16 du code de commerce. Aux termes de l'article L. 233-3 du code du commerce : " I- Toute personne physique ou morale est considérée pour l'application des sections 2 et 4 du présent chapitre, comme en contrôlant une autre : / 1° lorsqu'elle détient directement ou indirectement une fraction du capital lui conférant une majorité des droits de vote dans les assemblées générales de cette société ; / 2° lorsqu'elle dispose seule de la majorité des droits de vote dans cette société en vertu d'un accord conclu avec d'autres associés ou actionnaires et qui n'est pas contraire à l'intérêt de la société ; / 3° lorsqu'elle détermine en fait, par les droits de vote dont elle dispose, les décisions dans les assemblées générales de cette société ; / 4° lorsqu'elle est associée ou actionnaire de cette société et dispose du pouvoir de nommer ou de révoquer la majorité des membres des organes d'administration, de direction ou de surveillance de cette société. / II - Elle est présumée exercer ce contrôle lorsqu'elle dispose directement ou indirectement, d'une fraction des droits de vote supérieure à 40 % et qu'aucun autre associé ou actionnaire ne détient directement ou indirectement une fraction supérieure à la sienne. ".
13. Il résulte des dispositions mentionnées aux points 10 et 11 que, lorsque l'administration est saisie d'une demande d'homologation d'un document élaboré en application de l'article L. 1233-24-4 du code du travail, il lui appartient, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, de vérifier, dans le cas des entreprises en redressement ou en liquidation judiciaire, d'une part, que l'administrateur, le liquidateur ou l'employeur a recherché, pour l'établissement du plan de sauvegarde de l'emploi, les moyens dont disposent l'unité économique et sociale et le groupe auquel l'entreprise appartient et, d'autre part, que le plan de sauvegarde de l'emploi n'est pas insuffisant au regard des seuls moyens dont dispose l'entreprise. Dans ce cadre, il revient notamment à l'autorité administrative de s'assurer que le plan de reclassement intégré au plan de sauvegarde de l'emploi est de nature à faciliter le reclassement des salariés dont le licenciement ne pourrait être évité. L'employeur doit, à cette fin, avoir identifié dans le plan l'ensemble des possibilités de reclassement des salariés dans l'entreprise. En outre, lorsque l'entreprise appartient à un groupe, l'employeur, seul débiteur de l'obligation de reclassement, doit avoir procédé à une recherche sérieuse des postes disponibles sur le territoire national pour un reclassement dans les autres entreprises du groupe. Pour l'ensemble des postes de reclassement ainsi identifiés, l'employeur doit avoir indiqué dans le plan leur nombre, leur nature et leur localisation.
14. En revanche, à ce stade de la procédure, il n'appartient pas à l'administration de contrôler le respect de l'obligation qui, en application de l'article L. 1233-4 du code du travail, incombe à l'employeur qui projette de licencier un salarié pour motif économique, consistant à procéder, préalablement à son licenciement, à une recherche sérieuse des postes disponibles pour le reclassement de ce salarié, qu'ils soient ou non prévus au plan de sauvegarde de l'emploi, en vue d'éviter autant que de possible ce licenciement. Il en va ainsi même lorsque le document unilatéral arrêtant le plan de sauvegarde de l'emploi comporte des garanties relatives à la mise en œuvre de l'obligation, prévue à l'article L. 1233-4 du code du travail, de recherche sérieuse de reclassement individuel. Au demeurant, de telles garanties, dont les salariés pourront, le cas échéant, se prévaloir, pour contester leur licenciement, ne sont pas de nature à dispenser l'employeur de respecter, dans toute son étendue, l'obligation qui lui incombe en vertu de l'article L. 1233-4 du code du travail.
15. Il ressort du document homologué que le périmètre du groupe retenu par les liquidateurs intégrait la société allemande Mutares Holding-54 GmbH détenant 83,08 % des parts de la SAS Team Tex Management, la société Nania développement détenant 16,92 % des parts de la SAS Team Tex Management, la SAS Team Tex Management détenant l'intégralité des parts de la SAS Logiplast, ainsi que la SAS Team Tex et la société Team Tex UK détenues intégralement par la SAS Team Tex Management, enfin la société Team Tex Brasil, détenue à hauteur de 83,79 % par la SAS Team Tex Management. Si les requérants se prévalent de deux cartographies publiées sur le site internet " Pappers " pour faire valoir que le groupe Mutares France et le groupe Lapeyre se composent de nombreuses autres sociétés en France et que d'autres sociétés du groupe Team Tex auraient dû être sollicitées, dont la société Meca Fonction, ils ne précisent pas la nature des liens capitalistiques qui relieraient chacune de ces sociétés à la société Mutares Holding-54 GmbH ou à la SAS Team Tex Management, actionnaire unique de la SAS Logiplast. Par ailleurs, s'ils versent dans leur mémoire en réplique les statuts de la société My Team, ces derniers, qui ont été enregistrés le 9 avril 2014 au tribunal de commerce de Montluçon, sont anciens et n'attestent pas à eux seuls de ce que la société My Team était toujours détenue par la SAS Team Tex Management à la date de la décision attaquée. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que l'administration aurait inexactement apprécié le périmètre du groupe tant pour le reclassement des salariés de l'entreprise que pour l'abondement financier du plan de sauvegarde de l'emploi doit être écarté.
En ce qui concerne les moyens tirés de l'insuffisance du plan de sauvegarde de l'emploi :
16. En premier lieu, la circonstance que la décision attaquée ne liste pas expressément les sociétés composant le groupe Mutares et qu'elle n'indique pas expressément que chacune d'entre elle a été régulièrement sollicitée au titre des demandes de reclassement ne saurait, à elle seule, révéler que l'administration n'a pas vérifié que le liquidateur avait régulièrement recherché, pour l'établissement du plan de sauvegarde de l'emploi, les moyens dont dispose le groupe auquel l'entreprise appartient.
17. En deuxième lieu, par des courriers datés du 29 et du 30 octobre 2024, les mandataires judiciaires de la SAS Logiplast ont demandé à l'ensemble des entreprises du groupe Mutares mentionnées au point 15 un abondement financier du plan de sauvegarde de l'emploi et des offres de reclassement, en y précisant la nature des contrats de travail, l'intitulé des emplois supprimés, le statut et le coefficient de classification des salariés concernés. En outre, seize autres sociétés apparaissant sur le site internet du groupe Team Tex ou identifiées dans le rapport de gestion du groupe Mutares, dont les sociétés Mutares France et Lapeyre, ont été saisies des mêmes courriers. Par un courrier du 30 octobre 2024, la société Mutares Holding-54 GmbH a répondu qu'aucun nouvel effort financier ne serait consenti, qu'il n'existait aucun poste disponible et que la SAS Team Tex Management était placée en procédure de liquidation judiciaire. Par deux courriers du 29 octobre 2024, la SAS Team Tex et la SAS Team Tex Management ont répondu qu'elles étaient placées en procédure de liquidation judiciaire et qu'elles étaient contraintes de cesser totalement leur activité. Par un courriel du 30 octobre 2024, la société Team Tex UK a répondu qu'elle ne disposait pas d'opportunité de reclassement. En outre, le document unilatéral ajoute que, dans l'hypothèse où des postes seraient disponibles, une information en serait immédiatement faite auprès des membres du comité social et économique et des salariés. Par ailleurs, le document unilatéral détaille la procédure de reclassement interne et les mesures destinées à favoriser le reclassement externe des salariés et notamment des dispositifs légaux ou financés sur fonds publics. Enfin, si le plan de reclassement qu'il comporte n'identifie aucun poste de reclassement, une telle circonstance est due à la cessation totale et définitive d'activité de la SAS Logiplast et à l'absence de propositions de reclassement alors formulées par les autres entreprises du groupe. Par suite, les moyens tirés de ce que le document unilatéral homologué ne contient aucun plan de reclassement, ni aucune liste de postes de reclassement et de ce que les liquidateurs devaient adresser des demandes de reclassement suffisamment précises aux sociétés du groupe, doivent être écartés.
18. En dernier lieu, en se bornant à soutenir de manière imprécise que l'administration n'a pas vérifié la proportionnalité des mesures prévues par le document unilatéral soumis à homologation au regard de la situation de l'entreprise, les requérants ne justifient pas en quoi la décision serait entachée d'illégalité à ce titre. Au demeurant, il ressort des pièces du dossier que la SAS Logiplast, qui a été, ainsi qu'il a été dit, placée en liquidation judiciaire sans poursuite d'activité, avait, au 11 octobre 2024, un passif s'élevant à 2,9 millions d'euros, avec en sus un montant résultant de la rupture des contrats de travail évalué à 980 000 euros, et un actif s'élevant à 723 000 euros dont 696 000 euros de trésorerie. En outre, le plan de sauvegarde de l'emploi prévoit des mesures d'aide au reclassement externe avec, notamment, le déploiement d'une cellule d'appui à la sécurisation professionnelle, des mesures accessoires d'accompagnement pour la mobilité, la formation et la création d'entreprises prises en charge par le régime de garantie des salaires ou encore la recherche de postes disponibles au reclassement externe. Ces mesures pouvaient être légalement regardées par l'administration comme étant, prises dans leur ensemble, suffisantes au regard des moyens de la SAS Logiplast.
En ce qui concerne le moyen tiré de l'illégalité de la décision attaquée en tant qu'elle porte sur le contrôle du respect par l'employeur de ses obligations en matière de prévention des risques pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs :
19. Aux termes de l'article L. 4121-1 du code du travail : " L'employeur prend les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs. / Ces mesures comprennent : / 1° Des actions de prévention des risques professionnels, y compris ceux mentionnés à l'article L. 4161-1 ; / 2° Des actions d'information et de formation ; / 3° La mise en place d'une organisation et de moyens adaptés. / L'employeur veille à l'adaptation de ces mesures pour tenir compte du changement des circonstances et tendre à l'amélioration des situations existantes. ".
20. Il résulte de ces dispositions que dans le cadre d'une réorganisation qui donne lieu à l'élaboration d'un plan de sauvegarde de l'emploi, il appartient à l'autorité administrative de vérifier, y compris pour les sociétés en liquidation judiciaire, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, le respect, par l'employeur ou le liquidateur, de ses obligations en matière de prévention des risques pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs. A cette fin, elle doit contrôler tant la régularité de l'information et de la consultation des institutions représentatives du personnel que les mesures auxquelles l'employeur ou le liquidateur est tenu en application de l'article L. 4121-1 du code du travail au titre des modalités d'application de l'opération projetée.
21. A ce titre, il appartient notamment à l'administration, dans le cadre du contrôle du contenu du document unilatéral lui étant soumis en vue de son homologation, de vérifier, au vu des éléments d'identification et d'évaluation des risques, des débats qui se sont déroulés au sein du comité social et économique, des échanges d'informations et des observations et injonctions éventuelles formulées lors de l'élaboration du plan de sauvegarde de l'emploi, dès lors qu'ils conduisent à retenir que la réorganisation présente des risques pour la santé ou la sécurité des travailleurs, si l'employeur ou le liquidateur a arrêté des actions pour y remédier et si celles-ci correspondent à des mesures précises et concrètes, au nombre de celles prévues aux articles L. 4121-1 et L. 4121-2 du code du travail, qui, prises dans leur ensemble, sont, au regard de ces risques, propres à les prévenir et à en protéger les travailleurs.
22. Contrairement à ce qui est soutenu, il ressort des pièces du dossier que les liquidateurs ont intégré dans le document unilatéral portant plan de sauvegarde de l'emploi des mesures de nature à prévenir et gérer les risques pour la santé physique et mentale des salariés concernés par le projet de licenciement collectif, comprenant en particulier la mise en place d'une cellule d'accompagnement à la sécurisation professionnelle qui intègre un dispositif de soutien psychologique durant six semaines. De telles mesures, contenues dans le document unilatéral et contrôlées par l'administration, étaient suffisamment précises et concrètes eu égard au fait que la SAS Logiplast était placée en liquidation judiciaire sans poursuite d'activité. La circonstance que ce document ne prévoit aucun suivi des mesures mise en place n'est pas de nature à entacher la décision d'illégalité.
En ce qui concerne le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision attaquée :
23. Aux termes de l'article L. 1233-57-4 du code du travail : " L'autorité administrative notifie à l'employeur () la décision d'homologation dans un délai de vingt et un jours (). / Elle la notifie, dans les mêmes délais, au comité social et économique (). La décision prise par l'autorité administrative est motivée. ". Aux termes du quatrième alinéa du II de l'article L. 1233-58 du même code : " Les délais prévus au premier alinéa de l'article L. 1233-57-4 sont ramenés, à compter de la dernière réunion du comité social et économique, à huit jours en cas de redressement judiciaire et à quatre jours en cas de liquidation judiciaire. ".
24. Il résulte de ces dispositions que la décision expresse par laquelle l'administration homologue un document fixant le contenu d'un plan de sauvegarde de l'emploi doit énoncer les éléments de droit et de fait qui en constituent le fondement, de sorte que les personnes auxquelles cette décision est notifiée puissent à sa seule lecture en connaître les motifs. Si le respect de cette règle de motivation n'implique ni que l'administration prenne explicitement parti sur tous les éléments qu'il lui incombe de contrôler, ni qu'elle retrace dans la motivation de sa décision les étapes de la procédure préalable à son édiction, il lui appartient, toutefois, d'y faire apparaître les éléments essentiels de son examen. Doivent ainsi notamment y figurer ceux relatifs à la régularité de la procédure d'information et de consultation des instances représentatives du personnel. En outre, il appartient, le cas échéant, à l'administration, d'indiquer dans la motivation de sa décision tout élément sur lequel elle aurait été, en raison des circonstances propres à l'espèce, spécifiquement amenée à porter une appréciation.
25. En l'espèce, la décision contestée apprécie, en premier lieu, la régularité de la procédure d'information et de consultation du comité social et économique en précisant que le mandataire judiciaire a tenu deux réunions d'information du comité et en indiquant que l'instance représentative du personnel a pu formuler son avis éclairé, sur le projet de cession d'activité, sur le projet de licenciement collectif ainsi que sur les impacts sur la santé, la sécurité et les conditions de travail des salariés. Elle revient, en deuxième lieu, sur le nombre de licenciements pour motif économique et le calendrier prévisionnel contenus dans le document unilatéral pour préciser qu'il n'y a pas lieu de définir des critères d'ordre des licenciements, ni des catégories professionnelles, dès lors que la liquidation judiciaire entraîne la suppression de l'ensemble des postes. Elle reprend, en troisième lieu, les impacts en matière de santé, de sécurité et de conditions de travail, en soulignant que le mandataire judiciaire a évalué les risques résultant du projet de cessation d'activité de l'entreprise et que l'employeur a pris des mesures suffisantes pour assurer la sécurité et la santé des salariés, notamment par le renforcement de l'information et de la communication auprès des salariés ainsi que la mise en œuvre de la cellule d'appui à la sécurisation professionnelle. Elle indique, en quatrième lieu, les démarches engagées par la société Logiplast en vue du reclassement interne auprès du groupe Mutares et du reclassement externe des salariés en précisant la nature des démarches d'accompagnement effectuées et l'absence de réponse de la part des entreprises sollicitées. La circonstance que l'administration n'ait pas défini précisément l'ensemble des sociétés composant le périmètre du groupe retenu n'est pas de nature à révéler un défaut de motivation à cet égard. Enfin, la décision indique que le plan de sauvegarde de l'emploi est suffisant au regard de la situation et de l'absence de fonds de l'entreprise, que le document unilatéral prévoit la création d'une commission de suivi et qu'il est conforme au code du travail et aux stipulations de la convention collective nationale de la plasturgie. Ces motifs font apparaître, avec suffisamment de précision contrairement à ce qui est soutenu, que l'administration s'est prononcée sur l'ensemble des éléments essentiels sur lesquels il lui appartenait de faire tout particulièrement porter son contrôle. La décision contestée est donc suffisamment motivée.
26. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation dirigées contre la décision du 7 novembre 2024 doivent être rejetées.
Sur les frais d'instance :
27. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que les requérants demandent au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. En revanche il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge des requérants la somme demandée par Me Roumezi et la SELARL Berthelot et Associés, liquidateurs judiciaires de la SAS Logiplast, au même titre.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. E et autres est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de Me Roumezi et de la SELARL Berthelot et Associés, liquidateurs judiciaires de la SAS Logiplast, tendant au versement d'une somme au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. G E, représentant unique en tant que premier dénommé dans la requête, à Me Roumezi, représentant unique en tant que premier dénommé dans le mémoire en défense, et au ministre du travail, de la santé, des solidarités et des familles.
Copie en sera délivrée à la directrice régionale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités Auvergne-Rhône-Alpes.
Délibéré après l'audience du 14 mars 2025, à laquelle siégeaient :
M. L'Hôte, président,
M. Lefebvre, premier conseiller,
M. Ruocco-Nardo, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 mars 2025.
Le rapporteur,
T. RUOCCO-NARDO
Le président,
V. L'HÔTE
La greffière,
L. ROUYER
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé, des solidarités et de la famille en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Toulouse — N° TA31-2505581
Le Tribunal Administratif de Toulouse a rejeté les requêtes de M. C... A... et Mme D... B... visant à annuler les arrêtés préfectoraux du 30 juin 2025 leur imposant une obligation de quitter le territoire français (OQTF), une interdiction de retour et fixant un pays de renvoi. La juridiction a estimé que le préfet de la Haute-Garonne était compétent et que les décisions attaquées, prises en application des articles L. 611-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), n'étaient entachées d'aucune illégalité, notamment au regard des exigences de motivation et de la Convention européenne des droits de l'homme. Les demandes d'injonctions et de provision pour frais d'avocat ont également été rejetées.
08/04/2026
Tribunal Administratif de Toulouse — N° TA31-2505951
Le Tribunal Administratif de Toulouse a rejeté la requête en annulation d'un arrêté d'éloignement pris à l'encontre d'un ressortissant italien. Le juge a écarté les moyens soulevés, notamment ceux tirés de l'incompétence de l'autorité signataire, du défaut de motivation et de la méconnaissance du droit d'être entendu. La décision s'appuie sur les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
08/04/2026
Tribunal Administratif de Toulouse — N° TA31-2505158
Le Tribunal Administratif de Toulouse a annulé l'arrêté préfectoral refusant le renouvellement du titre de séjour et ordonnant l'éloignement d'un ressortissant géorgien paraplégique. La juridiction a jugé que le préfet avait méconnu les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en ne démontrant pas que l'offre de soins dans le pays de renvoi était appropriée à l'état de santé grave du requérant. Elle a également relevé une insuffisance de motivation concernant la menace pour l'ordre public et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme. En conséquence, l'ensemble des mesures d'éloignement a été annulé.
08/04/2026
Tribunal Administratif de Toulouse — N° TA31-2505835
Le Tribunal Administratif de Toulouse a annulé l'arrêté préfectoral du 8 juillet 2025 refusant l'admission au séjour et ordonnant l'éloignement d'un ressortissant algérien. La juridiction a estimé que le préfet avait commis une erreur manifeste d'appréciation en ne tenant pas suffisamment compte de l'intégration réelle du requérant, caractérisée par une présence stable depuis 2018, la scolarité ancienne et assidue de ses quatre enfants en France, et ses efforts d'insertion professionnelle. Le juge a appliqué les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, au regard notamment des exigences de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme relatif au respect de la vie privée et familiale.
08/04/2026