Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2502276

lundi 7 avril 2025

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2502276
TypeDécision
Avocat requérantMAISONOBE - OLLIVIER

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Grenoble a rejeté la requête de M. C B qui demandait l'exécution forcée de l'ordonnance du 11 septembre 2024 condamnant l'État à lui verser 1 000 euros au titre des frais de procès. Le juge a estimé que les dispositions de l'article L. 911-9 du code de justice administrative permettaient déjà au requérant d'obtenir le paiement de cette somme par une procédure de mandatement d'office, rendant sa demande irrecevable dans le cadre de l'article L. 911-4 du même code. La solution retenue est donc le rejet de la requête sans astreinte.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 14 novembre 2024, M. A C B, représenté par Me Ollivier, a saisi le tribunal administratif de Grenoble d'une demande tendant à obtenir l'exécution de l'ordonnance n°2406344 du 11 septembre 2024 en fixant au besoin une astreinte s'agissant uniquement des frais de procès prévus à l'article L. 761-1 du code de justice administrative sur le fondement de l'article L. 911-4 du code de justice administrative.

Par une ordonnance du 26 février 2025, le président du tribunal a ouvert une procédure juridictionnelle en vue de prescrire les mesures nécessaires à l'exécution de l'ordonnance n°2406344 du 11 septembre 2024.

Par un mémoire en défense enregistré le 18 mars 2025, la préfète de l'Isère conclut à ce qu'un non-lieu à statuer soit prononcé.

Elle fait valoir qu'elle a délivré un document provisoire de séjour à M. C B.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu l'ordonnance n°2406344 du 11 septembre 2024 ;

Vu le code de justice administrative ;

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique, Mme Bedelet a lu son rapport en l'absence des parties.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 911-4 du code de justice administrative : " En cas d'inexécution d'un jugement ou d'un arrêt, la partie intéressée peut demander à la juridiction, une fois la décision rendue, d'en assurer l'exécution () ". Aux termes de l'article L. 911-9 du même code : " Lorsqu'une décision passée en force de chose jugée a prononcé la condamnation d'une personne publique au paiement d'une somme d'argent dont elle a fixé le montant, les dispositions de l'article 1er de la loi n° 80-539 du 16 juillet 1980, ci-après reproduites, sont applicables () / Lorsqu'une décision juridictionnelle passée en force de chose jugée a condamné l'Etat au paiement d'une somme d'argent dont le montant est fixé par la décision elle-même, cette somme doit être ordonnancée dans un délai de deux mois à compter de la notification de la décision de justice () / A défaut d'ordonnancement dans les délais mentionnés aux alinéas ci-dessus, le comptable assignataire de la dépense doit, à la demande du créancier et sur présentation de la décision de justice, procéder au paiement () ".

2. Par la présente requête, M. C B demande au juge des référés d'enjoindre à la préfète de l'Isère de procéder à l'exécution de l'article 3 du dispositif de l'ordonnance n°2406344 du 11 septembre 2024, lequel condamne l'Etat à verser à M. C B une somme de 1 000 euros au titre de l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Toutefois, dès lors que les dispositions précitées de l'article L. 911-9 du code de justice administrative permettent à M. C B d'obtenir le mandatement d'office de cette somme en cas d'inexécution, sa demande ne peut qu'être rejetée dans le cadre de la présente instance.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. C B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C B et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera adressée à la préfète de l'Isère.

Fait à Grenoble, le 7 avril 2025.

La juge des référés,

A. Bedelet

Le greffier,

P. Muller

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.