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AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2502646

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2502646

lundi 7 avril 2025

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2502646
TypeDécision
Avocat requérantDIEYE

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Grenoble, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a rejeté la demande de M. C tendant à la délivrance d'une carte de résident, cette mesure excédant le caractère provisoire des pouvoirs du juge des référés. En revanche, le tribunal a constaté un non-lieu à statuer sur la demande de délivrance d'une attestation de prolongation d'instruction, la préfète de l'Isère ayant déjà délivré ce document au requérant, conformément à l'article R. 431-15-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Les conclusions accessoires au titre des frais de justice ont également été rejetées.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 10 et 20 mars 2025, M. A C, représenté par Me Dieye, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, à la préfète de l'Isère de lui délivrer une carte de résident dans un délai de 15 jours, sous astreinte de 150 euros par jour de retard, à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;

2°) d'ordonner à la préfète de l'Isère de lui délivrer, dans un délai de 48 heures, une attestation de prolongation d'instruction valable 6 mois l'autorisant à travailler, sous astreinte de 150 euros par jour de retard à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;

3°) de condamner l'Etat ou qui mieux le devra, au versement d'une somme de 1 500 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Par un mémoire en défense, enregistré le 19 mars 2025, la préfète de l'Isère conclut au non-lieu à statuer et au rejet des conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir qu'elle a délivré à M. C une attestation de prolongation d'instruction qui a eu pour effet de rouvrir l'instruction de la demande de l'intéressé et de reporter la décision implicite de rejet de celle-ci et que le requérant s'est placé lui-même dans la situation d'urgence qu'il invoque en ayant sollicité le renouvellement de son titre de séjour trois mois après l'expiration de son titre actuel.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative ;

- la décision du président du tribunal désignant Mme B comme juge des référés.

Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".

2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 511-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire. Il n'est pas saisi du principal et se prononce dans les meilleurs délais ".

3. Le requérant demande au juge des référés d'enjoindre à la préfète de l'Isère de lui délivrer une carte de résident. Le prononcé d'une telle mesure excède, toutefois, la compétence du juge des référés, dont l'office lui permet uniquement de prononcer des mesures provisoires, conformément à l'article L. 511-1 du code de justice administrative. Par suite, ces conclusions ne peuvent qu'être rejetées.

4. En second lieu, aux termes de l'article R. 431-15-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le dépôt d'une demande présentée au moyen du téléservice mentionné à l'article R. 431-2 donne lieu à la délivrance immédiate d'une attestation dématérialisée de dépôt en ligne. Ce document ne justifie pas de la régularité du séjour de son titulaire. / Lorsque l'instruction d'une demande complète et déposée dans le respect des délais mentionnés à l'article R. 431-5 se poursuit au-delà de la date de validité du document de séjour détenu, le préfet est tenu de mettre à la disposition du demandeur via le téléservice mentionné au premier alinéa une attestation de prolongation de l'instruction de sa demande dont la durée de validité ne peut être supérieure à trois mois. Ce document, accompagné du document de séjour expiré, lui permet de justifier de la régularité de son séjour pendant la durée qu'il précise. Lorsque l'instruction se prolonge, en raison de circonstances particulières, au-delà de la date d'expiration de l'attestation, celle-ci est renouvelée aussi longtemps que le préfet n'a pas statué sur la demande () ".

5. Postérieurement à l'introduction de la requête, la préfète de l'Isère a délivré au requérant une attestation de prolongation d'instruction valable trois mois jusqu'au 18 juin 2025. Par ailleurs, il résulte des dispositions de l'article R. 431-15-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que la durée de validité d'une attestation de prolongation d'instruction ne peut être supérieure à trois mois. Par suite, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d'injonction de M. C tendant à la délivrance d'une attestation de prolongation d'instruction.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

6. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions du requérant présentées au titre des frais irrépétibles.

O R D O N N E

Article 1er :Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d'injonction de M. C tendant à la délivrance d'une attestation de prolongation d'instruction.

Article 2 :Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 :La présente ordonnance sera notifiée à M. A C, à Me Dieye et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera délivrée à la préfète de l'Isère.

Fait à Grenoble, le 7 avril 2025.

La juge des référés,

A. B

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2502646

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