vendredi 4 avril 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2503618 |
| Type | Ordonnance |
| Avocat requérant | SAMBA-SAMBELIGUE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 3 avril 2025, la SAS Limava, représentée par Me Samba-Sambeligue, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 13 février 2025 par laquelle le responsable de la plateforme interrégionale de la main d'œuvre étrangère du Puy-de-Dôme a rejeté sa demande d'autorisation de travail au profit de M. C B ;
2°) d'enjoindre à la préfète de l'Isère de réexaminer sa demande et de délivrer à M. B une autorisation de travail provisoire ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. A pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ". Aux termes du second alinéa de l'article R. 522-1 de ce code : " A peine d'irrecevabilité, les conclusions tendant à la suspension d'une décision administrative ou de certains de ses effets doivent être présentées par requête distincte de la requête à fin d'annulation ou de réformation et accompagnées d'une copie de cette dernière. ".
2. D'une part, la SAS Limava ne joint pas à son recours en référé une copie de la demande en annulation qu'il a formée contre la décision qu'elle conteste. Par suite, sa requête en référé ne répond pas aux exigences de l'article R. 522-1 du code de justice administrative précité et est, pour ce motif, manifestement irrecevable.
3. D'autre part, et en tout état de cause, si la SAS Limava fait valoir que l'exécution de la décision contestée aurait pour effet de la priver des services de M. B qui exerce comme cuisinier dans le restaurant qu'elle exploite, et compromettrait ainsi la pérennité de son établissement compte tenu des difficultés de recrutement dans le secteur de la restauration, elle verse à l'instance un contrat de travail à durée indéterminée daté du 27 décembre 2024, d'ailleurs non signé par le salarié, prévoyant le recrutement de M. B comme cuisinier à compter du 2 janvier 2025. Elle ne pouvait ignorer, au moment de la conclusion du contrat et à supposer ce contrat effectivement conclu, que M. B ne résidait en France et était autorisé à exercer une activité professionnelle qu'au bénéfice d'un récépissé de demande de titre de séjour de trois mois, délivré le 12 novembre 2024 et expirant le 11 février 2025. Par suite, en embauchant M. B sous contrat de travail à durée indéterminée alors qu'elle savait que l'intéressé était dans une situation précaire et qu'il risquait de perdre son droit au travail en France à brève échéance, la SAS Limava a elle-même créé la situation d'urgence dont elle se plaint. En outre, la société requérante ne produit aucun élément tendant à démontrer l'impossibilité pour elle de recruter un autre cuisinier à l'expiration du dernier récépissé délivré à M. B, valable jusqu'au 9 mai 2025, en se bornant à invoquer des difficultés de recrutement dans le secteur de la restauration qui ne sont étayées d'aucune pièce. Si la SAS Limava fait valoir, enfin, que la décision en litige affecte la situation personnelle et professionnelle de M. B, cette circonstance n'est pas de nature à justifier une situation d'urgence à son égard. Par suite, la condition de l'urgence ne peut être regardée comme étant remplie.
4. Il résulte de ce qui précède que la requête de la SAS Limava doit être rejetée.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de la SAS Limava est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la SAS Limava et à Me Samba-Sambeligue.
Fait à Grenoble, le 4 avril 2025.
Le juge des référés,
V. A
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.