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AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2503768

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2503768

vendredi 11 avril 2025

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2503768
TypeOrdonnance
Avocat requérantKORN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 8 avril 2025, M. B C et Mme H F, agissant en leur nom et en qualité de représentants légaux de leurs enfant mineurs A, G et E, représentés par Me Korn, demandent au juge des référés :

1°) d'enjoindre à la préfète de l'Isère d'enregistrer leurs demandes d'asile dans un délai de 24 heures et sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;

2°) de procéder à la liquidation partielle de l'astreinte de 100 euros par jour de retard prononcée par l'ordonnance du 1er avril 2025, soit 100 euros au 8 avril 2025, à parfaire ;

3°) de les admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire et de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1500 euros au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1990 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que l'inexécution de l'ordonnance n°2503432 du 1er avril 2025 constitue un élément nouveau et qu'ils dorment toujours dans la rue.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Pfauwadel, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue le 11 avril 2025 en présence de M. Morand, greffier d'audience, M. Pfauwadel a lu son rapport et entendu Me Korn, avocate de M. D et Mme H F.

La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-4 du code de justice administrative : " Saisi par toute personne intéressée, le juge des référés peut, à tout moment, au vu d'un élément nouveau, modifier les mesures qu'il avait ordonnées ou y mettre fin ".

2. Par une ordonnance n° 2503432 du 1er avril 2025, le juge des référés du tribunal, statuant sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, a enjoint à la préfète de l'Isère de fixer à M. D et Mme F un rendez-vous pour l'enregistrement de leur demande d'asile dans le délai de trois jours ouvrés suivant la notification de cette décision sous astreinte de 100 euros par jour de retard. M. D et Mme F, qui soutiennent que cette ordonnance n'a pas été exécutée, demandent sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, d'enjoindre à la préfète de leur fixer un rendez-vous dans le délai de 24 heures, de liquider provisoirement l'astreinte et de porter son montant à 300 euros par jour de retard.

3. Aux termes de l'article L. 911-6 du code de justice administrative : " L'astreinte est provisoire ou définitive. Elle doit être considérée comme provisoire à moins que la juridiction n'ait précisé son caractère définitif. Elle est indépendante des dommages et intérêts. ". Aux termes de l'article L. 911-7 du même code : " En cas d'inexécution totale ou partielle ou d'exécution tardive, la juridiction procède à la liquidation de l'astreinte qu'elle avait prononcée. / Sauf s'il est établi que l'inexécution de la décision provient d'un cas fortuit ou de force majeure, la juridiction ne peut modifier le taux de l'astreinte définitive lors de sa liquidation. / Elle peut modérer ou supprimer l'astreinte provisoire, même en cas d'inexécution constatée. ".

4. L'ordonnance n° 2503432 ayant été régulièrement notifiée le 2 avril 2025, l'administration disposait d'un délai jusqu'au 7 avril 2025 pour exécuter l'injonction du juge des référés. La préfète de l'Isère ne conteste pas le défaut d'exécution de cette injonction. A la date de la présente ordonnance, quatre jours se sont écoulés sans exécution de l'injonction. Il y a lieu, dès lors, de liquider provisoirement l'astreinte à la somme de 400 (quatre cents) euros qui sera versée à M. D et Mme F.

5. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de modifier le montant de l'astreinte fixé par l'ordonnance n° 2503432. Par suite, et dès lors que le délai de trois jours ouvrés fixé par cette ordonnance est écoulé, il n'y a pas lieu de fixer un nouveau délai d'exécution de l'injonction de fixer à M. D et Mme F un rendez-vous pour l'enregistrement de leur demande d'asile.

6. Eu égard à l'urgence qui s'attache au règlement du présent litige, il y a lieu d'admettre M. C et Mme F, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, leur avocate peut se prévaloir des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que l'avocate de M. C et Mme F renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat et sous réserve de l'admission définitive de ses clients à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 500 euros à verser à Me Korn. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. C et Mme F par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 500 euros leur sera versée.

O R D O N N E :

Article 1er : M. D et Mme F sont admis à l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : L'Etat est condamné à verser la somme de 400 (quatre cents) euros à M. D et Mme F en application de l'article L. 911-7 du code de justice administrative.

Article 3 : Sous réserve de l'admission définitive de M. D et Mme F à l'aide juridictionnelle et sous réserve que son avocate renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, ce dernier versera à entendu Me Korn une somme de 500 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. D et Mme F par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 500 euros lui sera versée.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D et Mme F, à Me Korn, au ministre de l'intérieur et à la préfète de l'Isère.

Fait à Grenoble, le 11 avril 2025.

Le juge des référés,

T. PFAUWADEL

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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