Le Tribunal administratif de Grenoble rejette la requête de M. A... demandant une indemnisation au département de la Drôme suite à un accident de la route. La juridiction estime la requête manifestement irrecevable car le requérant n'a pas préalablement saisi l'administration d'une demande indemnitaire, malgré une invitation à régulariser sa procédure. La décision s'appuie sur les articles R. 421-1 et R. 222-1 du code de justice administrative, qui conditionnent la recevabilité d'une demande en paiement à l'existence d'une décision administrative préalable.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 22 décembre 2025, M. A... demande au tribunal de condamner le département de la Drôme à l’indemniser des conséquences dommageables résultant d’un accident survenu sur la route départementale D 94 en direction de Saint-Maurice-Sur-Eygues et de lui verser la somme de 60 000 euros au titre de ses dommages corporels et 2 256 euros au titre de ses dommages matériels.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les (…) présidents de formation de jugement (…) peuvent, par ordonnance : (…) 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens (…) ». Aux termes de l’article R. 421-1 du même code : « La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle (…) ». Aux termes de l’article R. 612-1 du même code : « Lorsque des conclusions sont entachées d'une irrecevabilité susceptible d'être couverte après l'expiration du délai de recours, la juridiction ne peut les rejeter en relevant d'office cette irrecevabilité qu'après avoir invité leur auteur à les régulariser. (…) / La demande de régularisation mentionne que, à défaut de régularisation, les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l'expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l'information prévue à l'article R. 611-7 ».
Par courrier du 14 janvier 2026, M. A... a été invité à régulariser la requête par la production de la décision attaquée dans le délai de quinze jours. Par courrier du 28 janvier 2026, M. A... a fait état de sa volonté d’obtenir la désignation d’un expert sans pour autant justifier avoir saisi le département d’une demande indemnitaire. Dans ces conditions, la requête doit être rejetée comme manifestement irrecevable en application des dispositions précitées du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... et au département de la Drôme.
Fait à Grenoble, le 3 avril 2026.
Le président de la 3ème chambre,
B. Savouré
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.