vendredi 4 avril 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2100411 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 12eme chambre |
| Avocat requérant | CHERIFF |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 13 janvier 2021, M. A B, représenté par
Me Cheriff, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 12 octobre 2020 par lequel le maire de La Garnache l'a sanctionné d'une exclusion temporaire de fonctions de trois jours ;
2°) de mettre à la charge de la commune de La Garnache le versement d'une somme de 1 600 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué n'est pas suffisamment motivé ;
- il est irrégulier faute de mentionner la possibilité de saisir le conseil de discipline de recours et celle de former un recours gracieux ;
- il repose sur des faits matériellement inexacts, qui ne présentant pas de caractère fautif, et il est entaché de disproportion.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 janvier 2022, la commune de La Garnache, représentée par Me Lahalle, conclut au rejet de la requête et, en outre, à ce que M. B lui verse une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- la loi n° 2019-828 du 6 août 2019 ;
- le décret n° 89-677 du 18 septembre 1989 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Cordrie,
- les conclusions de Mme Milin, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, agent de maîtrise territoriale, est employé par la commune de La Garnache. Il a été nommé sur le poste de responsable du service technique de la commune à compter de juin 2017, puis affecté sur le poste d'adjoint au directeur de ce service à compter de juillet 2019. Par un arrêté du 12 octobre 2020, dont il demande l'annulation, le maire de La Garnache l'a sanctionné d'une exclusion temporaire de fonctions de trois jours.
Sur la légalité externe :
2. En premier lieu, l'arrêté attaqué vise les dispositions relatives à la procédure disciplinaire des agents territoriaux dont le maire a fait application, et énonce avec une précision suffisante les faits reprochés à M. B sur lesquels il est fondé, en distinguant les faits retenus par le conseil de discipline de nature à justifier la sanction d'avertissement proposée par cette instance et les éléments supplémentaires considérés comme non établis par le conseil de discipline, mais retenus par le maire, alors même qu'aucune disposition n'impose à l'autorité disciplinaire de faire expressément état dans sa décision des motifs l'ayant conduite à retenir une sanction différente de celle proposée par le conseil de discipline. L'arrêté attaqué est ainsi suffisamment motivé.
3. En second lieu, d'une part, l'article 32 de la loi du 6 août 2019 de transformation de la fonction publique, dont les dispositions sont entrées en vigueur le 7 août 2019, a abrogé l'article 90 bis de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale ayant institué un conseil de discipline de recours. Dès lors, à la date du
12 octobre 2020 à laquelle la décision attaquée a été prise, le requérant ne disposait pas de la possibilité de contester la sanction litigieuse devant cette instance de recours, alors même que les dispositions réglementaires d'application de cet article 90 bis, qui figuraient notamment à l'article 15 du décret du 18 septembre 1989 relatif à la procédure disciplinaire applicable aux fonctionnaires territoriaux, n'ont été formellement abrogées qu'à compter du 8 décembre 2020, par le décret du 8 décembre 2020 relatif aux commissions administratives paritaires et aux conseils de discipline de la fonction publique territoriale. Par suite, M. B ne saurait utilement se prévaloir des dispositions de l'article 15 du décret du 18 septembre 1989 qui imposaient à l'autorité territoriale, lors de la notification d'une sanction disciplinaire, de communiquer à l'agent les informations de nature à lui permettre de déterminer si les conditions de saisine du conseil de discipline de recours se trouvaient réunies. D'autre part, aucune disposition ni aucun principe n'impose, à peine d'illégalité, la mention sur une décision administrative de la possibilité de la contester par un recours gracieux.
Sur la légalité interne :
4. Aux termes de l'article 29 de la loi du 13 juillet 1983, en vigueur à la date à laquelle l'arrêté attaqué a été pris : " Toute faute commise par un fonctionnaire dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions l'expose à une sanction disciplinaire () ". Et aux termes de l'article 89 de la loi 26 janvier 1984 alors en vigueur : " Les sanctions disciplinaires sont réparties en quatre groupes : / Premier groupe : / l'avertissement ; / le blâme ; / l'exclusion temporaire de fonctions pour une durée maximale de trois jours ; / () ".
5. Il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi de moyens en ce sens, de rechercher si les faits reprochés à un agent public ayant fait l'objet d'une sanction disciplinaire constituent des fautes de nature à justifier une sanction et si la sanction retenue est proportionnée à la gravité de ces fautes.
6. Pour prononcer la sanction d'exclusion temporaire de fonctions de trois jours à l'encontre de M. B, le maire de La Garnache doit être regardé comme s'étant fondé sur le comportement irrespectueux et agressif de l'intéressé à l'égard de son responsable hiérarchique, sur son manquement au devoir de réserve et sur son comportement préjudiciable au bon fonctionnement du service.
7. Pour établir un manquement au devoir de réserve, la commune de La Garnache fait seulement état de propos tenus par le requérant le 27 novembre 2019, ayant consisté à déplorer l'insuffisante prise en considération de l'inondabilité de certaines parcelles de la commune lors de la délivrance de permis de construire. Toutefois, de tels propos ne constituent pas une expression critique présentant une véhémence excessive à l'égard du maire, et ont été tenus en la seule présence d'un administré et du responsable hiérarchique de l'intéressé. Ils ne peuvent donc être regardés comme excédant le devoir de réserve auquel est tenu tout fonctionnaire et ne présentent pas, par suite, le caractère d'une faute de nature à justifier une sanction disciplinaire.
8. En ce qui concerne le grief tiré du comportement préjudiciable au bon fonctionnement du service de M. B, tout d'abord, les retards répétés et les pauses café prolongées relevés par le maire dans son arrêté sont seulement étayés par un document non signé et non daté intitulé " états de service sommaires ", qui a été versé à la procédure disciplinaire, dont l'auteur n'est pas identifié et qui se borne à relater des agissements épars de M. B sans les mettre en regard avec les obligations professionnelles qu'il aurait ainsi méconnues. Dès lors, la matérialité de ces faits ne peut être regardée comme établie. S'il est par ailleurs reproché à M. B d'avoir, le 17 mars 2020, tenu des propos alarmistes devant ses collègues en s'inquiétant de l'insuffisance des équipements de protection contre le virus de la Covid 19, ces propos ne révèlent pas, alors que l'état d'urgence sanitaire venait d'être instauré au niveau national et que les mesures de confinement mises en place se justifiaient notamment par la pénurie d'équipements de protection, un caractère excessif ou polémique de nature à leur conférer un caractère fautif. Enfin, s'il est fait grief à M. B d'avoir, en novembre 2019, subtilisé du bois appartenant à la commune, cette dernière n'apporte aucune pièce de nature à démontrer que le maire aurait effectivement interdit aux agents de récupérer du bois, alors que le requérant établit, en produisant plusieurs attestations d'agents en ce sens, que cet usage avait cours de longue date et perdurait à la date des faits en cause.
9. En revanche, la matérialité du grief tiré du comportement irrespectueux et agressif de l'intéressé à l'égard de son responsable hiérarchique est établie par les pièces du dossier, notamment par le courriel adressé le 24 décembre 2019 par ce responsable à la directrice générale des services de la commune, faisant état d'un emportement violent de M. B à son égard en raison d'un désaccord de planning et de la menace physique alors ressentie par ce responsable, lequel précise en outre que deux incidents similaires sont déjà survenus. Ces faits sont corroborés par les comptes-rendus des réunions des 7 janvier et 11 février 2020 avec le maire et la directrice générale des services, au cours desquelles l'agressivité du requérant à l'égard de son responsable a été évoquée. Dès lors, ces faits, qui justifient une sanction disciplinaire, doivent être regardés comme établis. En outre, le requérant ne conteste pas ne pas avoir, début 2019, réalisé les entretiens professionnels des agents du service technique qu'il avait pourtant programmés, alors qu'il exerçait les fonctions de responsable de ce service. La circonstance qu'il ait rencontré des difficultés pour s'acquitter de ses missions de responsable et qu'il avait été informé de ce que ses fonctions d'encadrement lui seraient retirées à brève échéance n'était pas de nature à le délier de cette obligation. Dès lors, ce second manquement est également établi.
10. Il résulte de l'instruction que le maire aurait pris la même sanction s'il s'était fondé sur les seuls faits mentionnés au point 9. Eu égard à leur gravité, la sanction d'exclusion temporaire de fonctions de trois jours infligée à M. B à raison de ces faits, qui relève du premier groupe, ne présente pas un caractère disproportionné.
Sur les frais liés au litige :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de La Garnache, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. B demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
12. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de
M. B le versement de la somme demandée par la commune de La Garnache au même titre.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par lela commune de La Garnache sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la commune de La Garnache.
Délibéré après l'audience du 21 mars 2025, à laquelle siégeaient :
Mme Gourmelon, présidente,
Mme André, première conseillère,
M. Cordrie, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 avril 2025.
Le rapporteur,
A. CORDRIE
La présidente,
V. GOURMELONLa greffière,
S. LEGEAY
La République mande et ordonne au préfet de la Vendée en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2309588
Le Tribunal Administratif de Nantes a rejeté la requête de Mme A... visant à annuler l'ajournement de sa demande de naturalisation. Le tribunal a jugé que la décision ministérielle du 2 mai 2023, qui se substitue à la décision préfectorale initiale, était légale. L'administration a pu légalement apprécier l'opportunité de la naturalisation en considérant le degré d'insertion professionnelle de la requérante, au regard des articles 21-15 du code civil et 48 du décret du 30 décembre 1993.
03/04/2026
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2503397
Le Tribunal Administratif de Nantes rejette la requête de M. B... A... visant à annuler l'arrêté préfectoral du 12 décembre 2024 refusant le renouvellement de son titre de séjour et lui imposant une obligation de quitter le territoire français. La juridiction estime que la décision est suffisamment motivée, a procédé à l'examen requis de la situation personnelle du requérant, et ne méconnaît pas les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (articles L. 421-1 et L. 421-3) ni l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme. Les autres demandes, y compris l'injonction de délivrer un titre et la restitution du passeport, sont par conséquent rejetées.
03/04/2026
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2503113
Le Tribunal Administratif de Nantes a rejeté la requête de Mme B..., une ressortissante algérienne, qui demandait l'annulation de l'arrêté préfectoral du 20 décembre 2024 refusant un titre de séjour et lui notifiant une obligation de quitter le territoire français. La juridiction a estimé que le préfet de la Sarthe n'avait pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en considérant que les liens personnels et familiaux de la requérante en France n'étaient pas suffisants pour justifier la délivrance d'un titre au titre de l'article 6-5 des accords franco-algériens ou de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme. Les moyens tirés de l'incompétence de la signataire et des considérations humanitaires (articles L. 423-23 et L. 435-1 du CESEDA) ont également été écartés.
03/04/2026