vendredi 7 mars 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2106228 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 12eme chambre |
| Avocat requérant | VERITE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 6 juin 2021 et 2 mai 2023, Mme B A, représentée par Me Vérité, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 21 avril 2021 par laquelle la directrice régionale des finances publiques des Pays de la Loire a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de l'accident survenu le 21 juin 2017 et a considéré que les arrêts de travail qui lui ont été prescrits à compter du 6 avril 2020 relèvent du régime du congé de maladie ordinaire ;
2°) d'annuler la décision du 5 avril 2021 par laquelle la directrice régionale des finances publiques des Pays de la Loire a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de l'accident survenu le 21 juin 2017 ;
3°) d'enjoindre à la directrice régionale des finances publiques des Pays de la Loire de reconnaître l'imputabilité au service de l'accident survenu le 21 juin 2017 dans le délai de deux mois à compter du jugement à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa demande de reconnaissance d'imputabilité au service de l'accident du 21 juin 2017 était recevable, sur le fondement des articles 47-2 et 47-3 du décret du 14 mars 1986, dès lors qu'elle a adressé dans le délai de quinze jours le certificat médical indiquant la nature et le siège des lésions résultant de l'accident ;
- à la supposer tardive, sa déclaration était recevable sur le fondement du second alinéa du IV de l'article 47-3 du décret du 14 mars 1986 dès lors qu'elle justifie d'un motif légitime tenant à la dégradation progressive de son état de santé ;
- l'accident du 21 juin 2017 survenu à son domicile est tout de même imputable au service dès lors qu'elle a chuté alors qu'elle était occupée à travailler, son supérieur hiérarchique lui confiant des missions qui excédaient celles pouvant être confiées à un agent de catégorie C.
Par un mémoire en défense enregistré le 15 septembre 2023, le ministre de l'économie conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- le décret n°86-442 du 14 mars 1986 ;
- le décret n° 2019-122 du 21 février 2019 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Milin, première conseillère ;
- les conclusions de Mme Malingue, rapporteure publique ;
- les observations de Me Vérité, représentant Mme A, et les explications de celle-ci.
Considérant ce qui suit :
1. Par une déclaration d'accident de service du 10 avril 2020, Mme A, agente administrative principale des finances publiques de 2nde classe affectée à la direction régionale des finances publiques des Pays de la Loire, a demandé à l'administration de reconnaître l'imputabilité au service d'une chute survenue à son domicile le 21 juin 2017. Lors de sa séance du 18 mars 2021, la commission de réforme a émis un avis défavorable à cette demande au motif de la tardiveté de celle-ci. Par une décision du 5 avril 2021, réitérée le 21 avril 2021, la directrice régionale des finances publiques des Pays de la Loire a rejeté la demande de Mme A. La requérante demande au tribunal d'annuler les décisions des 5 et 21 avril 2021.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 47-2 du décret du 14 mars 1986 relatif à la désignation des médecins agréés, à l'organisation des conseils médicaux, aux conditions d'aptitude physique pour l'admission aux emplois publics et au régime de congés de maladie des fonctionnaires : " Pour obtenir un congé pour invalidité temporaire imputable au service, le fonctionnaire, ou son ayant-droit, adresse par tout moyen à son administration une déclaration d'accident de service, d'accident de trajet ou de maladie professionnelle accompagnée des pièces nécessaires pour établir ses droits. / La déclaration comporte : / 1° Un formulaire précisant les circonstances de l'accident ou de la maladie. Un formulaire type est mis en ligne sur le site internet du ministère chargé de la fonction publique et communiqué par l'administration à l'agent à sa demande ; / 2° Un certificat médical indiquant la nature et le siège des lésions résultant de l'accident ou de la maladie ainsi que, s'il y a lieu, la durée probable de l'incapacité de travail en découlant. ". Aux termes de l'article 47-3 du même décret : " I.-La déclaration d'accident de service ou de trajet prévue à l'article 47-2 est adressée à l'administration dans le délai de quinze jours à compter de la date de l'accident. / Ce délai n'est pas opposable à l'agent lorsque le certificat médical prévu au 2° de l'article 47-2 est établi dans le délai de deux ans à compter de la date de l'accident. Dans ce cas, le délai de déclaration est de quinze jours à compter de la date de cette constatation médicale. / () IV. Lorsque les délais prévus aux I et II ne sont pas respectés, la demande de l'agent est rejetée. / Les délais prévus aux I, II et III ne sont pas applicables lorsque le fonctionnaire entre dans le champ de l' article L. 169-1 du code de la sécurité sociale ou s'il justifie d'un cas de force majeure, d'impossibilité absolue ou de motifs légitimes. ". L'article 22 du décret du 21 février 2019 relatif au congé pour invalidité temporaire imputable au service dans la fonction publique de l'Etat, publié au journal officiel de la République française du 23 février 2019, dispose : " Les conditions de forme et de délais prévues aux articles 47-2 à 47-7 du décret du 14 mars 1986 précité ne sont pas applicables aux fonctionnaires ayant déposé une déclaration d'accident ou de maladie professionnelle avant l'entrée en vigueur du présent décret. / Les délais mentionnés à l'article 47-3 du même décret courent à compter du premier jour du deuxième mois suivant la publication du présent décret lorsqu'un accident ou une maladie n'a pas fait l'objet d'une déclaration avant cette date ".
3. Il résulte de ces dispositions que les conditions de délai de déclaration prévues à l'article 47-3 du décret du 14 mars 1986, dans sa rédaction issue du décret du 21 février 2019, sont applicables aux demandes initiales de congé pour invalidité temporaire imputable au service motivées par un accident dont la déclaration a été déposée après le 23 février 2019, alors même que l'accident serait survenu antérieurement. Ces délais courent alors à compter du 1er avril 2019.
4. D'une part, il ressort des pièces du dossier que le certificat médical indiquant la nature et le siège des lésions résultant de l'accident mentionné au 2° de l'article 47-3 précité a été établi, le 6 avril 2020, soit plus de deux ans après l'accident survenu le 21 juin 2017, de sorte que la circonstance que la déclaration d'accident de travail a été adressée à l'administration dans le délai de quinze jours à compter de la date de cette constatation médicale n'est pas de nature à faire regarder comme non tardive la déclaration de Mme A, le délai de quinze jours s'appréciant à compter de la date de l'accident.
5. D'autre part, si la requérante fait valoir que l'aggravation de son état de santé constitue un motif légitime au sens du IV de l'article 47-3 du décret du 14 mars 1986 justifiant que le délai de quinze jours prévu au I de ce même article pour déclarer cet accident ne lui soit pas appliqué, il ressort des pièces du dossier, et notamment des déclarations de la requérante elle-même, aux termes de son mémoire du 2 mai 2023, que les troubles consécutifs à la chute du 21 juin 2017 se sont manifestés dès la survenance de l'accident et dans les jours qui ont suivi dès lors que Mme A déclare avoir souffert de " douleurs atroces " après sa chute et le lendemain, ce qui l'a amenée à consulter son médecin traitant, qui lui aurait délivré un arrêt de travail auquel l'intéressée n'a pas souhaité se soumettre, que Mme A a été victime le
28 juin 2017 d'un malaise qu'elle attribue à sa chute et qui a justifié un arrêt de travail du
28 juin au 2 juillet 2017, qu'elle a ensuite consulté au mois d'août 2017 un neurologue qui aurait également souhaité lui délivrer un arrêt de travail et qu'enfin, elle s'est, courant 2018, renseignée sur les conditions de reconnaissance d'imputabilité au service d'un accident. Dans ces conditions, dès lors que Mme A a constaté immédiatement après sa chute du
21 juin 2017 une altération de l'état de santé, et à supposer même que cette altération ait connu une aggravation progressive, ce qui n'est pas établi par les pièces du dossier, la requérante ne justifie pas d'un motif légitime au sens et pour l'application des dispositions du IV de l'article 47-3 du décret du 14 mars 1986 justifiant qu'il ne soit pas fait application à sa déclaration d'accident de service du délai prévu à ce même article. La requérante n'est ainsi pas fondée à soutenir que le motif de rejet de sa demande de reconnaissance d'imputabilité au service de l'accident du 21 juin 2017, tiré de la tardiveté de cette demande, n'est pas fondé.
6. Il résulte de ce qui a été dit au point précédent que la requérante ne peut utilement soutenir que sa demande de reconnaissance d'imputabilité au service de l'accident du
21 juin 2017 remplit les conditions de fond fixées à l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires.
7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation, ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction de la requête doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans cette instance, le versement que demande la requérante sur le fondement de ces dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.
Copie en sera adressée à la directrice régionale des finances publiques des Pays de la Loire.
Délibéré après l'audience du 10 février 2025, à laquelle siégeaient :
Mme Gourmelon, présidente,
Mme Milin, première conseillère,
M. Cordrie, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 mars 2025.
La rapporteure,
C. MILIN
La présidente,
V. GOURMELON
La greffière,
S. LEGEAY
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2309588
Le Tribunal Administratif de Nantes a rejeté la requête de Mme A... visant à annuler l'ajournement de sa demande de naturalisation. Le tribunal a jugé que la décision ministérielle du 2 mai 2023, qui se substitue à la décision préfectorale initiale, était légale. L'administration a pu légalement apprécier l'opportunité de la naturalisation en considérant le degré d'insertion professionnelle de la requérante, au regard des articles 21-15 du code civil et 48 du décret du 30 décembre 1993.
03/04/2026
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2503397
Le Tribunal Administratif de Nantes rejette la requête de M. B... A... visant à annuler l'arrêté préfectoral du 12 décembre 2024 refusant le renouvellement de son titre de séjour et lui imposant une obligation de quitter le territoire français. La juridiction estime que la décision est suffisamment motivée, a procédé à l'examen requis de la situation personnelle du requérant, et ne méconnaît pas les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (articles L. 421-1 et L. 421-3) ni l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme. Les autres demandes, y compris l'injonction de délivrer un titre et la restitution du passeport, sont par conséquent rejetées.
03/04/2026
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2503113
Le Tribunal Administratif de Nantes a rejeté la requête de Mme B..., une ressortissante algérienne, qui demandait l'annulation de l'arrêté préfectoral du 20 décembre 2024 refusant un titre de séjour et lui notifiant une obligation de quitter le territoire français. La juridiction a estimé que le préfet de la Sarthe n'avait pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en considérant que les liens personnels et familiaux de la requérante en France n'étaient pas suffisants pour justifier la délivrance d'un titre au titre de l'article 6-5 des accords franco-algériens ou de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme. Les moyens tirés de l'incompétence de la signataire et des considérations humanitaires (articles L. 423-23 et L. 435-1 du CESEDA) ont également été écartés.
03/04/2026
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2308828
Le Tribunal Administratif de Nantes a rejeté la requête de M. A... B... visant à annuler l'ajournement de sa demande de naturalisation. Le juge a considéré que le ministre de l'intérieur, statuant en recours, pouvait légalement apprécier l'opportunité d'accorder la naturalisation, notamment au regard du degré d'insertion professionnelle. En l'espèce, le motif de l'ajournement, fondé sur l'absence de ressources suffisantes et stables, n'était pas entaché d'erreur manifeste d'appréciation, les revenus professionnels du requérant étant faibles avant même l'apparition de ses problèmes de santé. La décision s'appuie sur les articles 21-15 du code civil et 48 du décret du 30 décembre 1993.
03/04/2026