mercredi 5 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2107151 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP DROUINEAU COSSET BACLE LE LAIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 28 juin 2021 et 9 février 2023, Mme L R, M. Q G, M. M F, M. A H, Mme O I, M. E B, M. S P et Mme J K, représentés par Me Flynn, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la délibération du 26 avril 2021 du conseil municipal de la commune de Talmont Saint Hilaire portant acquisition de la parcelle cadastrée 228 CE n° 40 sise rue du Mazeau en vue du lancement du plan " biodiversité " ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Talmont Saint Hilaire une somme de
4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la délibération attaquée a été prise en méconnaissance de l'article L. 2121-10 du code général des collectivités territoriales ;
- la délibération attaquée a été prise en méconnaissance de l'article L. 2121-12 du code général des collectivités territoriales ;
- la délibération attaquée a été prise en méconnaissance de l'article L. 1311-11 du code général des collectivités territoriales ;
- la décision attaquée est entachée d'erreur d'appréciation ;
- la décision attaquée est entachée de détournement de pouvoir ;
- la décision attaquée est entachée de détournement de procédure.
Par un mémoire en défense enregistré le 2 novembre 2022, la commune de Talmont Saint Hilaire, représentée par Me de Rugy, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de
2 000 euros soit mise à la charge de Mme R et autres au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens invoqués par les requérants n'est fondé.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C,
- les conclusions de M. Dias, rapporteur public,
- et les observations de Me Rioual, substituant Me Flynn, avocat de Mme R et autres, et de Me Massé, substituant Me de Rugy, avocat de la commune de Talmont-Saint-Hilaire.
Considérant ce qui suit :
1. Courant 2019, M. N a décidé de mettre en vente la parcelle cadastrée 228 section CE N°40 d'une superficie de 6 468 m² et située en zone naturelle, rue du Mazeau sur le territoire de la commune de Talmont-Saint-Hilaire. Le 7 août 2020, la vente a été conclue au bénéfice de M. et Mme D pour un montant de 8 000 euros. Toutefois, la commune de
Talmont-Saint-Hilaire a décidé de se porter acquéreur de cette parcelle auprès des époux D. Par leur requête, Mme R et autres demandent au tribunal d'annuler la délibération du
26 avril 2021 par laquelle le conseil municipal a décidé l'acquisition de cette parcelle pour un montant de 125 000 euros.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la légalité externe :
2. Aux termes de l'article L. 2121-10 du code général des collectivités territoriales : " Toute convocation est faite par le maire. Elle indique les questions portées à l'ordre du jour. Elle est mentionnée au registre des délibérations, affichée ou publiée. Elle est transmise de manière dématérialisée ou, si les conseillers municipaux en font la demande, adressée par écrit à leur domicile ou à une autre adresse. ". Aux termes de l'article L. 2121-12 du même code : " Dans les communes de 3 500 habitants et plus, une note explicative de synthèse sur les affaires soumises à délibération doit être adressée avec la convocation aux membres du conseil municipal. () Le délai de convocation est fixé à cinq jours francs. En cas d'urgence, le délai peut être abrégé par le maire sans pouvoir être toutefois inférieur à un jour franc. () ".
3. Il résulte de ces dispositions que, dans les communes de 3 500 habitants et plus, la convocation aux réunions du conseil municipal doit être accompagnée d'une note explicative de synthèse portant sur chacun des points de l'ordre du jour. Le défaut d'envoi de cette note ou son insuffisance entache d'irrégularité les délibérations prises, à moins que le maire n'ait fait parvenir aux membres du conseil municipal, en même temps que la convocation, les documents leur permettant de disposer d'une information adéquate pour exercer utilement leur mandat. Cette obligation, qui doit être adaptée à la nature et à l'importance des affaires, doit permettre aux intéressés d'appréhender le contexte ainsi que de comprendre les motifs de fait et de droit des mesures envisagées et de mesurer les implications de leurs décisions. Elle n'impose pas de joindre à la convocation adressée aux intéressés, à qui il est au demeurant loisible de solliciter des précisions ou explications conformément à l'article L. 2121-13 du même code, une justification détaillée du bien-fondé des propositions qui leur sont soumises.
4. Il ressort des pièces du dossier qu'avec leur convocation à la séance du conseil municipal du 26 avril 2021, les conseillers municipaux ont reçu le projet de délibération relatif à l'acquisition de la parcelle de M. et Mme D, comportant un exposé de ses motifs et valant note de synthèse, ainsi que l'avis du service des domaines sur la valeur vénale du bien en cause. Il est constant toutefois, que le projet de délibération adressé aux membres du conseil municipal indiquait un prix d'acquisition de 100 000 euros, inférieur d'un cinquième à celui de 125 000 euros qui figure dans la délibération attaquée. Eu égard à la différence entre le prix indiqué dans le projet de délibération porté à la connaissance préalable des conseillers municipaux et celui figurant dans la délibération attaquée, cette information étant relative à un élément essentiel de l'acquisition objet de la délibération attaquée, les requérants sont fondés à soutenir que les conseillers municipaux de la commune ont été insuffisamment informés et que la délibération attaquée a été prise en méconnaissance des dispositions précitées de l'article L. 2121-12 du code général des collectivités territoriales. En l'espèce, cette irrégularité est de nature à avoir eu une influence sur le sens de la délibération attaquée et justifie, dès lors, l'annulation de la délibération attaquée.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, qu'il y a lieu d'annuler la délibération attaquée.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
6. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la commune de Talmont-Saint-Hilaire une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par Mme R et autres et non compris dans les dépens.
7. Ces dispositions font obstacle à ce soit mise à la charge de Mme R et autres, qui ne sont pas la partie perdante à la présente instance, la somme que demande la commune de Talmont-Saint-Hilaire au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La délibération du conseil municipal de la commune de Talmont-Saint-Hilaire du
26 avril 2021 est annulée.
Article 2 : La commune de Talmont-Saint-Hilaire versera à Mme R et autres une somme globale de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme L R, à M. Q G, à M. M F, à M. A H, à Mme O I, à M. E B, à
M. S P, à Mme J K et à la commune de Talmont-Saint-Hilaire.
Délibéré après l'audience du 8 mars 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Loirat, présidente,
M. Gauthier, premier conseiller,
M. Simon, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 avril 2023.
Le rapporteur,
P-E. C
La présidente,
C. LOIRATLa greffière,
P. LABOUREL
La République mande et ordonne au préfet de la Vendée en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Conseil d'État — N° 516229
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.
01/06/2026
Conseil d'État — N° 515333
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de Mme A..., magistrate, qui demandait le report et l'encadrement de ses auditions par l'inspection générale de la justice (IGJ) dans le cadre d'une enquête administrative. La requérante invoquait une atteinte grave à ses droits de la défense, à sa dignité et à l'indépendance juridictionnelle. Le juge a estimé que l'audition prévue du 4 au 7 mai 2026, qui ne préjugeait pas de l'issue de l'enquête ni d'éventuelles poursuites disciplinaires, n'était pas susceptible de porter une atteinte manifestement disproportionnée à ses droits. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, la condition d'urgence n'étant pas retenue comme caractérisant une illégalité grave.
03/05/2026
Conseil d'État — N° 509298
Le Conseil d'État rejette la requête de M. A... pour défaut d'intérêt à agir, les circonstances invoquées (qualité de citoyen, d'usager ou de professionnel) n'étant pas suffisamment directes et certaines pour contester la nomination du président du conseil d'administration de l'OFII. La portée de cette décision est de rappeler la rigueur du contrôle de l'intérêt à agir en matière de nominations aux emplois publics.
09/04/2026
Conseil d'État — N° 507528
Le Conseil d'État refuse d'admettre le pourvoi de La Poste contre l'ordonnance ayant suspendu la révocation de M. B..., estimant qu'aucun moyen sérieux n'est soulevé.
09/04/2026