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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2112950

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2112950

mardi 31 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2112950
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationPrésident 3 : M. CANTIE - R. 222-13
Avocat requérantCABINET LBR AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Nantes a rejeté la requête de Mme D, major de police retraitée, qui contestait son titre de pension et demandait le bénéfice de la majoration prévue à l'article L. 18 du code des pensions civiles et militaires de retraite pour avoir élevé la fille de son conjoint. Le tribunal a jugé que la notification par courriel du titre de pension était sans incidence sur les droits de l'intéressée. Surtout, il a estimé que Mme D n'apportait pas la preuve d'une charge effective et permanente de l'enfant pendant au moins neuf ans, condition nécessaire pour ouvrir droit à la majoration. La requête a donc été rejetée dans son ensemble.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 18 novembre 2021 et 13 juillet 2022, Mme A D, épouse B, représentée par la SCP LBR Avocats, demande au tribunal :

1°) d'annuler son titre de pension n° B21056178G ;

2°) d'enjoindre à l'autorité compétente d'émettre un nouveau titre de pension lui accordant la majoration réclamée et de procéder au versement des sommes dues à compter du 1er novembre 2021 ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat et la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- son titre de pension lui a été irrégulièrement notifié par courriel ;

- elle justifie avoir élevé pendant plus de neuf ans la fille de son conjoint, en sorte qu'elle est en droit de prétendre à la bonification prévue par l'article L. 18 du code des pensions civiles et militaires de retraite.

Par un mémoire en défense enregistré le 10 mai 2022, le ministre de l'économie, des finances et de la relance conclut au rejet de la requête. Il fait valoir que la demande est infondée.

Le président du tribunal a désigné M. C en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des pensions civiles et militaires de retraite ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus, au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. C,

- et les conclusions de M. Vauterin, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. Mme D, major de police à la date de sa mise à la retraite, qui est la mère de deux enfants nés en 1998 et 2001, bénéficie d'une pension depuis le 1er novembre 2021, concédée par un arrêté du 20 septembre 2021. Elle a sollicité une majoration de sa pension sur le fondement des dispositions de l'article L. 18 du code des pensions civiles et militaires de retraite, au motif qu'elle a également élevé pendant plus de neuf ans la fille de son conjoint, née en 1992 d'un premier mariage. Mme D doit être regardée comme contestant la décision portant rejet de sa demande tendant à la majoration de sa pension.

2. En premier lieu, la circonstance que le titre de pension de la requérante lui aurait été notifié par courriel est sans incidence sur les droits à pension de l'intéressée.

3. En second lieu, aux termes de l'article L. 18 du code des pensions civiles et militaires de retraite : " I. - Une majoration de pension est accordée aux titulaires ayant élevé au moins trois enfants. / II. - Ouvrent droit à cette majoration : / () Les enfants du conjoint issus d'un mariage précédent () / III. - () les enfants devront avoir été élevés pendant au moins neuf ans, soit avant leur seizième anniversaire, soit avant l'âge où ils ont cessé d'être à charge au sens des articles L. 512-3 et R. 512-2 à R. 512-3 du code de la sécurité sociale. () ". Il résulte de ces dispositions qu'il appartient au titulaire de la pension qui soutient avoir élevé les enfants de son conjoint issus d'un mariage précédent d'établir qu'il a eu la charge effective et permanente de ceux-ci pendant la durée prévue au III de l'article précité. La circonstance qu'il a contribué au paiement de la pension alimentaire au parent ayant la garde de l'enfant ne suffit pas à établir une telle prise en charge.

4. Il résulte de l'instruction que l'enfant du conjoint de Mme D issu d'un précédent mariage avait sa résidence principale au domicile de sa mère. De plus, si la requérante produit des avis d'imposition et attestations de tiers, il n'en résulte pas qu'elle a eu la charge effective et permanente de cet enfant pendant au moins neuf ans, soit avant son seizième anniversaire, soit avant l'âge où il a cessé d'être à charge au sens des articles L. 512-3 et R. 512-2 et R. 512-3 du code de la sécurité sociale. Par suite, l'administration a pu légalement, au regard des dispositions de l'article L. 18 du code des pensions civiles et militaires de retraite citées au point 3, rejeter la demande formée par Mme D tendant à la majoration de sa pension.

5. Il résulte de ce qui précède que Mme D n'est pas fondée à contester la décision litigieuse. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre des frais liés au litige ne peuvent qu'être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme D est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A D, épouse B et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 décembre 2024.

Le magistrat désigné,

C. CANTIELa greffière,

F. MERLET

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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