LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2204327

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2204327

mardi 18 mars 2025

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2204327
TypeDécision
PublicationC
Formation1ère Chambre
Avocat requérantSELARL DESMARS BELONCLE BARZ CABIOCH

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 5 avril 2022 et le 13 juillet 2022, Mme C A, représentée par Me Cabioch, demande au tribunal :

1°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 34 500 euros assortie des intérêts et de leur capitalisation en réparation des préjudices qu'elle a subis du fait de l'illégalité de l'arrêté du 15 mai 2020 par lequel le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de lui délivrer un titre de séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire français et du retard avec lequel lui a été délivré un titre de séjour ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'illégalité des décisions du 15 mai 2020 portant refus de délivrance de titre de séjour et obligation de quitter le territoire est constitutive d'une faute de nature à engager la responsabilité de l'Etat ;

- le préjudice constitué des pertes de salaires entre le 15 mai 2020 et le 17 janvier 2022 peut être évalué à 26 000 euros ;

- son préjudice moral et ses troubles dans ses conditions d'existence peuvent être estimés à la somme de 8 500 euros.

Par un mémoire en défense, enregistré le 1er juillet 2022, le préfet de la Loire-Atlantique, représenté par Me Cano, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 500 euros soit mise à la charge de la requérante au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Thomas, première conseillère,

- les observations de Me Power, substituant Me Cabioch, avocat de Mme A,

- les observations de Me Lacœuille, substituant Me Cano, avocat du préfet de la Loire-Atlantique.

Considérant ce qui suit :

1. Par un jugement du 22 septembre 2021, le tribunal administratif de Nantes a annulé pour excès de pouvoir l'arrêté du 15 mai 2020 par lequel le préfet de la Loire-Atlantique a rejeté la demande de titre de séjour présentée par Mme A et lui a fait obligation de quitter le territoire français. En exécution de ce jugement, Mme A s'est vu délivrer le 17 janvier 2022 un titre de séjour mention " vie privée et familiale ". La requérante, dont la demande indemnitaire préalable a été implicitement rejetée, demande la condamnation de l'Etat à l'indemniser des préjudices qu'elle estime avoir subis du fait de l'illégalité de l'arrêté du 15 mai 2020 et du retard avec lequel elle s'est vu délivrer un titre de séjour.

Sur les conclusions à fin d'indemnisation :

En ce qui concerne l'engagement de la responsabilité de l'Etat :

2. L'arrêté du préfet de la Loire-Atlantique 15 mai 2020 a été annulé par le jugement du 22 septembre 2021 du tribunal administratif de Nantes devenu définitif, au motif que le refus de délivrance d'un titre de séjour opposé à Mme A méconnaissait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Par suite, Mme A est fondée à soutenir que l'illégalité de cet arrêté, comme le retard par l'administration pour exécuter ce jugement du 22 septembre 2021, qui a nécessité la présentation par l'intéressée d'une demande d'exécution, sont constitutives de fautes de nature à engager la responsabilité de l'Etat.

En ce qui concerne la période de responsabilité :

3. Il résulte de l'instruction, et n'est d'ailleurs par contesté par le préfet en défense, qu'à la date de l'arrêté du 15 mai 2020, la requérante était fondée à obtenir le bénéfice d'un titre de séjour du fait du centre de ses attaches privées et familiales en France où elle résidait depuis 2015 avec sa fille mineure et son concubin en situation régulière. Dans ces conditions, la responsabilité de l'Etat à l'égard de la requérante court à compter du 15 mai 2020, et ce jusqu'à la date de délivrance à l'intéressée d'un titre de séjour, soit jusqu'au 17 janvier 2022.

En ce qui concerne les préjudices :

S'agissant du préjudice matériel :

4. S'agissant du préjudice matériel, Mme A demande à être indemnisée des pertes de salaires résultant de la suspension de son contrat de travail intervenue, selon elle, en raison de l'arrêté du 15 mai 2020. Toutefois, il résulte de l'instruction que le contrat de travail dont elle se prévaut, avait été signé en août 2018 sous couvert d'un titre de séjour italien n'ouvrant pas droit au travail en France et n'avait pas été visé par l'autorité administrative en application des dispositions de l'article L. 313-4-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors applicable. Par suite, la requérante n'est pas fondée à obtenir le versement de salaires en raison d'un contrat de travail conclu irrégulièrement. En revanche, il résulte de l'instruction qu'en raison de l'arrêté du 15 mai 2020, au regard des perspectives d'embauche dont elle disposait, la requérante a été privée d'une chance sérieuse de pouvoir exercer dans des conditions régulières un emploi en France sous couvert du titre de séjour mention " vie privée et familiale " auquel elle était fondée à prétendre de plein droit. Il serait fait une juste appréciation de cette perte de chance en l'estimant à la somme de 1 500 euros, tous intérêts compris.

S'agissant du préjudice moral et des troubles dans les conditions d'existence :

5. Il résulte de l'instruction que, compte tenu, notamment, d'une part, de ce que l'arrêté du 15 mai 2020 portait obligation de quitter le territoire français, où la requérante résidait alors avec sa fille mineure et son concubin en situation régulière, et d'autre part, des démarches et recours devant le tribunal administratif que la requérante a dû entreprendre, l'arrêté du 15 mai 2020, comme le retard d'exécution par l'administration du jugement du 22 septembre 2021, lui ont causé de façon directe et certaine un préjudice moral et des troubles dans ses conditions d'existence, dont il sera fait une juste appréciation en l'estimant à la somme de 1 000 euros, tous intérêts compris.

6. Il résulte de ce qui précède que l'Etat doit être condamné à verser à Mme A la somme totale de 2 500 euros, tous intérêts compris.

Sur les frais liés au litige :

7. Dans les circonstances de l'espèce et en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat le versement à Mme A de la somme de 1 200 euros au titre des frais d'instance.

D E C I D E :

Article 1er : L'Etat est condamné à verser à Mme A la somme de 2 500 euros tous intérêts compris.

Article 2 : L'Etat versera à Mme A la somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A et au préfet de la Loire-Atlantique.

Délibéré après l'audience du 11 février 2025, à laquelle siégeaient :

Mme Douet, présidente,

Mme Thomas, première conseillère,

M. Brémond, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 mars 2025.

La rapporteure,

S. THOMAS

La présidente,

H. DOUET

Le greffier,

F. LAINÉ

La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Le greffier

Décisions similaires

TA38Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Grenoble — N° TA38-2512959

Le Tribunal Administratif de Grenoble rejette la requête de M. A... visant à annuler l'arrêté préfectoral refusant le renouvellement de son titre de séjour de travailleur saisonnier et lui enjoignant de quitter le territoire. La juridiction estime que l'arrêté est régulier, suffisamment motivé et ne procède pas d'une erreur manifeste d'appréciation, en relevant que la carte de séjour sollicitée est soumise à des conditions spécifiques, notamment le maintien de la résidence habituelle hors de France, prévues à l'article L. 421-34 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 8 de la CEDH et d'autres dispositions du CESEDA sont également écartés.

02/04/2026

TA38Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Grenoble — N° TA38-2513014

Le Tribunal Administratif de Grenoble a examiné un recours pour excès de pouvoir contre un arrêté préfectoral rejetant une demande de titre de séjour et ordonnant l'éloignement. Le tribunal a annulé la décision de la préfète de l'Isère, considérant qu'elle portait une atteinte disproportionnée à la vie privée et familiale de la requérante, au regard notamment de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention relative aux droits de l'enfant. Il a enjoint à l'administration de réexaminer la situation de l'intéressée sous deux mois.

02/04/2026

TA38Plein contentieux

Tribunal Administratif de Grenoble — N° TA38-2200418

Le Tribunal Administratif de Grenoble a rejeté la demande d'indemnisation de trois anciens associés d'une société de traiteur. Les requérants estimaient que l'État avait commis une faute en refusant initialement l'aide du fonds de solidarité COVID-19, causant la liquidation de leur entreprise. Le tribunal a jugé que le refus initial de l'administration était justifié, car la société ne remplissait pas une condition d'éligibilité (l'absence de dette fiscale impayée au 31 décembre 2019), et que le lien de causalité entre ce refus et la liquidation n'était pas établi. La décision s'appuie sur les dispositions du décret n° 2020-371 du 30 mars 2020 relatif au fonds de solidarité.

02/04/2026

TA38Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Grenoble — N° TA38-2203658

Le Tribunal Administratif de Grenoble a rejeté la requête de la société DNB Promotion, qui demandait l'annulation du refus de permis de construire et l'injonction de le délivrer. La juridiction a jugé recevable le recours mais a écarté le moyen d'incompétence du signataire de l'arrêté, ce dernier agissant en vertu d'une délégation régulière. L'examen des autres moyens, notamment ceux relatifs aux conditions d'accès au projet (article 8.1 du PLUi) et à la voirie (article R. 111-2 du code de l'urbanisme), n'est pas rapporté dans l'extrait fourni.

02/04/2026

← Retour aux décisions