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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2209391

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2209391

mardi 1 avril 2025

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2209391
TypeDécision
PublicationC
Formation3ème Chambre
Avocat requérantRODRIGUES DEVESAS

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Nantes a rejeté la requête de Mme E, ressortissante géorgienne, qui contestait la décision du préfet de la Loire-Atlantique déclarant irrecevable sa demande de titre de séjour pour raisons de santé. Le tribunal a jugé que la décision était signée par une autorité compétente, suffisamment motivée et précédée d'un examen particulier de sa situation. Il a estimé que le préfet était fondé à constater l'irrecevabilité de la demande, car Mme E se prévalait de l'état de santé de son fils, lequel était âgé de 35 ans, alors que l'article L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne bénéficie qu'aux parents d'un étranger mineur.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 19 juillet 2022, Mme H E, représentée par Me Rodrigues Devesas, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 28 février 2022 par laquelle le préfet de la Loire-Atlantique a rejeté sa demande de délivrance d'un titre de séjour pour raisons de santé comme étant irrecevable ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique d'enregistrer sa demande de titre de séjour dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, et de lui délivrer sans délai un récépissé de demande de titre de séjour l'autorisant à travailler, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- il n'est pas établi que la décision attaquée ait été signée par une autorité habilitée ;

- cette décision est insuffisamment motivée ;

- il n'est pas établi qu'elle ait été informée des dispositions de l'article L. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la décision attaquée n'a pas été précédée d'un examen particulier de sa situation personnelle ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Par un mémoire en défense, enregistré le 2 janvier 2025, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par Mme E n'est fondé.

Mme E a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 27 juin 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Barès a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme E, ressortissante géorgienne née le 5 novembre 1960, est entrée en France le 22 juin 2021 et a déposé une demande d'asile le 1er juillet suivant. Le 27 janvier 2022, l'intéressée a sollicité la délivrance d'un titre de séjour pour raisons de santé. Mme E demande au tribunal d'annuler la décision du 28 février 2022 par laquelle le préfet de la Loire-Atlantique a déclaré irrecevable sa demande de titre de séjour.

2. En premier lieu, la décision attaquée a été signée par Mme D G, cheffe du bureau du séjour de la préfecture de la Loire-Atlantique, à laquelle, par arrêté du 31 août 2021, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture n°106 du 1er septembre 2021, le préfet a donné délégation à l'effet de signer notamment les décisions portant refus de titre de séjour, en cas d'absence ou d'empêchement de Mme C B, directrice des migrations et de l'intégration, et de son adjoint, M. F A, dont il n'est pas établi qu'ils n'étaient, à la date de l'acte en cause, ni absents, ni empêchés. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de la décision en litige manque en fait et doit être écarté.

3. En deuxième lieu, la décision attaquée comporte l'indication des considérations utiles de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de son insuffisante motivation doit être écarté.

4. En troisième lieu, il ne ressort ni des motifs de la décision attaquée, ni des autres pièces du dossier que le préfet de la Loire-Atlantique n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation de Mme E. Par suite, le moyen tiré de ce qu'un tel examen n'aurait pas été opéré doit être écarté.

5. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les parents étrangers de l'étranger mineur qui remplit les conditions prévues à l'article L. 425-9, ou l'étranger titulaire d'un jugement lui ayant conféré l'exercice de l'autorité parentale sur ce mineur, se voient délivrer, sous réserve qu'ils justifient résider habituellement en France avec lui et subvenir à son entretien et à son éducation, une autorisation provisoire de séjour d'une durée maximale de six mois. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. () ".

6. Il ressort des pièces du dossier que Mme E a présenté une demande de titre de séjour pour raisons de santé en se prévalant seulement de la nécessité pour son fils de bénéficier de soins médicaux en France. Toutefois, il est constant que ce dernier était âgé de trente-cinq ans à la date de la décision attaquée. Dans ces conditions, le préfet de la Loire-Atlantique était fondé à constater l'irrecevabilité de la demande de Mme E présentée sur le fondement de l'article L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dont les dispositions précitées n'ouvrent droit au bénéfice d'une autorisation provisoire de séjour qu'aux parents étrangers d'un étranger mineur. Par ailleurs, les circonstances que Mme E n'aurait pas été informée des dispositions de l'article L. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et que le préfet aurait entaché sa décision d'une erreur d'appréciation au regard de ces dispositions sont sans incidence sur la légalité de la décision d'irrecevabilité attaquée.

7. Il résulte de ce qui précède que Mme E n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision qu'elle conteste. Par suite, sa requête doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles à fin d'injonction sous astreinte et celles présentées sur le fondement des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de Mme E est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme H E, à Me Rodrigues Devesas et au préfet de la Loire-Atlantique.

Délibéré après l'audience du 11 mars 2025, à laquelle siégeaient :

M. Besse, président,

M. Barès, premier conseiller,

M. Delohen, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 1er avril 2025.

Le rapporteur,

M. BARESLe président,

P. BESSE

La greffière,

F. MERLET

La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

No 2209391

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