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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2216186

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2216186

jeudi 4 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2216186
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation4ème Chambre

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Nantes a examiné la demande de Mme B... visant à obtenir la remise gracieuse d’un indu de prime d'activité de 3 330,89 euros. La requérante invoquait sa situation financière difficile pour justifier cette demande. Le tribunal a d'abord jugé que l'indu était fondé, Mme B... n'ayant pas déclaré sa situation maritale, ce qui constitue une erreur de déclaration. Saisi en plein contentieux, le tribunal a ensuite examiné la demande de remise gracieuse au regard des articles L. 845-3 et suivants du code de la sécurité sociale. Il a rejeté la requête, considérant que la bonne foi de Mme B... n'était pas établie et que sa situation de précarité ne suffisait pas à justifier une remise totale de la dette.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 7 décembre 2022, Mme A... B... demande au tribunal :

1°) d’annuler la décision du 11 octobre 2022 par laquelle la commission de recours amiable de la caisse d’allocations familiales de la Loire-Atlantique a refusé de lui accorder la remise gracieuse de l’indu de prime d’activité d’un montant de 3 330,89 euros mis à sa charge ;

2°) de lui accorder la remise totale de cet indu.

Elle soutient que sa situation financière ne lui permet pas de rembourser la dette ainsi mise à sa charge.


Par un mémoire en défense, enregistré le 29 août 2025, la directrice de la caisse d’allocations familiales de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que la demande de Mme B... n’est pas fondée.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
le code de la sécurité sociale ;
le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Le rapport de M. Barès a été entendu au cours de l’audience publique.

Considérant ce qui suit :

Par une décision du 4 mai 2021, la caisse d’allocations familiales (CAF) de la Loire-Atlantique a informé Mme B... d’un trop-perçu de prime d’activité et de prime de naissance d’un montant total de 4 278,21 euros pour la période comprise entre les mois de mai 2020 à mars 2021. Par une décision du 11 octobre 2022, la commission de recours amiable de la CAF de la Loire-Atlantique a rejeté sa demande de remise du reliquat de ces indus. Par sa requête, Mme B... demande au tribunal de lui accorder la remise totale du montant de 3 330,89 euros d’indu restant à sa charge.

Sur le bien-fondé de l’indu de prime d’activité :

Aux termes de l’article L. 842-1 du code de la sécurité sociale : « Toute personne résidant en France de manière stable et effective qui perçoit des revenus tirés d'une activité professionnelle a droit à une prime d’activité, dans les conditions définies au présent titre ». Aux termes de l’article R. 846-5 du même code : « Le bénéficiaire de la prime d’activité est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations nécessaires à l'établissement et au calcul des droits, relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer. Il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments ».

Aux termes de l’article L. 842-3 du même code : « La prime d’activité est égale à la différence entre : 1° Un montant forfaitaire dont le niveau varie en fonction de la composition du foyer et du nombre d'enfants à charge, augmenté d'une fraction des revenus professionnels des membres du foyer, et qui peut faire l'objet d'une ou de plusieurs bonifications ; 2° Les ressources du foyer, qui sont réputées être au moins égales au montant forfaitaire mentionné au 1°. (…) ». Aux termes de l’article R. 842-3 de ce code : « Le foyer mentionné au 1° de l'article L. 842-3 est composé : / 1° Du bénéficiaire ; / 2° De son conjoint, concubin, ou partenaire lié par un pacte civil de solidarité (…) ».

Lorsque le recours dont il est saisi est dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d’un indu de prime d’activité, il entre dans l’office du juge d’apprécier, au regard de l’argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d’ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d’indu. Il lui appartient, s’il y a lieu, d’annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l’exercice de son office, de régler le litige.

Il résulte de l’instruction que pour mettre l’indu litigieux à la charge de Mme B..., la CAF de la Loire-Atlantique s’est fondée sur le motif tiré de ce que l’intéressée n’avait pas indiqué dans ses déclarations trimestrielles vivre en situation maritale depuis le mois de mars 2020. Outre qu’elle ne conteste pas avoir commis une erreur de déclaration, la requérante n’établit pas qu’elle n’aurait emménagé avec le père de son fils qu’à compter du 16 janvier 2021, comme elle l’allègue. Par suite, l’indu litigieux de prime d’activité et de prime de naissance doit être regardé comme fondé tant dans son principe que dans son montant.

Sur la demande de remise gracieuse de l’indu :

Aux termes de l’article L. 845-3 du code de la sécurité sociale : « Tout paiement indu de prime d’activité est récupéré par l’organisme chargé de son service (…). La créance peut être remise ou réduite par l’organisme (…) en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d’une manœuvre frauduleuse ou d’une fausse déclaration (…) ».

Lorsqu’il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d’un indu de prime d’activité, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu’à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d’examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est susceptible d’être accordée, en se prononçant lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des dispositions applicables et des circonstances de fait dont il est justifié par l’une ou l’autre partie à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise.

Si Mme B... soutient que sa situation financière ne lui permet pas de s’acquitter de sa dette, elle n’établit toutefois pas, par les pièces produites en réponse à la mesure d’instruction qui lui a été adressée le 3 octobre 2025, qu’elle serait, à la date du présent jugement, dans une situation de précarité telle qu’elle compromettrait ses capacités de remboursement de la dette en cause, et justifiant de lui accorder la remise gracieuse totale ou partielle de l’indu restant à sa charge. Par suite, sans qu’il soit besoin de se prononcer sur la bonne foi de l’intéressée, il n’y a pas lieu de faire droit à ses conclusions tendant à la décharge totale de l’indu réclamé.

Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B... doit être rejetée en toutes ses conclusions.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de Mme B... est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A... B... et à la ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées.

Copie en sera adressée à la caisse d’allocations familiales de la Loire-Atlantique.

Délibéré après l'audience du 13 novembre 2025, à laquelle siégeaient :

Mme Allio-Rousseau, présidente,
M. Barès, premier conseiller,
Mme Frelaut, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 4 décembre 2025.

Le rapporteur,





M. BARESLa présidente,





M.-P. ALLIO-ROUSSEAU

La greffière,





C. MICHAULT


La République mande et ordonne à la ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
La greffière,

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