LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2306709

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2306709

jeudi 23 novembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2306709
TypeDécision
PublicationC
FormationOQTF 6 semaines - 6ème chambre
Avocat requérantSMATI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 12 mai 2023 M. B A B, représenté par Me Smati, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 4 mai 2023 par lequel le préfet de la Loire-Atlantique, a refusé de lui délivrer une attestation de demandeur d'asile, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination de sa reconduite à la frontière, lui a interdit le retour sur le territoire français pendant une durée d'un an ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique de lui délivrer une attestation de demandeur d'asile dans un délai de 15 jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et au profit de Me Smati, qui renoncera, dans cette hypothèse, à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ;

M. A B soutient que :

En ce qui concerne le refus de délivrance d'une attestation de demande d'asile :

- il est insuffisamment motivé ;

- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle méconnaît son droit à mener une vie privée et familiale en France garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 611-3 9° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

En ce qui concerne la décision portant fixation du délai de départ volontaire :

- elle a été prise sur la base d'une obligation de quitter le territoire illégale.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

- elle a été prise sur la base d'une obligation de quitter le territoire illégale.

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés.

En ce qui concerne l'interdiction de retour :

- elle est insuffisamment motivée ;

- compte tenu de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français, elle doit être annulée par voie de conséquence ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Par un mémoire en défense, enregistré le 20 octobre 2023, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

M. A B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 20 octobre 2023.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Giraud, vice-président, pour statuer sur les litiges visés à l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Giraud, magistrat désigné, a été entendu au cours de l'audience publique.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, ressortissant somalien née le 20 février 1994, est entré en France selon ses déclarations le 20 septembre 2018. Il a sollicité l'asile et sa demande a été rejetée par l'OFPRA le 26 septembre 2019 puis par la CNDA 11 décembre 2021. Il demande l'annulation de l'arrêté du 4 mai 2023 par lequel le préfet de la Loire-Atlantique, a refusé de lui délivrer une attestation de demandeur d'asile, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination de sa reconduite à la frontière, lui a interdit le retour sur le territoire français pendant une durée d'un an.

En ce qui concerne le moyen tiré du défaut de motivation soulevé contre les différentes décisions de l'arrêté :

2. Les arrêtés attaqués comportent l'indication des raisons de droit et de fait pour lesquelles son auteur a décidé de faire obligation à M. A B de quitter le territoire français. Dès lors, ces décisions sont régulièrement motivées.

En ce qui concerne le refus de délivrance d'une attestation de demandeur d'asile :

3. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L.542-1 et L.542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3° ". Aux termes de l'article L. 542-1 de ce même code : " En l'absence de recours contre la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin à la notification de cette décision. Lorsqu'un recours contre la décision de rejet de l'office a été formé dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit du demandeur de se maintenir sur le territoire français prend fin à la date de la lecture en audience publique de la décision de la Cour nationale du droit d'asile ou, s'il est statué par ordonnance, à la date de la notification de celle-ci. ". Aux termes de l'article L. 542-2 du même code : " Par dérogation à l'article L. 542-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin : / 1° Dès que l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a pris les décisions suivantes : () / c) présente une nouvelle demande de réexamen après le rejet définitif d'une première demande de réexamen ; () ". Enfin, aux termes de l'article L. 542-3 du même code : " Lorsque le droit au maintien sur le territoire français a pris fin dans les conditions prévues aux articles L. 542-1 ou L. 542-2, l'attestation de demande d'asile peut être refusée, retirée ou son renouvellement refusé ".

4. Il ressort des pièces du dossier qu'une première demande de réexamen a été présentée par le requérant et rejetée comme irrecevable par l'OFPRA le 28 septembre 2023, puis une seconde demande, elle aussi rejetée le 22 mai 2023. Dans ces conditions, le préfet de la Loire-Atlantique n'a pas entaché d'une erreur manifeste d'appréciation sa décision de ne pas délivrer au requérant d'attestation de demandeur d'asile.

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

5. Il ne ressort pas des pièces du dossier, et en particulier du document produit par le requérant pour une opération de la vésicule biliaire, que l'état de santé de M. A B nécessiterait une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Il en résulte que les dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne faisaient pas obstacle à ce qu'il soit fait obligation de quitter le territoire français.

6. Si les trois enfants du requérant vivent en France, il ressort des pièces du dossier qu'il n'a plus l'autorité parentale sur ses enfants, laquelle lui a été retirée par un jugement du tribunal correctionnel de Nantes le 12 juillet 2021, jugement par lequel il a également été condamné à 5 ans d'emprisonnement. S'il allègue contribuer, à sa mesure, à leur éducation, cela ne ressort d'aucune des pièces du dossier, pas d'avantage que les relations qu'il pourrait entretenir avec eux. Aucun membre de sa famille ne réside en France et le requérant n'apporte aucun élément pour justifier d'une intégration amicale ou professionnelle en France. Dans ces conditions le préfet de la Loire-Atlantique n'a pas commis d'erreur d'appréciation, n'a pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en lui faisant obligation de quitter le territoire français.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

7. Il n'est pas établi que le requérant serait personnellement et effectivement exposé à la torture ou à des traitements inhumains ou dégradants en Somalie, ni que sa vie ou sa liberté y seraient menacées. Il en résulte qu'en comptant ce pays au nombre des destinations en cas d'éloignement d'office, le préfet de la Loire-Atlantique, qui a examiné les situations des requérants, n'a pas méconnu les stipulations et dispositions de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

En ce qui concerne l'interdiction de retour :

8. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Et aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français () ".

9. Il résulte de ces dispositions que le préfet, sauf circonstances humanitaires, assortit l'obligation de quitter sans délai le territoire français d'une interdiction de retour d'une durée maximale de trois ans, et que, pour fixer cette durée, il tient compte de la durée du séjour en France de l'étranger, de la nature et de l'ancienneté de ses liens, d'une précédente mesure d'éloignement et d'une menace pour l'ordre public éventuelles.

10. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que le préfet a tenu compte, pour prendre sa décision d'interdiction de retour sur le territoire français litigieuse des motifs retenus par la décision litigieuse tirés de la durée du séjour en France du requérant, de la circonstance qu'il est célibataire et sans enfant à charge, qu'il ne peut se prévaloir de lien suffisamment anciens, forts et caractérisés avec la France, et de ce qu'il n'était pas porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale et qu'il a fait l'objet d'une condamnation pénale pour des faits de violence. Le moyen tiré l'erreur manifeste d'appréciation ne peut dans ces conditions qu'être écarté.

En ce qui concerne les autres moyens formulés de la même façon et dirigés contre plusieurs décisions :

11. Le requérant n'est pas fondé à soutenir que les décisions fixant le délai de départ volontaire, fixant le pays de destination ainsi que l'interdiction de retour d'asile seraient illégales en raison de l'illégalité des décisions portant obligation de quitter le territoire français.

12. Il résulte de ce qui précède que le requérant n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté attaqué. Les conclusions à fin d'injonction ne peuvent, par suite, être accueillies.

Sur les frais liés au litige :

13. Les dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, le versement de sommes à ce titre, le requérant ne justifiant pas de dépens occasionnés par les instances.

D E C I D E :

Article 1er : Les conclusions de la requête de M. A B sont rejetées.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A B au préfet de la Loire-Atlantique et à Me Smati.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 novembre 2023.

Le magistrat désigné,

T. GIRAUDLe greffier,

G. VIEL

La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

Décisions similaires

TA44Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2409576

Le Tribunal Administratif de Nantes a rejeté la requête de Mme C, ressortissante ivoirienne, contestant l'obligation de quitter le territoire français (OQTF) prise à son encontre par le préfet de la Sarthe. Le tribunal a écarté les moyens d'incompétence et d'insuffisance de motivation, jugeant l'arrêté régulièrement signé par un délégataire et suffisamment motivé. Il a également estimé que la requérante n'apportait aucun élément pour démontrer une atteinte à sa vie privée et familiale au sens de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme (CEDH), ni un risque de traitements inhumains en cas de retour dans son pays d'origine au sens de l'article 3 de la même Convention et de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA).

02/06/2025

TA44Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2409845

Le Tribunal administratif de Nantes a rejeté la requête de M. B, ressortissant turc, qui contestait l’arrêté du préfet de Maine-et-Loire lui faisant obligation de quitter le territoire français. Le tribunal a estimé que le préfet ne s’était pas estimé lié par les décisions de l’OFPRA et de la CNDA. Il a également jugé que les éléments produits par le requérant ne permettaient pas d’établir qu’il serait personnellement exposé à des risques en Turquie, en application de l’article 3 de la Convention européenne des droits de l’homme et de l’article L. 721-4 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.

02/06/2025

TA44
← Retour aux décisions
Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2408973

Le Tribunal Administratif de Nantes a annulé l'arrêté du 17 mai 2024 par lequel le préfet de la Loire-Atlantique avait abrogé l'attestation de demandeur d'asile de M. B, ressortissant azerbaïdjanais, et lui avait fait obligation de quitter le territoire français. Le tribunal a retenu que le préfet n'avait pas examiné l'état de santé du requérant, pourtant documenté par des pièces médicales, entachant ainsi sa décision d'un défaut d'examen personnel. Cette annulation de l'obligation de quitter le territoire français entraîne, par voie de conséquence, l'annulation des décisions subséquentes fixant le pays de destination et prononçant une interdiction de retour. La solution se fonde sur les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

14/05/2025

TA44Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2408706

Le Tribunal Administratif de Nantes a annulé l'arrêté du préfet de la Vendée du 8 juin 2024 qui imposait à M. B, ressortissant guinéen, une obligation de quitter le territoire français (OQTF). La solution retenue est fondée sur la méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme, le juge estimant que la vie privée et familiale de l'intéressé, notamment son concubinage avec une réfugiée et la naissance imminente de jumeaux, justifiait son maintien en France. En conséquence, les décisions portant fixation du pays de destination, interdiction de retour et obligation de présentation ont également été annulées.

24/04/2025