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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2408141

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2408141

jeudi 27 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2408141
TypeDécision
PublicationC
FormationOQTF 6 semaines - 3ème chambre
Avocat requérantPHILIPPON

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 30 mai 2024, M. D A, représenté par Me Philippon, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 15 mai 2024 par lequel le préfet de la Loire-Atlantique lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être éloigné ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique de lui délivrer un titre de séjour ou, à défaut, de réexaminer sa situation et, dans l'attente, de lui remettre une autorisation provisoire de séjour, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 25 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 400 euros au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

Sur les moyens communs :

- il n'est pas établi que l'arrêté contesté ait été signé par une autorité habilitée ;

- il n'a pas été pris à l'issue d'un examen particulier de sa situation ;

- son droit d'être entendu n'a pas été respecté ;

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est entachée d'erreurs de fait ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

Sur la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire :

- l'illégalité de la mesure d'éloignement la prive de base légale ;

Sur la décision fixant le pays de renvoi :

- l'illégalité de la mesure d'éloignement la prive de base légale ;

- elle méconnaît les articles 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, 4 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Par un mémoire en défense enregistré le 16 juillet 2024, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête. Il soutient que les moyens de la requête sont infondés.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 30 janvier 2025.

Le président du tribunal a délégué à M. Cantié les pouvoirs qui lui sont attribués par l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique du 21 février 2025, à 10 heures, M. Cantié :

- a lu son rapport,

- a entendu les observations de Me Philippon, représentant M. A, qui a confirmé les écritures présentées ;

- a constaté que le préfet de la Loire-Atlantique n'étant ni présent, ni représenté,

- et a prononcé la clôture de l'instruction à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant sierra-léonais né le 2 mai 1999, a été définitivement débouté du droit d'asile par une décision du 9 janvier 2023. Par un arrêté du 15 mai 2024, dont l'intéressé demande l'annulation, le préfet de la Loire-Atlantique lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être éloigné.

Sur les moyens communs aux décisions attaquées :

2. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé par Mme C B, directrice des migrations et de l'intégration à la préfecture de la Loire-Atlantique. Par arrêté du 1er mars 2024, publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture, le préfet lui a donné délégation à l'effet de signer notamment les obligations de quitter le territoire français et les décisions fixant le pays de renvoi. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'arrêté attaqué manque en fait.

3. En second lieu, il ne ressort ni des motifs de l'arrêté en litige, qui énonce les considérations utiles de droit et de fait qui constituent le fondement des décisions prises à l'encontre de M. A, ni des autres pièces du dossier que le préfet de la Loire-Atlantique n'aurait pas examiné la situation de l'intéressé ou se serait cru tenu par le rejet de sa demande d'asile. Par ailleurs, l'intéressé ne fait état d'aucun élément qui, s'il avait été porté à la connaissance du préfet, aurait été de nature à influer sur le sens des décisions prises. Dès lors, le requérant n'est pas fondé à soutenir qu'un examen particulier de sa situation n'a pas été opéré, ni que son droit d'être entendu n'a pas été respecté.

Sur les autres moyens de la requête :

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire :

4. En premier lieu, M. A, dont la durée du séjour en France s'explique essentiellement par l'examen de sa demande d'asile, ne démontre pas être dépourvu d'attaches dans son pays d'origine, ni n'établit, en se bornant à invoquer une reconnaissance de paternité du 8 janvier 2024, la réalité de la relation sentimentale dont il se prévaut, qui ne peut qu'être regardée, en tout état de cause, comme présentant un caractère récent à la date de la décision attaquée. Les éléments dont il fait état ne suffisent pas à démontrer sa volonté d'intégration en France, notamment par le travail. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la mesure d'éloignement prise à son encontre porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts d'intérêt public en vue desquels elle a été prise, en violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni que la même mesure serait entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.

5. En second lieu, compte tenu de ce qui a été dit au point précédent, si M. A soutient que l'arrêté attaqué serait entaché d'erreurs de fait, il ne l'établit pas.

En ce qui concerne les autres décisions contestées :

6. En premier lieu, compte tenu de ce qui précède, M. A n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de la mesure d'éloignement dont il fait l'objet.

7. En deuxième lieu, les faits dont fait état M. A en vue d'établir qu'il encourt un risque personnel en cas de retour dans son pays d'origine, compte tenu notamment de son orientation sexuelle, ne sont pas attestés par des éléments suffisamment précis et probants. Dès lors, les moyens tirés de l'erreur de fait et de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, des dispositions de l'article 4 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne et des dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doivent être écartés.

8. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté qu'il conteste. Par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction sous astreinte et les conclusions de la requête présentées au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 ne peuvent qu'être rejetées.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D A, à Me Philippon et au préfet de la Loire-Atlantique.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 février 2025.

Le magistrat désigné,

C. CANTIÉ La greffière,

C. DUMONTEIL

La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

C. DUMONTEIL

N°2408141

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