jeudi 17 avril 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2411725 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | OQTF 6 semaines - 4ème chambre |
| Avocat requérant | ROULLEAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 29 juillet 2024, M. B A, représenté par Me Roulleau, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 3 juillet 2024 par lequel le préfet de Maine-et-Loire lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office lorsque le délai sera expiré ;
2°) d'enjoindre au préfet de Maine-et-Loire de procéder au réexamen de sa situation ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros qui devra être versée à son conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, moyennant la renonciation de cet avocat à percevoir la contribution versée par l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que cet arrêté méconnaît les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 février 2025, le préfet de Maine-et-Loire conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé.
M. A a été admis à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 6 mars 2025.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Allio-Rousseau, vice-présidente, pour statuer sur les litiges visés à l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Allio-Rousseau a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B C A, ressortissant angolais né le 23 mars 1988, est entré régulièrement en France sous couvert d'un visa de court séjour le 17 septembre 2002. Le 21 octobre 2022, il a formé une demande d'asile qui a fait l'objet d'une décision de rejet par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) le 19 décembre 2023, confirmée par un arrêt du 24 juin 2024 de la Cour nationale du droit d'asile. Par sa requête, M. A demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 3 juillet 2024 par lequel le préfet de Maine-et-Loire lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office à l'expiration de ce délai, en application du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
2. Aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () / Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. ", et aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. ".
3. M. A soutient qu'il craint d'être exposé, en cas de retour dans son pays d'origine, à des persécutions de la part des autorités angolaises du fait de son implication au sein du parti politique d'opposition " Unité Nationale pour l'Indépendance Totale en Angola " (UNITA).
4. D'une part, il ressort des pièces du dossier que la demande d'asile présentée par le requérant a fait l'objet d'une décision de rejet de l'OFPRA le 19 décembre 2023, qui a été confirmée par une décision de la Cour nationale du droit d'asile le 24 juin 2024, au motif que ni son militantisme politique, ni les faits présentés comme ayant présidé à son départ d'Angola, ni ses craintes en cas de retour ne pouvaient être tenus pour établis.
5. D'autre part, les éléments qu'il produit à l'appui de sa requête, à savoir son compte-rendu d'entretien à l'OFPRA, un récit complémentaire, le certificat médical établi le 3 avril 2024, et sa carte de membre de l'UNITA, qui ont déjà été soumis au juge de l'asile, ainsi que le rapport du département d'Etat américain sur les pratiques en matière de droit de l'homme en Angola, ne sont pas de nature à expliquer à eux seuls, en l'absence d'élément nouveau personnalisé, les motifs pour lesquels il serait particulièrement identifié et ciblé par les autorités de son pays et ne permettent pas, en conséquence, de considérer qu'il serait soumis à des persécutions en cas de retour en Angola.
6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. A à fin d'annulation, ainsi que, par voie de conséquence, celles à fin d'injonction et la demande présentée au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C A, à Me Roulleau et au préfet de Maine-et-Loire.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 avril 2025.
La magistrate désignée,
M.-P. ALLIO-ROUSSEAU
La greffière,
E. HAUBOIS
La République mande et ordonne au préfet de Maine-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2409862
Le Tribunal Administratif de Nantes rejette la requête de M. B, ressortissant ivoirien, qui contestait un arrêté préfectoral du 5 juin 2024 lui faisant obligation de quitter le territoire français (OQTF). Le tribunal écarte les moyens soulevés, estimant que la situation personnelle du requérant a fait l'objet d'un examen complet et qu'il n'est pas porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale garanti par l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme. La décision est fondée sur le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
18/09/2025
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2409867
Le Tribunal Administratif de Nantes a rejeté la requête de Mme A, ressortissante ivoirienne, contestant un arrêté préfectoral portant obligation de quitter le territoire français (OQTF). La juridiction a estimé que la situation personnelle de la requérante avait fait l'objet d'un examen complet et que la mesure ne portait pas une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale garanti par l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme. Les moyens soulevés, notamment le défaut d'examen et l'erreur manifeste d'appréciation, ont été écartés. La solution s'appuie sur les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
18/09/2025
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2411043
Le Tribunal Administratif de Nantes rejette la requête de Mme A C B, ressortissante congolaise, qui contestait l’arrêté du préfet de Maine-et-Loire du 27 juin 2024 lui faisant obligation de quitter le territoire français. La décision est jugée suffisamment motivée et ne méconnaît pas l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, la durée de séjour de l’intéressée étant brève et ses attaches familiales dans son pays d’origine non démontrées comme inexistantes. Les moyens tirés de l’illégalité de l’OQTF et de l’erreur manifeste d’appréciation sont écartés. La solution s’appuie sur les articles L. 613-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile et l’article 8 de la CESDH.
18/09/2025