jeudi 6 mars 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2412089 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL CARADEUX CONSULTANT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et trois mémoires, enregistrés les 5 août 2024, 27 septembre 2024, 8 janvier 2025 et 15 janvier 2025, M. B A doit être regardé comme demandant au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 26 juin 2024 par lequel le maire de Chemillé-en-Anjou a délivré à la société Besnier Aménagement un permis d'aménager un lotissement sur des terrains situés rue de la Papinerie et rue d'Oyon sur le territoire de cette commune en tant que le projet faisant l'objet de ce permis empiète sur sa parcelle ;
2°) d'annuler la délibération approuvant le plan local d'urbanisme de la commune en tant qu'elle institue un emplacement réservé sur sa parcelle.
Il soutient, dans le dernier état de ses écritures, que :
- le projet faisant l'objet du permis d'aménager empiète sur sa propriété ;
- un litige oppose sa voisine à la commune de Chemillé-en-Anjou quant à la vente d'une de ses parcelles pour la création d'une liaison douce ;
- le projet en litige engendrera une perte de la valeur de sa propriété.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 4 décembre 2024 et 14 janvier 2025, la société Besnier Aménagement, représentée par Me Caradeux, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge du requérant au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient, dans le dernier état de ses écritures, que :
- le requérant ne justifie pas d'un intérêt à agir ;
- la requête, qui ne contient l'exposé d'aucun moyen, est irrecevable au regard de l'article R. 411-1 du code de justice administrative ;
- la requête est irrecevable dès lors que le requérant demande l'annulation partielle de dispositions qui forment un ensemble indivisible avec l'arrêté du 26 juin 2024 ;
- la requête, en tant qu'elle est dirigée contre le mauvais acte administratif, est dépourvue d'objet et est, dès lors, irrecevable ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par deux mémoire en défense, enregistrés les 24 décembre 2024 et 20 janvier 2025, la commune de Chemillé-en-Anjou, représentée par Me Blin, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge du requérant au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient, dans le dernier état de ses écritures, que :
- le requérant ne justifie pas d'un intérêt à agir ;
- la requête, qui ne contient l'exposé d'aucun moyen, est irrecevable au regard de l'article R. 411-1 du code de justice administrative ;
- les conclusions à fin d'injonction sont irrecevables dès lors qu'il n'appartient pas au juge administratif d'adresser à l'administration des injonctions à titre principal ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Un courrier du 4 décembre 2024 adressé aux parties en application des dispositions de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, les a informées de la période à laquelle il était envisagé d'appeler l'affaire à l'audience et leur a indiqué la date à partir de laquelle l'instruction pourrait être close, dans les conditions prévues par le dernier alinéa de l'article R. 613-1 et le dernier alinéa de l'article R. 613-2 du même code.
Par une ordonnance du 27 janvier 2025, la clôture de l'instruction a été prononcée avec effet immédiat, en application du dernier alinéa de l'article R. 613-1 du code de justice administrative.
Un mémoire présenté par le requérant a été enregistré le 27 janvier 2025, soit le jour de la clôture de l'instruction, et n'a pas été communiqué.
Par une lettre du 10 février 2025, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement à intervenir était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions à fin d'annulation de la délibération approuvant le plan local d'urbanisme de la commune en tant qu'elle institue un emplacement réservé sur la parcelle du requérant en ce que ces conclusions sont nouvelles.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Huet,
- les conclusions de Mme Chatal, rapporteure publique,
- les observations de M. A, requérant,
- les observations de Me Blin, représentant la commune de Chemillé-en-Anjou,
- et les observations de Me Dubos, substituant Me Caradeux, représentant la société pétitionnaire.
Une note en délibéré, enregistrée le 13 février 2025, a été présentée par le requérant et n'a pas été communiquée.
Considérant ce qui suit :
1. La société Besnier Aménagement a déposé le 15 février 2024 en mairie de Chemillé-en-Anjou une demande de permis d'aménager un lotissement de 24 lots, sur des terrains situés rue de la Papinerie et rue d'Oyon sur le territoire de cette commune. Par arrêté du 26 juin 2024, le maire de Chemillé-en-Anjou a délivré l'autorisation ainsi sollicitée. M. B A doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler cet arrêté en tant que le projet faisant l'objet de ce permis empiète sur sa parcelle. Par son mémoire enregistré le 8 janvier 2025, le requérant doit également être regardé comme demandant au tribunal d'annuler la délibération approuvant le plan local d'urbanisme de la commune en tant qu'elle institue un emplacement réservé sur sa parcelle.
Sur les conclusions dirigées contre le permis d'aménager :
2. Aux termes de l'article L. 421-6 du code de l'urbanisme : " Le permis de construire ou d'aménager ne peut être accordé que si les travaux projetés sont conformes aux dispositions législatives et réglementaires relatives à l'utilisation des sols, à l'implantation, la destination, la nature, l'architecture, les dimensions, l'assainissement des constructions et à l'aménagement de leurs abords et s'ils ne sont pas incompatibles avec une déclaration d'utilité publique. () ". Aux termes du dernier alinéa de l'article A. 424-8 du même code : " Le permis est délivré sous réserve du droit des tiers : il vérifie la conformité du projet aux règles et servitudes d'urbanisme. Il ne vérifie pas si le projet respecte les autres réglementations et les règles de droit privé. Toute personne s'estimant lésée par la méconnaissance du droit de propriété ou d'autres dispositions de droit privé peut donc faire valoir ses droits en saisissant les tribunaux civils, même si le permis respecte les règles d'urbanisme. ".
3. En premier lieu, le requérant n'est pas fondé à invoquer, dans le présent litige tendant à l'annulation d'un acte administratif, le litige d'ordre judiciaire et distinct qui opposerait sa voisine à la commune de Chemillé-en-Anjou quant à la vente d'une de ses parcelles pour la création d'une liaison douce, laquelle est en outre située en dehors du périmètre couvert par le permis d'aménager attaqué. Le moyen, inopérant, ne peut qu'être écarté.
4. En deuxième lieu, le requérant soutient que le projet faisant l'objet du permis d'aménager contesté empiète sur sa propriété dès lors que, " dans le permis d'aménager, il est prévu une liaison douce qui passera sur [s]a parcelle cadastrée section E n° 705 ". Toutefois, il ressort des pièces du dossier, et en particulier du formulaire Cerfa de demande, de l'arrêté attaqué ainsi que du plan des travaux que le projet autorisé, qui ne porte que sur les parcelles cadastrées section E nos 996p, 976p, 1945p, 1946p, 1947p, 520p et 1999, ne sera pas implanté, même partiellement, sur la parcelle cadastrée section E n°705 appartenant au requérant. En outre, le permis d'aménager contesté n'autorise aucune liaison douce sur la parcelle du requérant, laquelle a été grevée d'une servitude d'emplacement réservé par le plan local d'urbanisme communal ainsi qu'il ressort des pièces versées au dossier. Dans ces conditions, le moyen ne peut qu'être écarté.
5. En dernier lieu, il résulte des dispositions précitées des articles L. 421-6 du code de l'urbanisme et A. 424-8 du même code que, le permis d'aménager étant délivré sous réserve du droit des tiers, le moyen tiré de la dépréciation de la valeur de la propriété du requérant est inopérant alors que le requérant n'invoque, sur ce point, la méconnaissance d'aucune disposition du code de l'urbanisme. Dès lors, ce moyen ne peut qu'être écarté.
6. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les fins de non-recevoir opposées en défense, que les conclusions de la requête de M. A tendant à l'annulation de l'arrêté du 26 juin 2024 doivent être rejetées.
Sur les conclusions dirigées contre la délibération approuvant le plan local d'urbanisme de la commune :
7. Les conclusions tendant à l'annulation de la délibération approuvant le plan local d'urbanisme de la commune en tant qu'elle institue un emplacement réservé sur la parcelle du requérant ont été présentées pour la première fois dans un mémoire enregistré le 8 janvier 2025, plus de deux mois après l'introduction de la requête. Par suite, elles constituent des conclusions nouvelles qui sont à ce titre irrecevables dans la présente instance.
8. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée en toutes ses conclusions.
Sur les frais liés au litige :
9. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du requérant la somme demandée par la société Besnier Aménagement et par la commune de Chemillé-en-Anjou au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Chemillé-en-Anjou et de la société Besnier Aménagement tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à la commune de Chemillé-en-Anjou et à la société Besnier Aménagement.
Délibéré après l'audience du 13 février 2025, à laquelle siégeaient :
M. Giraud, président,
Mme Beyls, conseillère,
M. Huet, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 mars 2025.
Le rapporteur,
F. HUET
Le président,
T. GIRAUD
Le greffier,
G. VIEL
La République mande et ordonne au préfet de Maine-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — N° TA95-2507344
Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise a annulé l'arrêté préfectoral ordonnant à un ressortissant colombien de quitter le territoire français, de fixer son pays de destination et de lui interdire le retour. Le tribunal a retenu que le préfet des Hauts-de-Seine avait commis une erreur de droit en prenant cette décision en application de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers, puisque l'intéressé avait déjà quitté le territoire français avant la notification de l'arrêté. Par voie de conséquence, les mesures de fixation du pays de destination et d'interdiction de retour ont également été annulées, et le préfet est enjoint de réexaminer la situation du requérant.
07/04/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-24PA05293
03/04/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-24PA03684
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