Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2415499

mercredi 2 avril 2025

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2415499
TypeOrdonnance

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Nantes a rejeté la requête de M. A, qui contestait le refus du préfet de Mayotte d’accorder sa naturalisation. La requête a été jugée manifestement irrecevable pour deux motifs : l’absence de preuve d’un recours administratif préalable obligatoire auprès du ministre, conformément à l’article 45 du décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993, et l’absence de signature du requérant, en violation de l’article R. 431-4 du code de justice administrative. Malgré une demande de régularisation, M. A n’a pas fourni les pièces manquantes dans le délai imparti.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 3 octobre 2024, M. B A demande au tribunal d'annuler la décision du 17 janvier 2024 par laquelle le préfet de Mayotte a rejeté sa demande de naturalisation ;

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code civil ;

- le décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif (), les premiers vice-présidents des tribunaux () et les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens () ".

2. En vertu de l'article 45 du décret du 30 décembre 1993 susvisé, la décision déclarante irrecevable, ajournant ou rejetant une demande de naturalisation peut faire l'objet, dans les deux mois suivant sa notification, d'un recours auprès du ministre chargé des naturalisations. Aux termes du deuxième alinéa de cet article, ce recours " constitue un préalable obligatoire à l'exercice d'un recours contentieux, à peine d'irrecevabilité de ce dernier ". Il s'ensuit que le tribunal administratif de Nantes ne peut être saisi directement de la décision du préfet mais seulement de la décision du ministre de l'intérieur statuant sur le recours formé contre la décision préfectorale.

3. Par ailleurs, l'article R. 431-4 du code de justice administrative prévoit : " Dans les affaires où ne s'appliquent pas les dispositions de l'article R. 431-2, les requêtes et les mémoires doivent être signés par leur auteur () ".

4. D'une part, la requête déposée par M. A n'était pas accompagnée de la copie de la décision du ministre de l'intérieur statuant sur son recours administratif préalable ni de la pièce justifiant du dépôt d'un tel recours conformément aux dispositions de l'article 45 du décret du 30 décembre 1993.

5. D'autre part, la requête déposée 3 octobre 2024 ne comportait pas la signature de M. A.

6. La demande de régularisation du 10 octobre 2024, adressée par lettre recommandée avec demande d'avis de réception, a été retournée au tribunal le 3 décembre 2024 avec la mention " défaut d'accès ou d'adressage ". M. A, qui n'a pas informé le tribunal d'un changement d'adresse, doit être regardé comme ayant accusé réception de ce courrier au plus tard le 3 décembre 2024. Ainsi, M. A n'a pas, à l'expiration du délai d'un mois qui lui était imparti, ni justifié avoir exercé, à l'encontre de la décision du préfet statuant sur sa demande de naturalisation, le recours administratif préalable obligatoire, ni apposé sa signature sur sa requête. Ainsi, cette requête, qui n'a pas été régularisée, est entachée d'irrecevabilités manifestes et ne peut qu'être rejetée.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Fait à Nantes, le 2 avril 2025.

La présidente,

M. C

La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,