mercredi 26 mars 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2502848 |
| Type | Décision |
| Formation | - Etrangers - 15 jours |
| Avocat requérant | MOUTEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 13 février 2025, M. J A, représenté par Me Moutel, avocate, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 6 février 2025 par lequel le préfet de la Sarthe l'a assigné à résidence ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros, à verser à son conseil, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve pour elle de renoncer à l'indemnité d'aide juridictionnelle, en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision a été prise par une autorité incompétente ;
- elle est illégale car fondée sur une obligation de quitter le territoire elle-même illégale, dès lors que le requérant a déposé deux demandes de titre de séjour ;
- elle méconnait son droit au respect de sa vie privée ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et porte une atteinte excessive à sa liberté d'aller et venir ;
- elle est disproportionnée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 mars 2025, le préfet de la Sarthe conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens soulevés par M. A n'est fondé.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle à hauteur de 25% par une décision du 17 février 2025.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Mounic, première conseillère, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue par l'article L. 921-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Mounic, magistrate désignée, a été entendu à l'audience publique du 4 mars 2025.
Les parties n'étant ni présentes ni représentées, la clôture de l'instruction a été prononcée à la suite de l'appel de l'affaire à l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. J A, ressortissant marocain né le 9 juillet 1995, est entré en France le
25 décembre 2017, sous couvert d'un visa de long séjour valant titre de séjour, portant la mention " conjoint de Française ". Le 6 décembre 2018, il a obtenu la délivrance d'une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " conjoint de Française " valable du 13 décembre 2017 au 13 décembre 2018. A la suite de son divorce, il a sollicité du préfet de la Sarthe un titre de séjour sur le fondement de l'admission exceptionnelle au séjour, qui lui a été refusé par une décision du 30 décembre 2019. Il a ensuite sollicité du préfet de la Sarthe un titre de séjour en qualité de salarié le 28 janvier 2021. Par un arrêté du 4 février 2022, le préfet de la Sarthe a expressément rejeté la demande de titre de séjour de M. A, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office à l'expiration de ce délai, dont la légalité a été validée par le jugement n°2202912 du 31 janvier. Par la suite, le préfet de la Sarthe a, le 1er mai 2023, édicté un arrêté portant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office lorsque le délai sera expiré et lui a interdit le retour sur le territoire pour une durée d'un an, et par un arrêté du même jour, le préfet de la Sarthe l'a assigné à résidence pour une durée n'excédant pas six mois, arrêtés dont la légalité a été validée par le jugement n°2306220 du 22 novembre 2023. Par la présente requête, M. A demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 6 février 2025 par lequel le préfet de la Sarthe l'a assigné à résidence sur la commune du Mans pour une durée de quarante-cinq jours.
2. En premier lieu, le préfet de la Sarthe a, par un arrêté du 31 décembre 2024, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture du même jour, donné délégation à Mme L H, adjointe à la cheffe du bureau de l'asile, de l'éloignement et du contentieux de la préfecture de la Sarthe, signataire de la décision attaquée, à l'effet de signer notamment les décisions d'assignation à résidence en cas d'absence ou d'empêchement simultané de Mme I G, directrice de la citoyenneté et de la légalité, de M. B F, chef du bureau du droit au séjour des étrangers, de M. E C, adjoint au chef de bureau du droit au séjour des étrangers, et de Mme D K, cheffe du bureau de l'asile, de l'éloignement et du contentieux. Il n'est pas établi ni même soutenu que ceux-ci n'auraient pas été absents ou empêchés à la date de l'arrêté litigieux. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteure de l'arrêté attaqué manque en fait et doit être écarté.
3 En deuxième lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L 'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ().
4. Le requérant soutient que l'assignation à résidence est illégale car fondée sur une décision portant obligation de quitter le territoire édictée le 1er mai 2023 alors que le requérant a sollicité un titre de séjour le 1er mai 2023 et le 9 octobre 2024 comme conjoint de Français, suite à son mariage le 7 mai 2022 avec une ressortissante française. Toutefois, il n'apporte aucun commencement de preuve de ces allégations, y compris sur sa situation matrimoniale, alors qu'il ressort des pièces du dossier que la légalité de l'arrêté du 1er mai 2023 a été confirmée par un jugement du tribunal administratif de Nantes n°2306220 du 22 novembre 2023 et que le préfet de la Sarthe soutient en défense, sans être utilement contesté, qu'aucune demande de titre de séjour concernant le requérant n'est en cours d'instruction, en versant au dossier un extrait de la plateforme de l'administration numérique pour les étrangers en France (ANEF). En tout état de cause, si le préfet concède en défense qu'une demande de titre de séjour a bien été déposée le 9 octobre 2024 par M. A, la demande a fait l'objet d'un refus d'enregistrement, lequel n'a pas été contesté. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 732-3 du même code : " L'assignation à résidence prévue à l'article L. 731-1 ne peut excéder une durée de quarante-cinq jours. / Elle est renouvelable deux fois dans la même limite de durée. ". Aux termes de l'article L. 733-1 de ce code : " L'étranger assigné à résidence en application du présent titre se présente périodiquement aux services de police ou aux unités de gendarmerie () ". Enfin, aux termes son article R. 733-1 du même code : " L'autorité administrative qui a ordonné l'assignation à résidence de l'étranger () définit les modalités d'application de la mesure : / 1° Elle détermine le périmètre dans lequel il est autorisé à circuler muni des documents justifiant de son identité et de sa situation administrative et au sein duquel est fixée sa résidence ; / 2° Elle lui désigne le service auquel il doit se présenter, selon une fréquence qu'elle fixe dans la limite d'une présentation par jour, en précisant si l'obligation de présentation s'applique les dimanches et les jours fériés ou chômés ; / 3° Elle peut lui désigner une plage horaire pendant laquelle il doit demeurer dans les locaux où il réside ".
6. Les mesures contraignantes prises par le préfet sur le fondement des dispositions précitées à l'encontre d'un étranger assigné à résidence, qui limitent l'exercice de sa liberté d'aller et venir, doivent, dans cette mesure, être nécessaires, adaptées et proportionnées à l'objectif qu'elles poursuivent, qui est de s'assurer du respect de l'interdiction faite à l'étranger de sortir du périmètre dans lequel il est assigné à résidence.
7. Il ne ressort pas des pièces du dossier que l'obligation faite au requérant de se présenter trois jours par semaine, hors week-end et jours fériés au commissariat central du Mans, ville où il réside et l'assignant à une présence au domicile de 13 à 16 heures tous les jours, alors que le requérant se borne à soutenir qu'il vit depuis trente mois avec son épouse française à cette adresse, serait disproportionnée, lequel, ne fait ainsi état d'aucun élément sérieux de nature à démontrer le caractère excessif de la mesure de pointage ou son incompatibilité avec sa situation personnelle, durant le temps nécessaire à la mise à exécution de l'obligation de quitter le territoire. Par suite, le moyen doit être écarté. Pour les mêmes motifs, la décision ne porte pas atteinte à sa liberté d'aller et venir ni à son droit au respect de sa vie privée et familiale.
8. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A ne peut qu'être rejetée dans toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. J A, au préfet de la Sarthe et à Me Cécile Moutel.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 mars 2025.
La magistrate désignée,
S. MOUNICLa greffière,
M-C. MINARD
La République mande et ordonne au préfet de la Sarthe en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2511267
Le Tribunal Administratif de Nantes a rejeté les requêtes de M. C..., ressortissant russe, contestant le refus de titre de séjour, l'obligation de quitter le territoire français et l'assignation à résidence pris par le préfet de la Vendée. Le tribunal a jugé que les décisions étaient suffisamment motivées et que la situation personnelle et familiale de l'intéressé, dont la demande d'asile avait été définitivement rejetée, ne justifiait pas une admission au séjour au titre de la vie privée et familiale (articles L. 423-23 et L. 435-1 du CESEDA, article 8 de la CEDH). La solution retenue est le rejet de l'ensemble des demandes d'annulation et des conclusions accessoires.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2606939
Le Tribunal Administratif de Nantes a rejeté la requête de M. B..., ressortissant guinéen, qui contestait l'arrêté du préfet de Maine-et-Loire ordonnant son transfert aux autorités espagnoles pour l'examen de sa demande d'asile. Le tribunal a examiné les moyens soulevés, notamment l'incompétence de l'auteur de l'acte, le défaut d'information et d'entretien individuel, ainsi que la méconnaissance des règlements européens (UE) n° 604/2013 et n° 603/2013. La solution retenue est le rejet de la requête, le juge estimant que les moyens invoqués n'étaient pas fondés et que la procédure était régulière. Les textes appliqués incluent le règlement Dublin III et le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2606942
Le Tribunal Administratif de Nantes a annulé la décision du 31 mars 2026 par laquelle l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a refusé à Mme A..., ressortissante guinéenne ayant présenté une nouvelle demande d'asile, le bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Le tribunal a jugé que cette décision était entachée d'un vice de procédure, l'OFII n'ayant pas démontré avoir procédé à un entretien individuel et confidentiel de vulnérabilité, conformément aux articles L. 522-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En conséquence, il a enjoint à l'OFII de réexaminer la situation de la requérante dans un délai de quinze jours.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2606944
Le Tribunal Administratif de Nantes a rejeté la requête de Mme D..., ressortissante angolaise, qui contestait l'arrêté du préfet de Maine-et-Loire ordonnant son transfert aux autorités portugaises pour l'examen de sa demande d'asile. La juridiction a écarté l'ensemble des moyens soulevés, notamment l'incompétence du signataire, l'irrégularité de la notification, le défaut de motivation et la violation des droits à l'information et à l'entretien individuel prévus par le règlement (UE) n° 604/2013 (Dublin III). Le tribunal a également jugé que le préfet n'avait pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en n'appliquant pas la clause discrétionnaire de l'article 17 du même règlement, et que les risques de mauvais traitements invoqués n'étaient pas établis au regard des articles 3 de la Convention européenne des droits de l'homme et 4 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne.
01/06/2026