jeudi 27 mars 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2503343 |
| Type | Décision |
| Avocat requérant | AHMADI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 21 février et 24 mars 2025, M. D et Mme B A, agissant en leurs noms propres et en leur qualité de représentants légaux de Romal A, Asma A, Ziarmal A et Sana A, représentés par Me Ahmadi, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision née le 21 avril 2024 par laquelle la commission des recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a implicitement rejeté les recours formés contre les décisions de l'autorité consulaire française à Téhéran (Iran) du 12 décembre 2023 refusant de délivrer à Mme A, Romal A, Asma A, Ziarmal A et Sana A des visas d'entrée en France et de long séjour, en qualité de membre de famille ayant obtenu le statut de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de faire délivrer les visas sollicités, à défaut, de procéder à un nouvel examen de leur situation en vue de la délivrance des visas sollicités dès la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que Mme A souffre d'un état anxiodépressif réactionnel dû à la séparation traumatisante qu'ils subissent, qu'elle-même et leurs enfants se trouvent en situation de précarité administrative et économique en Afghanistan, qu'ils y sont soumis, en raison de la situation de M. A, à un risque grave, actuel et personnel de subir des persécutions et des atteintes à leur vie, madame et leurs filles étant plus particulièrement exposées en raison de leur sexe ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
* elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation, dès lors que les documents produits à l'appui des demandes de visas ne sont pas frauduleux ;
* elle porte une atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée et familiale en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de leur situation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 mars 2025, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête. Il soutient que la condition d'urgence n'est pas remplie, qu'aucun des moyens soulevés n'est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée et que la décision attaquée peut également être fondée sur l'absence de preuve d'une vie stable et continue des requérants avant le dépôt de la demande d'asile de M. A et, par suite, s'agissant des enfants, sur l'absence de production d'un jugement de délégation de l'autorité parentale.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête par laquelle M. A et Mme A demandent l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Chauvet, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 24 mars 2025 à 14h30, à laquelle les parties ont été régulièrement convoquées :
- le rapport de Mme Chauvet, vice-présidente,
- les observations du représentant du ministre de l'intérieur.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes de l'article L. 522-1 de ce code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ".
2. Aucun des moyens invoqués par M. D et Mme B A, tels qu'énoncés dans les visas de cette ordonnance, ne paraît, en l'état de l'instruction, de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision née le 21 avril 2024 par laquelle la commission des recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a implicitement rejeté les recours formés contre les décisions de l'autorité consulaire française à Téhéran (Iran) du 12 décembre 2023 refusant de délivrer à Mme A, Romal A, Asma A, Ziarmal A et Sana A des visas d'entrée en France et de long séjour, en qualité de membre de famille ayant obtenu le statut de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire.
3. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition d'urgence, que les conclusions à fin de suspension de l'exécution de cette décision doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et celles relatives aux frais d'instance.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A et Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D et à Mme B A ainsi qu'au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur.
Fait à Nantes, le 27 mars 2025.
La vice-présidente,
juge des référés,
Claire Chauvet La greffière,
Marie-Claude Minard
La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
2503343