mardi 11 mars 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2503808 |
| Type | Décision |
| Avocat requérant | KAMARA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 28 février 2025, Mme C A, agissant en son nom propre et en qualité de représentante légale de son fils mineur, représentée par Me Kamara, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision implicite par laquelle la commission des recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté son recours contre les
décisions du 15 novembre 2024 de l'autorité consulaire française à Dakar (Sénégal) ayant refusé de lui délivrer ainsi qu'à son fils mineur, D E B, un visa de long séjour au titre du regroupement familial ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de procéder au réexamen de sa demande, dans un délai de quinze jours sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761- 1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est satisfaite dès lors qu'elle est enceinte de bientôt huit mois et qu'elle vit seule à Dakar avec son fils mineur et se trouve isolée ; elle est suivie par un psychologue en raison de ses difficultés psychologiques et émotionnelles ; son mari souffre également de troubles psychologiques du fait de l'absence de son épouse et de son fils et est suivi par un psychologue ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
* les documents d'état civil des demandeurs et l'acte de mariage sont authentiques ;
* le lien matrimonial et de filiation avec les demandeurs de visa est corroboré par les éléments de possession d'état produits ;
* elle porte atteinte à l'article 13 paragraphe 1 de la Directive 2003/86/CE relative au droit au regroupement familial ;
* elle porte atteinte à leur droit à une vie privée et familiale.
Par un mémoire en défense enregistré le 10 mars 2025, le ministre de l'intérieur conclut au non-lieu à statuer s'agissant des conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative et au rejet de celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir qu'il a donné instruction à l'autorité consulaire de délivrer à Mme A et à son fils les visas sollicités.
Vu les pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Rosier, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience puis informées, le 10 mars 2025, de la radiation de l'affaire du rôle de l'audience du 11 mars 2025.
Considérant ce qui suit :
1. Lorsque le juge des référés a estimé, au vu de la requête dont il est saisi, qu'il y avait lieu, non de la rejeter en l'état pour l'un des motifs mentionnés à l'article L. 522-3 du code de justice administrative, mais d'engager la procédure prévue à l'article L. 522-1 de ce code, il lui incombe de poursuivre cette procédure et, notamment, de tenir une audience publique. Il en va cependant différemment lorsque, après que cette procédure a été engagée, intervient un désistement ou un évènement rendant sans objet la requête. Dans ce cas, le juge des référés peut, dans le cadre de son office, donner acte du désistement ou constater un non-lieu sans tenir d'audience.
2. Postérieurement à l'introduction de la requête, le ministre de l'intérieur a donné instruction à l'autorité consulaire de délivrer à Mme A et à son fils mineur, D E B, les visas sollicités. Par suite, la décision implicite par laquelle la commission des recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté le recours de Mme A contre les décisions du 15 novembre 2024 de l'autorité consulaire française à Dakar ayant refusé de lui délivrer ainsi qu'à son fils mineur un visa de long séjour au titre du regroupement familial a implicitement mais nécessairement été retirée. Par suite, les conclusions présentées par Mme A sur le fondement des dispositions de l'article L. 521- 1 du code de justice administrative, ainsi que, par voie de conséquence, celles tendant au prononcé d'une injonction sous astreinte, sont devenues sans objet. Il n'y a, dès lors, plus lieu d'y statuer.
3. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat, une somme de 550 euros au titre des frais exposés par Mme A et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête de Mme A aux fins de suspension et d'injonction sous astreinte.
Article 2 : L'Etat versera à Mme A la somme de 550 euros (cinq cent cinquante euros) au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C A et au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur.
Fait à Nantes, le 11 mars 2025.
Le juge des référés,
P. ROSIER
La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,