Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2504096

jeudi 13 mars 2025

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2504096
TypeDécision

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Nantes, saisi en référé suspension par M. A d’une décision de retrait de sa carte de résident prise par le préfet de la Loire-Atlantique, constate que le préfet a retiré sa décision attaquée le 7 mars 2025. En conséquence, le juge des référés prononce un non-lieu à statuer sur les conclusions aux fins de suspension et d’injonction, devenues sans objet. Il met à la charge de l’État une somme de 550 euros au titre des frais d’instance, sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 5 mars 2025, M. B A, représenté par Me Bourgeois, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 27 novembre 2024 par laquelle le préfet de la Loire-Atlantique a retiré sa carte de résident ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique de procéder à un nouvel examen de sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 75 euros par jour de retard et dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence :

* l'urgence est présumée dès lors qu'il s'agit d'un retrait d'un titre de séjour ;

* la décision attaquée le prive de son emploi, ce qui aura pour conséquence de le placer dans une situation précaire l'empêchant de subvenir aux besoins de sa famille ;

* la décision de retrait porte atteinte à l'intérêt supérieur de ses enfants et à son droit de mener une vie familiale normale et au respect de sa vie privée et familiale ;

- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :

* la compétence de son auteur n'est pas établie ;

* elle est entachée d'une erreur de fait ;

* elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences de la décision sur sa situation ;

* le préfet a méconnu son pouvoir de régularisation ;

* elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 7 mars 2025, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au non-lieu à statuer et au rejet des conclusions présentées au titre des frais d'instance.

Il fait valoir que, par décision en date du 7 mars 2025, il a retiré la décision attaquée.

Vu :

- les pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 5 mars 2025 sous le numéro 2504130 par laquelle M. A demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Echasserieau, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience puis informées, le 7 mars 2025, de la radiation de l'affaire du rôle de l'audience du 19 mars 2025.

Considérant ce qui suit :

1. Lorsque le juge des référés a estimé, au vu de la requête dont il est saisi, qu'il y avait lieu, non de la rejeter en l'état pour l'un des motifs mentionnés à l'article L. 522-3 du code de justice administrative, mais d'engager la procédure prévue à l'article L. 522-1 de ce code, il lui incombe de poursuivre cette procédure et, notamment, de tenir une audience publique. Il en va cependant différemment lorsque, après que cette procédure a été engagée, intervient un désistement ou un évènement rendant sans objet la requête. Dans ce cas, le juge des référés peut, dans le cadre de son office, donner acte du désistement ou constater un non-lieu sans tenir d'audience.

2. Postérieurement à l'introduction de la requête, le préfet de la Loire-Atlantique a, par une décision en date du 7 mars 2025, retiré la décision attaquée. Par suite, la décision du 27 novembre 2024 par laquelle le préfet de la Loire-Atlantique a retiré la carte de résident de M. A a implicitement mais nécessairement été retirée. Dans ces conditions, les conclusions présentées par M. A sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, ainsi que, par voie de conséquence, celles tendant au prononcé d'une injonction sous astreinte, sont devenues sans objet. Il n'y a, dès lors, plus lieu d'y statuer.

3. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat, une somme de 550 (cinq cent cinquante) euros au titre des frais exposés par M. A et non compris dans les dépens.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions présentées par M. A aux fins de suspension et d'injonction sous astreinte.

Article 2 : L'Etat versera à M. A la somme de 550 (cinq cent cinquante) euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au préfet de la Loire-Atlantique.

Fait à Nantes, le 13 mars 2025.

Le juge des référés,

B. ECHASSERIEAU

La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,