mercredi 26 mars 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2504904 |
| Type | Ordonnance |
| Avocat requérant | MARTIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 19 mars 2025, Mme B A représentée par Me Martin demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de la décision implicite par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté son recours contre la décision du 6 novembre 2024 des autorités consulaires françaises à Yaoundé (Cameroun) lui refusant la délivrance d'un visa de long séjour en qualité de parent d'un enfant français ;
2°) d'enjoindre à l'autorité administrative compétente de réexaminer la demande de visa dès la notification de la décision à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est satisfaite en ce qu'elle est séparée de son fils depuis le mois de juin 2024 en raison de son état de santé la durée de cette séparation contribuant à aggraver le développement affectif et sécuritaire de l'enfant et sa relation avec sa mère alors en outre que le père de l'enfant éprouve des difficultés pour le faire garder pendant son activité professionnelle, la personne s'en étant occupée jusqu'à présent n'étant plus en mesure, pour des raisons médicales, de continuer cette tâche ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
Vu les pièces du dossier ;
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Echasserieau, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". En vertu de l'article L. 522-3 de ce code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter sans instruction ni audience les demandes qui ne présentent pas un caractère d'urgence.
2. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi de conclusions tendant à la suspension d'un acte administratif, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
3. Pour justifier de la condition d'urgence Mme A soutient que cette situation lui crée un préjudice ainsi qu'à son fils en l'empêchant de venir résider auprès de lui en France et un préjudice matériel pour son compagnon qui ne dispose pas de solution de garde depuis que l'aide familiale à dû cesser. Toutefois les pièces du dossier n'établissent ni la réalité ni l'intensité des liens entre la mère et l'enfant, lequel, s'il est entré en France en juin 2024 pour faire soigner une crise de paludisme, va mieux aujourd'hui, selon les déclarations de son père et, eu égard à son âge, n'est pas empêché de retourner vivre auprès de sa mère dès lors que son père reconnaît ne pas pouvoir actuellement s'en occuper compte tenu de son activité professionnelle. Au demeurant les revenus déclarés par le père de l'enfant ne permettent pas de justifier, compte tenu des pièces communiquées, l'impossibilité de celui-ci de rémunérer une aide à domicile ou un service de crèche pour prendre en charge l'enfant. Ainsi, la requérante qui a choisi de se séparer de son enfant pour son bien-être ne peut être regardée comme démontrant l'existence d'une situation d'urgence préjudiciant de manière suffisamment grave et immédiate à ses intérêts comme à ceux de son fils résidant en France. La condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative ne peut ainsi être regardée comme remplie en l'espèce. Il s'ensuit qu'il y a lieu de rejeter la présente requête, en toutes ses conclusions, selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.
Fait à Nantes, le 26 mars 2025.
Le juge des référés,
B. Echasserieau
La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2504904