vendredi 4 avril 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2505682 |
| Type | Ordonnance |
| Avocat requérant | TAFOREL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et une pièce complémentaire, enregistrées les 1er et 4 avril 2025, M. D C et Mme A B, représentés par Me Taforel, demandent au juge des référés :
1°) de les admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a implicitement rejeté le recours administratif préalable obligatoire contre la décision du 25 novembre 2024 du consul général de France à Abidjan refusant à Mme B un visa d'entrée et de long séjour au titre de la réunification familiale ;
3°) d'enjoindre au ministre de l'Intérieur de réexaminer la situation de Mme B dans un délai de 15 jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, et ce, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 2000 euros à leur conseil sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de renonciation au bénéfice de l'aide juridictionnelle et, en cas de rejet de leur demande d'aide juridictionnelle, le versement d'une somme de 2 000 euros à leur profit sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la condition d'urgence est remplie : Mme B est exposée à un risque pour sa vie au Mali par les djihadistes alors que M. C a fui son pays en raison de ces menaces et a obtenu en France le bénéfice de la protection subsidiaire ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision litigieuse :
*elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur de fait car elle méconnait les dispositions des articles L. 561-2 et L. 434-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
*elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Vu :
-les pièces du dossier ;
-la requête en annulation ;
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Marowski, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. C et Mme B, ressortissants maliens, demandent au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a implicitement rejeté le recours administratif préalable obligatoire contre la décision du 25 novembre 2024 du consul général de France à Abidjan refusant à Mme B un visa d'entrée et de long séjour au titre de la réunification familiale.
2. D'une part, aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". En vertu de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
3. Pour justifier de l'urgence à suspendre l'exécution de la décision par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a implicitement rejeté le recours administratif préalable obligatoire contre la décision du 25 novembre 2024 du consul général de France à Abidjan refusant à Mme B un visa d'entrée et de long séjour au titre de la réunification familiale, les requérants font valoir que Mme B vit toujours à Ogossagou (Mali) dans la maison qu'elle occupait avec M. C et qu'elle est exposée à des attaques djihadistes. Cependant, il résulte de l'instruction que Mme B, qui vit avec sa belle-mère, n'est pas isolée. D'autre part, l'intéressée ne justifie pas faire l'objet de menaces réelles, actuelles et personnelles, en dépit du climat d'insécurité qui peut régner au Mali. En outre, alors que M. C a obtenu le bénéfice de la protection subsidiaire le 19 août 2022, Mme B n'a effectué les démarches tendant à obtenir le visa litigieux que le 28 février 2024, contribuant ainsi à la situation d'urgence que les requérants invoquent. Aussi, pour douloureuse que puisse être la séparation des membres d'une même famille, les éléments versés à l'instance ne sont pas, dans ces conditions, de nature à démontrer que le refus de visa préjudicierait de manière suffisamment grave et immédiate à la situation des requérants pour caractériser une situation d'urgence à laquelle les dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative subordonnent une mesure de suspension par le juge des référés.
4. Par suite, et sans qu'il soit besoin de statuer sur l'admission de M. C à l'aide juridictionnelle provisoire, la requête présentée par M. C et Mme B doit être rejetée dans toutes ses conclusions selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. C et de Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D C, Mme A B et à Me Taforel.
Copie en sera adressée au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur.
Fait à Nantes, le 4 avril 2025.
Le juge des référés,
Y. MAROWSKI
La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,