LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2505842

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2505842

lundi 7 avril 2025

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2505842
TypeOrdonnance
Avocat requérantGUILBAUD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 3 avril 2025, M. J I et Mme C I, agissant en leur nom propre et pour le compte de leurs enfants, A, F, E, B et D I, représentés par Me Guilbaud, doivent être regardés comme demandant au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision verbale par laquelle l'ambassade de France au Pakistan a rejeté leurs demandes de visas de long-séjour au titre de l'asile ;

2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de réexaminer leur situation dans un délai de sept jours à compter de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 250 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à leur conseil de la somme de 1500 euros hors taxe en application des dispositions combinées de l'article L.761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 en cas d'accord sur la demande présentée au titre de l'aide juridictionnelle, et en cas de rejet de celle-ci, à leur profit directement.

Ils soutiennent que :

- la condition tenant à l'urgence est satisfaite ;

*il n'existe aucune protection juridique des demandeurs d'asile et des réfugiés ni aucune protection contre le refoulement par le Pakistan, qui n'est pas un Etat signataire de la convention de Genève relatives aux réfugiés; ce pays a mis en place une politique d'expulsion systématique des ressortissant afghans depuis le début de l'année 2025 ; les requérants se trouvent au Pakistan sans document de séjour en cours de validité, leurs visas ayant expiré en novembre 2024 ; leur demande de renouvellement de ces visas a été classée par les autorités pakistanaises ; la famille risque d'être expulsée dans son pays d'origine et ses membres d'y être exposée à un grave danger pour leur vie ;

- il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée :

* elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de la situation de M. I, notamment eu égard à ses anciennes fonctions de médecin légiste en Afghanistan et aux menaces ou atteintes à sa vie dont il a déjà fait l'objet ; il est également en danger en raison de son engagement militant contre toutes formes de violences faites aux femmes et par son engagement médiatisé en faveur des droits de l'homme ; sa famille va être explusée H et exposée à un danger ; M. I a des liens familiaux en France, notamment un frère, bénéficiaire depuis 2020 de la protection subsidiaire.

Vu

- la requête en annulation de la décision attaquée ;

- les autres pièces du dossier.

Vu

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. G pour statuer sur les demandes de référé en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". Aux termes de l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". Aux termes de l''article L. 522-3 de ce code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

2. Dans le cas où une décision administrative ne peut, comme en l'espèce, être déférée au juge qu'après l'exercice d'un recours administratif préalable, une requête tendant à la suspension de cette décision peut être présentée au juge des référés dès que ce recours préalable obligatoire a été formé, la mesure ordonnée en ce sens valant, au plus tard, jusqu'à l'intervention de la décision administrative prise sur le recours présenté par l'intéressé. Le requérant doit toutefois démontrer l'urgence particulière qui justifie la saisine du juge des référés avant même que l'administration ait statué sur le recours introduit devant elle.

3. Pour justifier l'urgence d'une suspension de l'exécution de la décision par laquelle l'ambassade de France au Pakistan a implicitement rejeté leur demande de visa de long-séjour au titre de l'asile, les requérants, ressortissants afghans, se prévalent de leur situation irrégulière au Pakistan depuis l'expiration de leurs visas en novembre 2024. Or, s'ils font valoir que les autorités pakistanaises ont classé sans suite leurs demandes de renouvellement de visas, formulées en novembre 2024, ceux-ci ne démontrent pas qu'un refus ou un classement de leurs demandes leur a été opposé, et ce en dépit des vagues d'arrestation et d'expulsion des ressortissants afghans dont ils se prévalent dans ce pays. Les requérants n'établissent pas davantage avoir sollicité tout autre visa en vain dans un autre pays. En outre, s'ils font valoir que M. I serait particulièrement exposé à des risques pour sa vie en cas de retour en Afghanistan, notamment eu égard à ses anciennes fonctions de médecin légiste, à son engagement militant contre toutes formes de violences faites aux femmes et en faveur des droits de l'homme, il n'établit ni, d'une part, l'expulsion imminente de sa famille H, ni qu'elle serait exposé à un risque caractérisé dans son pays d'origine, ni, d'autre part, qu'il ferait personnellement l'objet de menaces réelles et actuelles en dépit des restrictions apportées par le régime taliban aux libertés individuelles. Dans ces conditions, les requérants ne justifient pas de l'urgence qui s'attacherait à la suspension des effets des décisions de refus de visa litigieuses, alors, en outre, que la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France ayant été saisie d'un recours expédié le 2 avril 2025, une décision, à tout le moins implicite, interviendra à brève échéance. Par suite, la condition d'urgence au sens et pour l'application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative ne peut être regardée comme remplie.

4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'apprécier l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, que la requête doit être rejetée en toutes ses conclusions, en application de la procédure prévue aux dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. et Mme I est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. J I, à Mme C I et à Me Guilbaud.

Copie en sera adressée au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur.

Fait à Nantes, le 7 avril 2025.

Le juge des référés,

Y. G

La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

← Retour aux décisions